dimanche 24 mars 2013

Lost in Ventoux, ou la tragédie du dossard 47

47, c'est mon numéro de dossard pour ce 2ème trail de la saison. Ce sera le trail du Ventoux version parcours de repli pour cause de glace au sommet: env 42km et 2200m de d+. Enfin en théorie.

J'arrive vendredi soir au Bastidon de Lauriane et Pierre à Bélézy. Alex Mayer m'y rejoint un peu plus tard après la bagatelle de 9h de route. Il a faim, il est fatigué mais rassurez-vous, ça ne l'empêche pas de parler! ;) On passe un samedi tranquille à papoter, manger (super risotto du chef Alex!) et courir un peu.

Dimanche matin, réveil à 6h. Petit coup d'oeil dehors: il pleut, il fait frais. OK, je retrouve les conditions hivernales qui m'ont accompagnées sur toute ma saison 2012. La poisse.

Top départ. Mis à part les premiers km roulants pour étirer le peloton (1500 coureurs sur les deux courses), le parcours se fait sur monotraces avec racines, cailloux, boue, pluie voire neige, et parfois même tout ça en même temps! C'est le genre du terrain où je suis à l'aise. Que voulez-vous, je m'ennuie quand c'est trop facile!

Première partie de course "normale" pour moi, je suis ni bien ni mal. Mais au fur et à mesure que les km passent, le bon gros moteur diesel que je suis commence à se mettre en marche. Sans même m'en rendre compte, je grappille des places. Il faut dire que je suis dans un bon jour: des mollets de feu pour grimper, et des descentes un peu techniques qui me conviennent.



Le temps passe vite, je me fais plaisir. Il ne doit plus rester grand chose en montée, puis la descente vers Bédoin. Je mets les gaz sur cette montée, je double une première féminine, c'est Emilie Lecomte, puis une autre, Mélanie Rousset. J'arrive sur un chemin forestier, je vois des balises qui montent, je les suis en courant (lentement mais sûrement). Je rate la bifurc à gauche, perd qq minutes, revient en arrière et descend à toute vitesse sur un chemin très escarpé pour rattraper le peu de temps perdu. Ca descend un bon moment, je croise une première route, tient c'est bizarre les flèches vont dans l'autre sens... Je tourne la tête mais ne vois rien, je continue à descendre. Arrive une seconde route et, plantés devant devant, Emilie, Mélanie et deux autres coureurs. Ils sont arrêtés, dubitatifs, devant d'autres flèches dans l'autre sens. Ooooooops, on est dans le mauvais sens! On est en fait sur le chemin qu'on a pris à l'aller, quelques 20km plus tôt. La boulette....

Il est bien trop tard pour revenir en arrière, la course est finie pour nous. On décide de continuer sur le chemin aller plutôt que de revenir en arrière. Quitte à être idiot, autant l'être jusqu'au bout! On a tous un peu le moral dans les chaussettes (mouillées) mais on s'encourage mutuellement. Ce n'est pas 42km mais 50 qu'on parcourt finalement, avec plusieurs centaines de mètres de d+ en cadeau. On franchit la ligne d'arrivée mains dans la mains. Disqualifiés bien sûr mais on n'a pas abandonné, et on y tient. C'est finalement une histoire forte qu'on a vécu tous ensemble. Les loosers magnifiques. On s'en souviendra!


J'apprendrai finalement que j'étais 4ème quand je me suis perdue, pas loin de la 3ème. Déçue bien sûr car j'aurais pu faire un bon coup sur cette course relevée mais tout a basculé en peu de temps. Par contre côté forme, je suis contente, la pêche revient. Je me suis sentie très bien en montée, très bien en descente. Reste à continuer à travailler la relance mais je sais que coach Denis veille sur moi!

Comment nous sommes nous perdus? Apparemment c'est au niveau du chemin forestier qu'on a pris la mauvaise option (bien que pas ensemble): il fallait descendre à gauche et on est monté à droite. Il est vrai que c'était un point délicat puisqu'ici les deux côtés de la route étaient balisés, à l'aller et au retour. L'organisation a clairement été light sur le balisage car je ne suis pas allée à l'encontre de signes au sol ou autre. Je n'ai juste pas tourné la tête du bon côté, et ensuite vu que c'était balisé pour l'aller, tout s'est enchainé. Mais ce qui est fait est fait, ce n'est qu'une course parmi bien d'autres, ce n'est pas très grave. Finalement il faut prendre ces 50km comme une bonne sortie longue, effectuée en très bonne compagnie!

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