dimanche 18 décembre 2016

L'heure du bilan - saison 2016

Comme l'an dernier, à quelques jours de la nouvelle année, l'envie m'a pris de faire le bilan de ma saison. Commençons par les chiffres: pour ce qui est des heures de course "all included", voici un petit récapitulatif entre février et octobre:



C'est l'inflation ma pôv dame! En compétition, les gambettes ont gambadé 900km et 51000 D+ en 130h, c'est 30% de plus que l'an dernier en autant de compétitions (9). Soit une moyenne super-sonique d'un peu moins de 7km/h (résultats ici). Ca doit en impressionner plus d'un! Non? Ah bon? En entrainement, les gambettes ont lactifié pendant 355h cette année, soit 16% de plus que l'an dernier (306h). Les mois les plus chargés furent juillet-août-septembre, cause prépa UTMB et GRR. Cette inflation n'était à vrai dire pas planifiée. En fait j'ai prends conscience avec vous en faisant mes comptes. Disons que c'est venu naturellement du fait que chaque année je me focalise un peu plus sur l'ultra. 

Ce que ce graphe ne montre pas, c'est l'intensité mis dans les entrainements et c'est là aussi qu'il y a du nouveau. Cette année j'ai sensiblement augmenté le nombre de séances qualité/semaine, sans vraiment toucher au nombre de séances totales. Une semaine sans compet', c'était 4, voire 5 séances de fractionné (en variant le plus possible les séances) et deux sorties longues le week-end. L'an dernier c'était "seulement" 2-3 séances qualité, entrecoupés par 1-2 séances en endurance (en aérobie), plus sorties longues. Ce mode de fonctionnement fractionné & aérobie, c'est ce que vous trouverez dans tous les plans et probablement chez la plupart des entraineurs. Mais cette année j'ai décidé d'aller à l'encontre des recettes habituelles, pourtant validées scientifiquement. Je suis bien placée pour savoir qu'il ne faut pas croire les scientifiques! ;) Blague à part, on est tous différents et perso j'ai eu l'impression que ces séances cool ne m'apportaient pas grand chose. Il est probable que cette sur-enchère de fractionné a ajouté de la fatigue, peut-être que je suis moins montée dans les tours sur les séries, mais de toute façon je n'arrive jamais à monter dans les tours, quelle que soit ma fatigue. C'est dans la tête que ça se passe. Il y a un certain seuil de souffrance que je ne peux pas dépasser et croyez-moi, ce seuil est bas! Aussi j'ai toujours fait du fractionné "mou" et c'est pour cela que je peux me permettre d'en faire plus que d'autres. Ce n'est pas obligatoirement une recette a appliquer par tous! En tout cas de mon côté, j'ai l'impression que cela m'a été bénéfique. Ma cotation ITRA à la hausse, même si elle est largement critiquable, semble aller dans ce sens. 


Magnifique Grand Duc! Photo: Eric Meson

J'avais pris l'an dernier la bonne résolution de faire du vélo cette année. Je suis fière de vous annoncer que je l'ai tenue puisque je comptabilise pas loin de ..... 2h de vélo sur l'année! Houhoho! Je ne prendrai pas la résolution de battre ce record en 2017, je ne suis pas sûre d'y arriver! 2h à me casser le cou, le dos, les épaules, les fesses, ah merci mais non merci! Le vélo, je n'aime pas ça, alors à quoi bon se forcer? Tout ça n'est qu'un loisir, il faut y prendre du plaisir.   

Néanmoins je suis convaincue que si on arrive à y prendre du plaisir, le vélo est un excellent complément au trail. Ca repose les articulations, même si de mon côté je ne suis pas sûre d'en avoir vraiment besoin (aucune douleur, aucune blessure sur toute cette année). Mais également cela donne de la puissance, et ça, j'en ai largement plus besoin! C'est en partie pour ça que j'ai décidé depuis septembre de faire 1 séance de muscu/semaine. Alors oui, tout ça n'est pas très logique, je préfère pousser de la fonte enfermée dans une salle glauque exhalant la sueur et la testostérone, plutôt que faire de jolis cols sur mon vélo. Autant vous rassurer sur mon état mental: non, je ne prends pas un plaisir fou en salle de muscu! Mais ça a l'avantage de ne durer qu'une grosse heure, c'est toujours mieux que 10h de vélo! Et puis je trouve que l'effort en vaut la chandelle. Après seulement quelques séances, j'ai vu les apports sur la diag' cette année avec bien plus de force en montée.

L'an prochain ira donc dans la continuité de cette saison. Je continuerai à être mon propre coach, je continuerai à enchainer les fractionnés, je continuerai à me focaliser sur les ultras qui sont les courses sur lesquelles je prends le plus de plaisir (et mes meilleures perfs- c'est lié!), je continuerai à côtoyer la testostérone en salle de muscu... et je continuerai à snober mon vélo! Na! Il y aura quand même du changement car pour progresser il faut innover. Une chose est sûre, la saison sera plus longue, de décembre à octobre, avec un premier gros RDV fin février. Soit une saison rallongée de presque 2 mois par rapport aux années précédentes. Il me faudra bien gérer le calendrier pour ne pas m'essouffler mais la gestion, je sais faire. Pour les autres changements, je ne peux pas vous en dire beaucoup plus car j'y réfléchis encore! Le coaching n'étant pas une science exacte, RDV dans un an pour le bilan! ;)

En attendant bonnes fêtes de fin d'année à tous! Faites vous plaisir, à table, en baskets ou à skis!

Redoutable Grand Raid! Photo: Cyrille Quintard, l'artiste!


samedi 22 octobre 2016

GRR 2016 - lâchez les fous!

Cette course n'était initialement pas prévue au programme. Mais après l'UTMB, je me retrouve 4ème de l'UTWT, ce qui est inespéré pour moi. Je me dis que ce serait quand même trop bête de me laisser doubler au classement en restant sur mon canapé, alors banco, je remets le couvert! Un coup de pouce d'isostar et de l'UTWT et me voilà donc de retour en terre réunionnaise, deux ans après ma 1ère diag'. Le programme du séjour, c'est une semaine les doigts de pieds en éventail sous les cocotiers... avec une petite bavante de 167k 9700+ au milieu!


Sur la ligne de départ, à quelques secondes du gong, je me sens incroyablement calme. Non pas que je sois particulièrement sereine quant à ma perf, je n'ai pas complètement récupéré de l'UTMB et des contractures récentes au dos me font soucis, mais cette course je la prends vraiment comme du bonus. Ca passe, c'est parfait, ça ne passe pas, tant pis!

Top départ, lâchez les fous!

Les fous sont lâchés, advienne que pourra! Photo: Jean-Pierre Vidot

Ca part à une allure qu'évidemment je ne peux pas suivre mais ça tombe bien, je n'en avais pas l'intention! Je sais parfaitement que les départs, ce n'est pas mon fort. Mais de toute façon, cette course va être longue, trrrrès looongue, alors autant ne pas se fatiguer sur ces premiers km roulants. A Notre Dame (3h09, 128ème), je suis 8ème femme mais je ne panique pas. Les jambes ne sont finalement pas si mal que ça...

Elle est pas belle la vie sur la diag'? Photo: iRunFar
Je continue mon petit bonhomme de chemin et, sans même le faire exprès, je commence à doubler quelques féminines. Musique dans les oreilles, j'avance plutôt bien alors que devant, ça commence à ralentir - départ trop rapide sûrement.

Mare à boue (6h27, 64ème), premier point d'assistance du team Gaspar,  un groupe de bénévoles qui fait l'assistance d'une 60aine de coureurs, dont moi donc, sur une 10aine de points sur la course. Je récupère les barres que j'avais préparées et engloutis mon 1er morceau de gâteau de patate douce. Et là c'est la révélation: c'est trop bon ce truc!!!

Je sors de mare à boue en 2ème position féminine! Sacré remontée en quelques heures et tout ça sans même avoir vraiment eu besoin d'appuyer sur le champignon... si tant est qu'il y ait un champignon sur mon diesel! Je suis régulière depuis le début de course et ça semble suffire pour le moment. 2ème donc mais devant, c'est Andrea Huser et ça, c'est une autre histoire. Andrea, je l'ai déjà rencontrée sur pas mal de course, TDS 2015, Madère, Eiger, UTMB 2016, et chaque fois elle m'a collé plusieurs heures dans les doigts de pieds! Aujourd'hui ne dérogera pas à la règle...

Le jour se lève et je découvre le magnifique cirque de Cilaos en contre-bas. Une des plus belles vues de la course. Pitons rocheux et lumières orangées du lever du jour, c'est juste grandiose. Décidément, je ne regrette pas le voyage! (pour le moment du moins...).

A Cilaos (9h20, 46ème), je retrouve Azzedine, mon grand cousin réunionnais, accompagné du team Gaspar. Changement de chaussures, récupération des barres, engloutissement d'un -non deux!- morceaux de gâteau de patate douce (décidément une tuerie!) et c'est reparti pour une loooongue traversée de Mafate.

Changement de chaussures à Cilaos. Photo: iRunFar

Les km qui suivent, je les redoute depuis le départ: 1000m+ en 5km jusqu'au col du taïbit. Attention chauffe gambettes! C'est une partie toute nouvelle pour moi puisqu'il y a 2 ans nous avions bifurqué ici même vers la caverne Dufour. Mais finalement, plus de peur que de mal puisque la montée passe relativement bien.

Plongée vers le redoutable cirque de Mafate. A partir d'ici, il va falloir courir intelligemment: longue, technique et en plein cagnard, ce n'est assurément pas sur cette partie que la course se gagne, mais c'est probablement ici qu'elle se perd! Côté chrono, mon écart avec Andrea continue d'augmenter lentement mais sûrement (quoique pas si lentement que ça en fait: déjà plus de 30'), alors que mon écart avec la 3ème, Emma Roca, est loin d'être confortable (une dizaine de minutes). Il ne va pas falloir chômer!

Les heures passent et les km avec (quoique pas tant que ça pour les km en fait!). Ce n'est pas facile de courir (cailloux+racine ou les deux en même temps de préférence). Ma moyenne horaire doit être particulièrement basse, c'est usant mais pourtant je prends mon pied. Ce passage est un de mes préférés. C'est sauvage, rude, c'est tout moi ça!

Quelque part dans Mafate. Photo: iRunFar

A sentier scout (13h51, 37ème), je retrouve le team Gaspar, mes barres mais grosse désillusion, il n'y a pas de gâteau de patate douce! Vais-je survivre à ce revers? A Grand place (15h48, 34ème) commence la dernière grosse montée du jour, la bagatelle de 1700m+ en 10km jusqu'au Maido! Je m'attends à ce que ce soit long mais je me trompe: ce n'est pas long, c'est interminable!!! La première partie est un supplice pour le moral: on monte, on descends, on monte, on descends, mais quand est-ce qu'on va vraiment prendre de l'altitude?

Enfin voilà les maisons de Roche Plate (18h02, 32ème), je n'y croyais plus! Je retrouve le team Gaspar mais toujours pas de gâteau de patate douce. Cette fois je crois bien que je ne vais pas pouvoir y survivre!! Devant ma mine déconfite, un bénévole de Gaspar part à la recherche du précieux sésame et ô miracle, revient avec le bien aimé! Un énorme merci à mon sauveur! :)

Grand sourire et grosse part de gâteau! Photo: Lois Mussard
A partir de là et jusque l'arrivée, je sais ce qui m'attend puisqu'on rejoint le parcours emprunté il y a 2 ans. Connaitre est sûrement un avantage car la montée se passe particulièrement bien. Peu avant le sommet je croise Fabrice D'Aletto, blanc comme un linge sur le bord du chemin. Il est avec son frère alors je continue mon chemin en l'encourageant à continuer mais honnêtement, vu son état à cet instant, je ne donne pas cher de sa peau. L'avenir me contredira...

Au ravito du Maido (19h52, 29ème), je retrouve mon grand cousin et le team Gaspar. Nouveau changement de chaussures et c'est parti pour 2000m- en 15km! Attention casse de gambettes! J'assure la descente car je sais qu'il me faut garder des forces pour la fin. Arrivée à Sans Soucis (21h49, 28ème), Emma m'a reprit quelques minutes mais ce n'est pas bien grave, mon avance est maintenant relativement confortable (autour de 30'). Devant Andrea est intouchable (1h30' d'avance!) et cela fait bien longtemps que j'ai abandonné toute idée de la titiller, si tant est que je n'ai jamais cru cela possible!

Au ravito de Sans Soucis. Photo: iRunFar
Au chemin Ratineau (23h38, 25ème), c'est là que les choses se compliquent. Physiquement je vais plutôt bien (enfin compte tenu que j'ai bientôt fait le tour du cadran) mais je commence à avoir une irrépressible envie de dormir. Je dois lutter pour garder les yeux ouverts même en courant. Cette sensation, je la connais bien puisqu'il y a 2 ans, il m'était arrivé exactement la même chose, un peu plus tôt d'ailleurs. Ca m'avait gâché la fin de course et je ne veux pas revivre ça aujourd'hui. Mais que faire? Me poser 5'? 10'? Vais-je réussir à dormir comme ça? N'est-ce pas risqué avec Emma pas si loin? ... Bref pleins de questions et aucune réponse...

Et pourtant la solution est toute autre et je l'ai sous les yeux: Stéphane Brogniart!!

En effet, nous repartons ensemble du chemin Ratineau et j'en profite pour lui faire la discut', me disant que ça me maintiendra peut-être éveillé. Et effectivement, c'est miraculeux: je n'ai bientôt plus envie de dormir. C'est ainsi que je décide de lui coller aux basques jusqu'à l'arrivée. Le moulin à paroles est en marche et il n'y a pas de bouton arrêt! Ca me tien éveillée, je m'en réjouis mais je ne suis pas sûre que Stéphane soit du même avis!! lol

On passe ainsi la Possession (25h15, 24ème), puis le redoutable chemin de Anglais jusque Grande Chaloupe (26h38, 22ème). Et blablabla et blablabla et blablabla. Il ne nous reste qu'une grosse bosse avant la délivrance pour les pieds (et les oreilles de Stéphane!). La montée est interminable, je commence à avoir vraiment envie d'arriver. Passé le Colorado (28h28, 22ème), commence la dernière mais redoutable descente jusque l'arrivée. Je préfère assurer pour ne pas tomber. Le diesel commence de toute façon à avoir les pneus tout dégonflés: peu de jus et l'envie de dormir qui me reprend. C'est alors que me double une formule 1 et je découvre ébahie qu'il s'agit de Fabrice que j'avais laissé liquéfié quelques heures plus tôt dans la Maido! J'hallucine comme il s'est refait une santé! C'est ainsi que, comme il y a 2 ans, il me double dans la dernière descente. Argh! Mais je ne perds pas espoir, un jour je l'aurai! :)

Peu après, j'ai des soucis de frontale et je dois m'arrêter. Stéphane continue son chemin, pour le plus grand bonheur de ses oreilles. Un coureur, François Teitgen, me rejoint et a la gentillesse de me donner sa lampe ventrale pour finir la course. Je la tiendrai à la main, ce n'est pas bien pratique mais il ne reste presque plus rien. Je franchis la ligne en 29h26, 2ème femme, 25/1688 au scratch (1.5%). Je suis super contente du résultat! Cette course ce n'était que du bonus et franchement, c'est un bien beau bonus!

I did it! Photo: iRunFar

Ainsi s'achève ma saison 2016 qui est de loin ma meilleure saison. Je finis 4ème au classement de l'UTWT. Cette médaille en chocolat contente parfaitement la gourmande que je suis! :)

Un grand merci à tous ceux qui m'ont suivie derrière leurs écrans, vous étiez nombreux à me pousser dans les montées. Merci au 100 mails des copains du nord, il n'en fallait pas moins! Des milliers de merci aux milliers de réunionnais qui m'ont encouragée sur les sentiers, vous êtes incroyables! Un très grand merci à mon équipe d'assistants, Azzedine et le team Gaspar. Toute ma gratitude à celui qui a cuisiné les gâteaux de patate douce. Toi, je te veux sur mon prochain ultra!! Un énorme merci à mon grand frère qui a assuré le suivi live sur tous les fronts, twitter, Facebook, SMS, tu m'as fait le grand jeu grand frère! Enfin merci à l'UTWT de nous faire vivre ces émotions!

Pour finir, toute ma reconnaissance à ceux qui m'ont soutenue cette saison: isostar, Raidlight, trailstore, NaïtupPolar, BVsport, Stations de trail.

Prochain épisode.... en 2017! :)

samedi 27 août 2016

UTMB 2016 - Chaud devant!

Le grand jour est arrivé! Me voici à Cham pour mon principal objectif de la saison: l'UTMB. Ready pour faire le tour du gros caillou, sans même monter au sommet (petite joueuse).


Cette course je l'ai déjà faite en 2013, ce fut d'ailleurs mon 1er 100 miles. Cette année j'ai fait un plan de course (marche?) en 28h. C'est optimiste mais peu importe le chrono à vrai dire, l'objectif est, comme toujours, de faire du mieux possible. Et surtout de relier l'arche d'arrivée sur mes deux pieds. Enfin si au passage je peux battre le chrono de papy Marco... ;)

Sur la ligne de départ, on sent la tension, les regards "maintenant j'y suis", les doutes aussi "est-ce que je suis prêt?". Ludo fait monter l'ambiance, il y a un monde fou dans la rue, sur les balcons, partout où les gens peuvent se caser. Une effervescence unique au monde. J'ai l'habitude de dire que cet événement est le Disneyland du trail. Je comprends les réfractaires mais honnêtement, vivre ce départ, c'est quand même une expérience unique dans le monde du trail.





La musique de Vangelis retentit. Compte à rebours 5-4-3-2-1 c'est parti! Ca part vite devant et je me dis qu'il ne faut surtout pas que je m'emballe. Ce qui n'est pas chose facile avec les encouragements de la foule presque en délire (enfin dans mes rêves). J'essaie de me mettre dans ma bulle pour partir à mon rythme. Vu mes qualités de coureuse, pas mal de personnes me doublent mais peu importe. Objectif gérer.

Les fauves sont lachés. Où sont les gambettes? (si si, j'y suis). Photo: Irunfar 

Les premiers km sont plats et sans difficulté aucune. Si ce n'est que cette année, il fait une chaleur étouffante et je sue à grosses gouttes. Moins d'1h de course et mon t-shirt est complètement trempé. Même à la Réunion je n'ai pas sué comme ça! Je suis contente de voir arriver la première bosse, l'occasion de marcher un peu pour refroidir la machine (le Deleveret, 1h35, 178ème).

Enfin je marche! :) Photo: Prozis

A Saint Gervais (2h16, 155ème), l'ambiance est hallucinante. Ca crie, ça hurle, ça tape des mains, franchement l'ambiance est géante! J'ai le sourire jusqu'aux oreilles. Ah c'est bon le trail quand même!!! Je croise le prez du TTT peu après, merci pour les encouragements! Par contre côté gambettes les choses se gatent puisque je ressens une douleur au releveur de la cuisse. Ce n'est pas insupportable mais la douleur ne fait qu'augmenter. 

Arrivée aux Contamines (3h31, 136ème) où je vois Cyril pour le 1er point d'assistance, je suis pas mal inquiète et lui dis que je continue mais que c'est mal engagé... Je recharge le sac pour la nuit avec tout ce que j'avais préparé sauf la flasque de reload. Allez je balance: Cyril l'a oubliée à la voiture. Un jour vous m'expliquerez pourquoi il a choisi -je cite- de ne prendre "que les choses nécessaires"! ;) Allez, pas grave, je n'aurai pas mon fix de prot' mais je repars avec une flasque supplémentaire car avec cette chaleur étouffante je suis assoiffée.  

Sur les heures qui suivent je bois à n'en plus pouvoir. Décidément je suis desséchée. Et au fur et à mesure que je me réhydrate, ma douleur à la cuisse diminue jusqu'à disparaitre. Ce n'était donc qu'une fausse alerte, une inflammation causée par un début de déshydratation.

Retour à la course avec un passage à Notre Dame de la Gorge mémorable. Merci à tous les supporters, vous êtes géants. C'est à partir d'ici que la course commence vraiment. Rien à déclarer sur la montée à la croix du Bonhomme (5h59, 115ème), pour l'instant ça roule (marche). Aux Chapieux (6h32, 106ème), Mélastique et Mathastique sont là pour les encouragement. Merci les copains! :)

Le voyage continue avec le col de Seigne (8h13, 84ème) puis le petit nouveau de l'UTMB qui souffle sa 1ère bougie: les pyramides calcaires. C'est du hors piste dans les cailloux, c'est technique de chez technique mais justement c'est ce que j'aime. Allez, une dernière montée pour la forme vers l'arête du Mont Favre (10h12, 71ème) avant de redescendre vers Courmayeur. On est dans le brouillard et à contre-courant de la PTL. On ne voit pas grand chose, les gambettes restent bien concentrées. Je double Yann qui accuse un peu le coup et abandonnera peu après. Dommage poto.

Arrivée à Courmayeur (11h23, 56ème) je me dis que tous les voyants sont au vert. Je suis étonnamment en forme, c'est de bonne augure. Ravito rapide puis je repars... sans ma visière. Je m'en aperçois peu après et reviens trouver Cyril qui me la tend. Il n'avait peut-être pas trouvé ça "nécessaire"! ;)

Petit jardinage dans Courmayeur mais comme beaucoup je pense (débalisage?). La montée vers le refuge Bertone ne se passe bizarrement pas très bien. Moi qui pensais avoir des gambettes de feu, je déchante. J'ai une envie de dormir irrépressible. Mes yeux se ferment, je lutte vraiment. Cela dure comme ça 1h jusqu'à sortir du brouillard au propre comme au figuré. C'était sûrement une combinaison de facteurs: le lever du jour qui est toujours le plus délicat à passer, l'éblouissement de ma lampe dans le brouillard, la digestion de la viande des grisons peut-être aussi (je me suis peut-être un peu trop lachée...). Toujours est-il qu'arrivée au refuge Bertone (12h42, 57ème) l'envie de dormir s'est envolée. Ce n'est malheureusement pas la cas de mes gambettes.

La traversée jusque Bonatti est laborieuse (13h51, 57ème). Il faudrait courir mais j'e n'y arrive pas. C'est marrant, ce passage c'est celui qui m'avait été presque fatal il y a 3 ans. Décidément, l'Italie ne veut pas de moi! J'arrive à Arnuva (14h35, 55ème) après une courte descente dans laquelle la machine récupère un peu. Et c'est parti pour une longue montée vers le grand col Ferret (15h51, 57ème). Je cale un peu mais par rapport à il y a 3 ans autant vous dire que je suis un avion de chasse! Cette montée je m'en souviens comme si c'était hier, il y a 3 ans j'étais scotchée sur place, un de mes pires cauchemars de course. Aujourd'hui, arrivée au sommet dans un état correct, je ne suis pas loin de jubiler! Je l'ai eu ce foutu col!!!

Direction la Suisse avec un début de descente sympa avant de retrouver ce qui sera notre pain quotidien sur toute cette partie helvète: de larges pistes bien droites et bien monotones. Tout ce que je n'aime pas. Je ne prends aucun plaisir mais je m'y attendais. Dans ces cas là, il vaut mieux ne pas trop se poser de questions, mettre un pied devant l'autre et continuer. 

Arrivée à la Fouly avec le sourire de la guerrière. Photo: Cyril Pérot
Je suis contente d'arriver à la Fouly où Cyril m'encourage (17h, 56ème). Il y a 3 ans, à ce même endroit j'était blanche(t) comme un linge et pas loin de l'abandon. Cette année, c'est un tout autre visage! Et avec le sourire s'il vous plait! Ca continue de descendre, c'est toujours pas marrant mais je sais qu'il faut passer par là. Ouf, voilà enfin Praz de fort. Vous pouvez sortir les ukulélés, on quitte cette foutue vallée!

La bosse qui suit est petite mais costaud. A Champex je retrouve Cyril pour le 3ème point d'assistance (19h08, 53ème). Changement de chaussures et c'est reparti. Cette fois Cyril n'a rien oublié, comme quoi tout arrive!! :) Je n'ai pas oublié non plus mon fix de tarte aux myrtilles, ça fait pas loin d'1 an que j'y pense à celle là!

Sortie du ravito de Champex, tarte à la main! Photo: Cyril Pérot

A partir de maintenant, c'est 3 "petites" bosses jusque Chamonix. 9h quand même mais je sais que sauf accident je verrai l'arche d'arrivée. Je passe correctement la première bosse via la Giète (21h26, 44ème) même si avec la chaleur étouffante je n'arrive plus à m'alimenter en solide. Néanmoins je sais qu'il faut que je me force à reprendre qq calories, sous quelque forme qu'elle soit. En l'occurrence, ce qui passe encore c'est les compotes (actifood) et pates de fruit (energy fruit boost). 

Arrivée à Trient (22h08, 45ème), les choses s'emballent. Cyril me dit qu'Uxue qui était 1h devant à la Giète commence à craquer. Mon frère aussi s'excite via SMS. Vu les écarts, j'avais fait le deuil de cette 3ème place mais ... et si je lui refaisais le coup de la diag'??? Je repars motivée. 

A Catogne, j'ai 43' de retard sur Uxue, à Vallorcine 34', au col des Montets 22'! Mon frère s'emballe avec des "tu vas deux fois plus vite qu'elle" (quand elle monte et tu descends), "tu voles" etc. Ca me boost d'autant plus qu'au col des Montets, des copains en délire (au moins!) m'encouragent! Merci les potos: Mel, Math, Ram, Sophie.

Au col des Montets. C'est uniquement pour la photo que je marche! ;) Photo: Cyril Pérot

C'est parti pour la chasse espagnole!! :) J'aborde d'un bon pas la montée vers la tête au vent mais au fur et à mesure que la pente augmente, j'ai de plus en plus de mal à avancer et encore plus à relancer. Les cuisses brûlent après 160km de course et il faut dire aussi que les pentes très raides, ce n'est pas spécialement ma plus grande qualité (si jamais j'en ai!). Je n'ai pas de bâton et sur cette fin de course je me dis qu'ils auraient quand même été utiles. Finalement à la tête aux vents, il y a 28' d'écart (26h08, 41ème). Je sais que c'est trop, fermeture de la chasse. Tout ce qu'il me reste à faire, c'est continuer mon petit bonhomme de chemin, avancer tout en gérant pour éviter l'accident.

C'est ici que la météo décide de nous jouer des tours. Après 25h de canicule, je vois de gros nuages noirs qui se forment et le tonnerre qui gronde dans les aiguilles rouges. Il commence à pleuvoir, des dizaines et des dizaines d'éclairs fendent le ciel pour éclater juste à côté de moi. C'est carrément flippant! Surtout que je suis seule, pas une frontale devant, pas une frontale derrière!   

Lorsque je rejoins la Flégère (26h46, 41ème), c'est un soulagement pour moi et pour les bénévoles! Ouf! Allez, c'est reparti, maintenant il ne reste plus qu'à descendre. Je me lache un peu sur cette dernière descente bien roulante, je double plusieurs coureurs scotchés sur les rochers glissants. J'entre dans Cham sous des cordes d'eau. Bizarrement, je n'entends pas la sono. Ludo où es-tu? Je franchis la ligne dans le grondement de l'orage mais c'est étrange, personne n'annonce mon arrivée. Serais-je en train de rêver? En fait je me retourne et vois le speaker qui s'époumone dans un hygiaphone mais n'arrive même pas à couvrir le bruit de l'orage. Il vient d'y avoir une coupure de courant, la sono est HS. Il s'excuse de ne pas pouvoir mieux m'accueillir mais moi je trouve ça génial, cette arrivée apocalyptique, je m'en souviendrai longtemps! :)

27h37, 4ème femme, 39/1468 (3%) au scratch. Houah, honnêtement je n'aurais jamais pensé pouvoir faire si bien. C'est l'équivalent de 4h de moins qu'il y a 3 ans! La tête de course est à 2h20, c'est beaucoup mais je progresse. Caro, fais gaffe à tes fesses!! :D 

10 premières sardines hommes et femmes! Photo: Cyril Pérot

Cette perf, je la dois à mes gambettes mais aussi et surtout à tous ceux qui me suivent, m'encouragent et me portent à distance. En premier lieu Cyril évidemment, toujours là pour le soutien "nécessaire"! :) Mon frère aussi, ainsi que Jenny et mes pretty neveux. 20/20 pour le suivi SMS cette année! Vous avez été top! Ma famille, collègues et amis qui ont scruté mon passage sur les webcams. Spécial merci aux "potes du nord" et leurs jeux de mots foireux. Petit florilège: "C’est de la Fouly quoi !", "Elle n'a pas l'air de se Fouly, elle marche",  "La tête au vent, (F)légére comme une bière blonde, elle dévale les montagnes jusqu’à l’arrivée". Merci les poètes!

Enfin et comme toujours, je remercie ceux qui me soutiennent et me permettent de vivre de si belles aventures: isostar, Raidlight, trailstore, NaïtupPolar, BVsport, Stations de trail.

Prochain épisode.... chut, c'est une surprise! :)

samedi 16 juillet 2016

Eiger Ultra Trail 2016 - Juste magique!

Après Madère en avril dernier, voici avec l'Eiger Ultra Trail ma 2ème participation à l'UTWT 2016. Cette course, je la connais à moitié puisqu'il y a 3 ans j'avais couru le 50km. A l'époque déjà je m'étais dit que ce coin était décidément magnifique. Je suis donc triplement contente d'être de retour: contente de revenir dans ce beau pays où j'ai habité plus de 5 ans et qui m'a tant plu, contente de pouvoir prendre ma revanche sur l'UTWT après une 1ère course mitigée à Madère, contente de retrouver la concurrence sportive car ces gros rendez-vous, c'est quand même ce qui me motive le plus. Vous l'avez donc compris, je suis remontée pour cet ultra de 101km pour 6700+.


Le départ est donné à 4h30 de Grindelwald. Je ne mets pas longtemps à voir que j'ai des bonnes jambes, c'est assez rare pour être souligné! Tellement de bonnes jambes que je double même quelques personnes sur les 1ers km, je pense que c'est une première! Les 3 premiers km sont courables, ensuite c'est marche obligatoire (pour moi du moins). Ouf, marcher c'est quand même ce que je préfère dans le trail. Parfois je me demande si je ne me suis pas trompée de sport! La montée jusque Grosse Scheidegg (km8) se passe bien. Le soleil se lève peu à peu et le paysage qui se découvre est juste somptueux. Ciel orangé, herbe verte fluo (à croire que les suisses la peignent!), montagnes blanches neige. J'hallucine du spectacle. Les 5 km qui suivent se font sur un sentier ultra roulant en balcon qui n'a pas grand intérêt en lui-même mais la vue est tellement OUF qu'il passe comme une lettre à la poste. L'avantage du roulant, c'est que je peux lever les yeux de mes chaussures pour me régaler du spectacle qui m'entoure. Et je peux vous assurer qu'il est plus beau que mes doigts de pied!

Bouche bée devant le spectacle du lever du soleil (photo: alphaphoto)

 Légère désillusion peu après néanmoins: une boucle complètement inutile du km14 à 22 avec une descente sur du bitume, particulièrement intéressante, même si la remontée est plus sympa. Cette boucle n'a pour moi pas d'intérêt autre que de rajouter des km pour arriver aux 3 chiffres mais j'ai du mal à croire qu'il n'y avait pas mieux à faire. Enfin bref, il suffit de prendre son mal en patience.

Arrivée à First (km22), je donne ma frontale (armytek) à Mathieu pour m'alléger (merci doudou!) et enchaine sans m'arrêter. Ca continue par un sentier en balcon, toujours roulant, mais le paysage est toujours d'une incroyable beauté. Musique classique dans les oreilles (play2run), magnificience des paysages, tout ça est d'une telle pureté, je suis dans un état second. Hasard des rencontres, je suis rejointe par Thierry que j'avais rencontré il y a tout juste 3 ans sur cette même course et avec qui j'avais fait un bon bout de chemin avant d'avoir la bonté de le laisser filer! lol

Toujours bouche bée (heureusement qu'il n'y a pas de mouche...)! (photo:Prozis)

Courte descente jusque Oberläger avant d'entamer la montée vers le point culminant de cet ultra. La montée se fait dans la neige glacée, ça glisse un peu mais je suis plus que satisfaite de mon choix de chaussures: les Saucony Pérégrine 6 (merci trailstore!) qui sont légères, dynamiques et avec une très bonne accroche. Elles ont largement détrônées mes ex-chouchou Leadville NB.

Premières neige dans la montée au Faulhorn (photo: alphaphoto)
Arrivée à Faulhorn, que dire, je n'ai pas les mots!! C'est juste hallucinant, magique, somptueux, magnifique, grandiose! Tellement beau! Ouahhhh le pied (les pieds?)!! La descente qui suit se fait dans la neige, ça glisse un peu, on s'enfonce parfois mais je m'amuse bien dans ce genre de sentier et avec Thierry on s'en sort plus que bien. On quitte la neige mais la descente continue. J'ai la galanterie de laisser Thierry prendre un peu d'avance (lol bis) mais le rejoins juste avant Burglauenen. Il marche et me dit qu'il va s'arrêter là, son genou est bloqué. Mince, je suis triste pour lui, il avait l'air en forme et j'aurais beaucoup aimé continuer avec lui, on formait une belle équipe! Ce n'est que partie remise Thierry! ;)

A Burglauenen (km53), je retrouve pour la 1ère fois Cyril, ainsi que Mathieu. Ils m'annoncent que je suis 3ème femme et que la 2ème (Kathrin Götz) vient juste de repartir. C'est confirmé peu après par un SMS de mon frère qui comme toujours me fait le briefing à distance. J'ai repris 8' à Kathrin depuis Faulhorn. OK, pas le choix, arrêt express, recharge des flasks (cranberry) et c'est parti pour la chasse!

Je monte bien et rejoins Kathrin à mi-pente. Là je me dis: "ok, elle est séchée, tu la doubles vite pour l'écoeurer et ensuite tu pourras gérer". Seulement il y a le rêve... et la réalité! Dès qu'elle m'aperçoit, gros coup de rein, elle me reprend mètre par mètre et je bascule sur le replat avec 1-2' de retard sur elle. Ah ça se complique cette histoire! Seulement je suis plus à l'aise en descente, surtout quand c'est un peu technique comme ici et recomble presque tout mon retard.

Au ravito de Wengen (km62), Kathrin est juste quelques mètres devant. Je remplis une flask sans même m'arrêter et repars juste derrière elle. Quand je vous dis que c'est la chasse! La montée jusque Männlichen est super raide, en fait c'est simple c'est tout droit dans la pente à travers les pare-avalanches. C'est original, probablement beau mais vous permettez pour l'heure je n'ai pas vraiment le temps d'en profiter!

La montée de Männlichen à travers les pare-avalanches (photo: alphaphoto)
Décidément, Kathrin monte mieux que moi et malgré tous mes efforts j'ai de nouveau perdu quelques minutes à Kleine Scheidegg. Cyril me motive en me disant qu'elle vient juste de passer. Idem pour mon frère que je sens super excited à l'autre bout du fil à en juger par le nombre de SMS qu'il m'envoit. Il sait bien que normalement il a droit à 1-2 SMS par pointage mais le voilà tellement excité par cette chasse qu'il en devient incontrôlable! Je recevrai la bagatelle de 20 SMS sur les 50 derniers km! :)

La remontée qui suit au pied du glacier est grandiose. J'ai les mollets qui chauffent mais des papillons dans les yeux. Ah vraiment qu'est ce qu'elle est belle cette course! La chasse continue ainsi avec toujours le même scenario: quelques minutes de retard au sommet que je rattrape en partie dans la descente.

A Alpigen (km90), Cyril est là mais je ne ralentis même pas. Ah ça valait bien la peine qu'il descende 1000m D- avec 10kg de matos que je ne toucherai même pas! L'assistance, c'est sûr, faut prendre sur soi! ;)

Les derniers km de chasse, avec la vallée juste derrière (photo: alphaphoto)

Donc la chasse continue avec un sentier dans la forêt puis une dernière petite bosse. Kathrin est quelques lacets au dessus de moi. Durant toute la montée je me dis "pourvu que la dernière descente soit technique, elle est moins à l'aise tu peux la rattraper". Mais lorsque la descente tant attendue arrive, c'est la douche froide: c'est de la route, juste ce que je voulais éviter. Je sais alors que je ne pourrai pas la rattraper. Je finis plus tranquillement, surtout qu'avec les chocs et l'intensité de ces 50 derniers km, mon estomac commence à me faire comprendre qu'il serait bon de ralentir (2 arrêts buisson...).

Allez, un dernier coup de c** pour la route et je vois l'arche que je franchis après 13h43, 3ème femme donc, 19ème scratch (5%). Je suis super contente d'en finir et super contente de ma course. Il m'a peut-être manqué le dernier coup de rein pour jouer la 2ème place jusqu'aux derniers mètres mais franchement, on ne va pas se mentir, c'est ma meilleure course jusque là. Je ne pensais pas pouvoir courir si longtemps à une telle intensité. J'ai sûrement passé un cap aujourd'hui.


Le bonheur de l'arrivée (photo: Cyril Pérot)

Je remercie les organisateurs de nous avoir pondu un si beau parcours. "Beau" n'est pas le terme, c'était carrément magique! Les plus beaux paysages que j'ai vus en course jusque là et surtout c'est grandiose du début à la fin. Vraiment un grand grand grand merci.

Enfin et comme toujours, je remercie ceux qui me soutiennent et me permettent de vivre de si belles aventures: isostar, Raidlight, trailstore, NaïtupPolar, BVsport, Stations de trail.

Prochain épisode, le championnat du Canigou en mode frère et soeur. Pour une fois le téléphone devrait arrêter de sonner le temps d'une course! ;)

dimanche 26 juin 2016

Grand Duc de Chartreuse 2016 - dossard number 1!

Retour à la compet après l'échec de la Maxi-Race. Initialement, ce Grand Duc j'avais prévu de la faire en dedans. Mais vu la tournure qu'ont pris les choses, j'ai besoin d'une bonne course pour me rassurer et je suis donc remontée pour faire un bon chrono. Surtout que, première pour moi, j'ai le dossard number 1. Il va falloir assurer ce rang!

Le menu du jour, c'est 80km, 5500+ dans le massif de la Chartreuse, au départ de St Hilaire.


Après une bonne nuit chez Isa et Martin, me voilà d'attaque samedi matin à 5h sur la ligne de départ. On a bien du faire 43m avant d'attaquer le premier sentier. Et à partir de là c'est pas dur: vous voyez la pente? eh ben c'est tout droit! Au moins le ton est donné, et c'est pas pour me déplaire! Je pars à un rythme correct autour de la 40-50ème place. Les jambes ont l'air ok, la montée passe plutôt bien. On enchaine les singles avec le pas de roche plane, Bellefont, la dent de Crolles. Jusqu'ici tout va bien, et même très bien! Le jour se lève, la vue est magnifique!

Au lever du soleil. Magnifique! (photo: Eric Meson)

1er ravito au col du coq, 1ère banane, 2ème ravito à St Hughes, 2ème banane! J'ai le plaisir d'y croiser Romain, la graine de sésame bio du TTT qui fait l'assistance de Mayou et que je croiserai à chaque ravito.

Le tour de manège continue avec la remontée sur les flancs de Chamechaude par un sentier sympa que je découvre pour l'occasion, puis redescente sur le Sappey pour un 3ème ravito et... une 3ème banane! J'appelle Isa qui me fera l'assistance à St Hil dans 15km: "euh écoute je suis en avance, en décale le RDV d'une demi heure".

Au ravito du Sappey (photo: Romain Coste)

Remontée vers le col de la Faîta avant d'attaquer une série de bosses sur les crêtes. Après 30km et 2800+, ça fait mal aux jambes mais on aime ça. Eh on est là pour souffrir non? :) Nouveau ravito au col du coq, nouvelle banane! Dans la descente qui suit je double papi Marc. Pour cause de douleur au mollet il fait toutes les descentes en marchant. Il fallait au moins ça pour que je le double, et encore j'ai mis 40km! Un peu plus tard je rejoins Mayou on arrive ensemble au ravito. Assistance express avec Isa qui gère sa 1ère expérience d'assistance comme une cheffe. Merci collègue!

Je repars sur un sentier que je connais bien et apprécie, les montagnes russes du plateau des petites roches. Je reçois un SMS de mon frangin (je vous épargne les 10 précédents mais disons qu'il est toujours au moins aussi excited que moi quand je cours!): "bravo petite soeur tu es 15ème au scratch! gogogo. Cyril vient d'arriver au Sappey". Cyril, il est sur le moyen Duc et ce SMS, c'est carrément pas un bonne nouvelle. Enfin si, la 15ème place, c'est cool mais par contre je commence à me dire que pour l'assistance que Cyril est censé me faire à mon retour à St Hil dans 15km, ça commence à sentir le roussi bien comme il faut!

Arrivée au Tournoud, c'est la plongée infernale dans la vallée de Crolles. 700m D- tout droit dans la pente à travers les cailloux, mes quadris s'en souviendront! Au ravito, je suis contente de voir Romain et la bouteille d'eau qui l'accompagne. Il est midi et en bas dans la vallée, ça commence à taper bien comme il faut. Nouvelle banane, évidemment, et je repars pour la montée infernale, celle où on se dit "p*** mais qu'est ce que je fous là!!". C'est sacrément raide et en plein cagnard mais finalement il suffit de lever les pieds et d'avancer!

Le long du funi (photo: Stéphane Mougin)

Je rejoins le funi et je n'ai toujours pas de nouvelles de Cyril malgré mes différents appels... ça ne sent pas bon cette histoire. J'appelle Isa, elle aussi lui a laissé des messages mais pas de news. Martin décide de me rejoindre pour m'assister, merci à lui. Malheureusement il n'a pas grand chose à me proposer pour la simple raison que le ravito est dans la voiture et que c'est Cyril qui a les clés! Enfin je peux quand même changer les flasks, boire de la reload, et récupérer une barre auprès de Romain-mon-sauveur-du-jour. Il n'y aura pas de festin sur cette dernière boucle mais en gérant bien ça devrait passer.

Je repars donc toujours sans news de Cyril. Pour la petite histoire, Steph le retrouvera 20' plus tard, allongé sur la pelouse au soleil les doigts de pied en éventail, prêt pour la sieste. C'est elle qui lui apprend que je suis déjà passée. "Ah bon?" Pas plus stressé qu'un poux, alors que moi je m'inquiétais qu'il s'inquiète de me rater! Côté course, la traversée du plateau continue jusqu'au col de Marcieu. Une succession de bosses que je connais puisque c'est une partie que j'ai reconnue il y a quelques semaines.

Elle est pas belle la vie en courant? (photo: Stéphane Majolet)

Arrivée au col, j'ai la surprise de retrouver Cyril. Steph l'a convaincu de me rejoindre s'il ne voulait pas dormir sur le canap pendant une semaine! Et elle n'avait pas tort! :) Je continue mon petit bonhomme de chemin avec la partie la moins sympa du parcours, un peu de route d'abord puis une grosse piste forestière bien large, bien droite, bien monotone comme je ne l'aime pas. C'est un peu dommage de finir comme ça mais il faudra surtout retenir les beaux singles des 75 premiers kms! J'ai le plus grand mal à courir, non pas par fatigue mais parce que ce genre de chemin me casse le moral. Et puis je suis seule à l'horizon, personne pour me motiver. Je suis contente de voir enfin arriver les téléskis de St Hil, ça sent la fin! Une dernière petite descente puis je franchis l'arche d'arrivée. C'est bon ça!

Contente à l'arrivée! (photo: Cyril Pérot)

Happy de ma course en général, bien gérée aussi bien au niveau de l'effort que de l'alimentation. Satisfaite aussi du chrono: 11h13 de course, 1ère femme, 5/125 au scratch (4%). Maintenant il falloir bien gérer la récup et les 3 prochaines semaines jusqu'au prochain ultra...

Merci aux organisateurs pour l'invitation et pour ce si joli parcours, merci aux nombreux bénévoles, à celles et ceux qui m'ont encouragé sur les sentiers, un spécial merci à mes ravitailleurs de gré ou de force: Isa, Martin, Romain, Steph. Vous avez géré comme des pros. Faites gaffe, je risque de vous réquisitionner de nouveau! Merci aussi à Cyril pour être Cyril, jamais stressé, toujours cool, jamais joignable... C'est quand même pas un bout de barre qui va le faire changer! :)

Enfin et comme toujours, merci à mes partenaires qui me soutiennent: isostar, Raidlight, trailstore, NaïtupPolar, BVsport, Stations de trail.

Prochain épisode, au pays du chocolat pour l'Eiger Ultra Trail, deuxième manche pour moi de l'UTWT.

samedi 28 mai 2016

Maxi-Race 2016 - Ma Gastro-Race

Retour à Annecy pour la Maxi-Race pour la 2ème année consécutive (cf 2015). Ce n'est pas dans mon habitude de refaire les mêmes courses mais il se trouve que cette année, la course est qualificative pour les mondiaux d'octobre 2016 au Portugal et j'ai envie de tenter le coup. Pour cela il faut terminer dans les 2 premières françaises. Ce n'est pas une mince affaire vu le plateau engagé mais c'est un parcours qui, je pense, ne me convient pas trop mal. Et puis qui ne tente rien n'a rien!

Le parcours est identique ou presque à celui de l'an dernier, environ 85km pour 5400+.



Depuis Madère, la prépa Maxi-Race s'est bien passée. J'ai même eu le temps de faire un reco du parcours, ce qui une première pour moi. Il faut dire que le challenge me motive et j'ai envie de bien faire. Toute la prépa s'est bien passée, mise à part une petite inflammation du TFL mais qui a disparue en 3j de repos (souvent le meilleur remède). Je me sens en forme, plutôt affutée, reposée. Tous les voyants sont au vert, la machine est prête au combat!

Malheureusement un grain de sable va tout faire dérailler...

Veille de la course, j'ai déjà les premiers symptômes mais je ne m'en inquiète pas: le ventre ballonné et une perte d'appétit. Je me dis que c'est psychosomatique à l'approche de la course. Samedi au réveil à 2h du mat', après une bonne nuit dans la Naitup, j'ai une curieuse envie de vomir et ça empire après le petit dej. Je me dis qu'il suffit de digérer, que ça va passer. C'est après un court échauffement que je commence un peu à m'inquiéter: c'est que maintenant j'ai TRES envie de vomir. Sur les 20' précédents le départ, je suis obligée d'aller me soulager par 4 fois aux toilettes et, sans rentrer dans les détails, je commence à comprendre que quelque chose ne va pas.

Départ "de feu"! Photo: organisation

Le départ est donné dans une ambiance de feu! (c'est le mot) Sur les 1ères minutes de course, j'arrive à courir sans douleur. Peut-être que finalement ce n'était rien. Mais peu après, rebelotte: l'envie de vomir reprend de plus belle et le ventre me tiraille. Je profite des 1ers arbres de la forêt du Semnoz pour laisser ma petite touche perso à cette belle nature. A partir de là, je n'arriverai plus à courir à plus de 8km/h, sous peine de sanction immédiate: nouvelle touche artistique dans la fôret. Ce qui arrivera par 5 fois sur les 2 premières heures de courses. Je n'arrive ni à manger, ni à boire: mêmes causes, mêmes effets.

Après une montée aussi interminable que nauséeuse, j'arrive en haut du Semnoz avec plus de 20' de retard sur mon plan de marche. Je sais que la course à la qualif est terminée pour moi mais je déteste abandonner et je pense encore pouvoir relier l'arrivée. Peu importe le chrono, je suis là, je finis! Intérieurement, j'espère pouvoir me refaire dans la descente qui suit et qui est normalement mon point fort. J'avale donc un smecta et c'est reparti.

En fait je ne mets pas longtemps à comprendre que non, je ne vais pas me refaire une santé dans la descente. C'est même carrément un calvaire. J'inaugure le vomi et - notez la touche artistique- tout en courant en plus! J'avais déjà dormi en courant sur la diag', voilà que maintenant je vomis! Je repars en marchant, j'ai les oreilles qui bourdonnent et la tête qui tourne. Il faut dire que depuis le départ je n'ai rien pu boire ni manger. Ca ne va pas du tout. Des wagons entiers de coureurs me doublent. C'en est trop: j'ai beau avoir toute la volonté du monde, il faut se rendre à l'évidence, je n'arrivera pas à la finir cette course. Je n'ai fait que 25km, il en reste 60!

J'abandonne à St Eustache. Dans la tête, c'est dur.

Il parait qu'on apprend de ses erreurs mais justement dans cette histoire, quelle a été mon erreur? J'ai attrapé une gastro probablement jeudi (merci les collègues du boulot, fallait pas!). Je suis d'habitude très peu sujette à ce problème, ma dernière gastro doit remonter à plusieurs années. Quelles étaient mes chances de développer une gastro pile le matin de la course aux qualif? Pour une fille qui bosse dans les probas, je trouve ça cocasse!

Bien sûr je suis déçue. J'aurais voulu pouvoir jouer ma chance. Cette course était un "one shot" et je suis passée à côté. Maintenant c'est la vie et c'est le sport! Je me laisse quelques jours pour laisser passer la tempête (dans mon bide comme dans ma tête), et je repars vers de nouveaux objectifs. Et comme le dit si bien le tshirt "abandonneur" offert par l'orga, "j'y étais, je n'ai pas fini, je reviendrai". Tout est dit: à l'année prochaine pour une revanche!

Fière d'être "abandonneur"! Photo: Cyril Pérot

samedi 23 avril 2016

MIUT 2016 - Magnifique casse-gambettes!

Voici mon 1er gros rendez-vous de la saison, le Madeira International Ultra Trail, MIUT pour les intimes, manche de l'Ultra Trail World Tour. Au programme 115km et 7000m+ à travers l'île de Madère que je découvre de long en large pour l'occasion!



Nous sommes environ 600 insomniaques sur la ligne de départ à Porto Moniz. A minuit pétante le top est donné et c'est tout de suite le coup de foudre: on n'a pas du faire plus de 20m de plat avant la première côte (350m+)! Valses dans les oreilles (comme toujours de nuit), je pars tranquillement car je sais que la balade va être longue. Je marche dans cette première côte, mais comme tout le monde en fait. Eh ben dis-donc, on n'a pas mis longtemps à comprendre qu'il allait être raide ce trail!

Armytek vissée sur la tête, c'est parti pour la nuit! Photo: No words production

Ca grimpe sec donc, avec un 1er KMV qui commence dès le km5, par contre c'est hyper roulant. Sur les premières 1h30 de course, le parcours n'emprunte presque aucun sentier de terre et personnellement j'ai quand même trouvé ça long... Je me réjouis d'apercevoir les premières mottes mais déchante vite: c'est de la boue plus que terre et ça n'arrange pas mes affaires cette histoire (remember les citadelles). Jamais contents ces traileurs!! (et encore moins ces traileuses)

Je retrouve Cyril et Mathieu à Fanal (km13, 1500m+, 2h02). Ils nous feront une assistance olympique à Mélastique Rousset et moi sur toute la course. Mais à vrai dire il est encore tôt et j'enchaine sans m'arrêter ni même leur parler. Je suis dans ma bulle, viendez pas m'embêter! Enfin si, je ralentis juste le temps d'essuyer mes lunettes sur le buff de Cyril. Il m'aura quand même servi de mouchoir! :)

Le 2ème KMV de la soirée débute à Chao de Ribeira (km18, 1500m+, 2h45): 5km super raides pour 1200m+. C'est sûr, je la sens bien passer dans les mollets celle-là! La nuit suit son cours: Rosario (km37, 2900+, 5h45), Estanquinhos (km28, 2900+, 4h40), Encumeada (km45, 3500+, 6h47). Je retrouve à chaque ravito mes golden boys et, même si je ne leur dit pas un mot, ça me fait toujours plaisir de les voir. A moins que ce ne soit les patates douces qu'ils apportent avec eux!

A Encumeada, je m'assois quelques instants pour la première fois de la nuit. Ce n'est pas bon signe: 45km et je suis (déjà) fatiguée. Il faut dire que jusqu'ici le terrain est difficile avec beaucoup d'escaliers souvent tellement raides qu'à vrai dire il serait peut-être plus correct d'appeler ça un escalier! Egalement de nombreux km sur sols pavés, des sortes de lauzes magnifiquement agencées mais qui tapent les cuisses. Ca représente un travail de titan mais la casse de fibres est garantie, et en ce début d'année je n'y suis pas habituée. Moins de 7h de course et j'en ai déjà pleins les pattes. Je ne m'étais pas préparée à ce que cette première partie soit si cassante. Encore 70km, il va falloir tenir!

Avec Cyril au ravito d'Encumeada. Photo: Mathieu "de Mélanie"

Je repars sans frontale sous une belle lumière de soleil levant. Je reste estomaquée devant le spectacle: on est au dessus d'une mer de nuages dans un décor somptueux. Ah, on a du en rater de belles choses pendant la nuit! Je n'ai peut-être pas les jambes, mais en tout cas j'ai le sourire! (intérieurement du moins, faudrait pas déconner non plus)

Arrivée à Curral das Freiras (km60, 4500+, 9h25), c'est parti pour la montée de l'enfer, 1200m+ super hyper mega vachement raides avec un max d'escaliers en pierre qui achèvent -si ce n'était déjà fait- mes mollets. Et pour ne rien arranger, sous un soleil de plomb! Bon, vous l'aurez compris, c'est dur mais par contre qu'est ce que c'est beau!! On surplombe un cirque grandiose avec des rochers qui se déchirent au dessus de nous. Franchement, je n'ai jamais fait un parcours aussi somptueux! J'en ai encore les doigts de pieds qui se hérissent à écrire ces quelques mots! Cela me permet de garder le sourire à défaut d'avoir les jambes (on ne peut pas tout avoir me direz-vous). Je me hisse (c'est le mot vu comme c'est raide!) tant bien que mal jusque Pico Ruivo (km70, 5900m+, 11h55).


Orange, sourire et gambettes fatiguées, un bon résumé de la situation. Photo: organisation

La traversée qui suit est aussi grandiose qu'ereintante. Heureusement que le plaisir des yeux est au rendez-vous parce que côté jambes on n'est pas loin de la crise de nerfs! 4 passages de tunnel et de nombreux pas fatigués plus loin, je suis à Pico de Arreeiro (km76, 6300+, 13h). Je retrouve Mél qui repart presque quand j'arrive. J'ai besoin de faire une petite pause et donc je ne la suis pas. Un actifood, quelques gorgées de boisson reload et c'est reparti.

Quelques pas avec Cyril sous un ciel féérique. Photo: Mathieu "de Mélanie"

Je rejoins Mél un peu plus tard. On continue ensemble notre chemin jusque Ribeiro Frio (km86, 6500+, 14h30), puis Poiso (km90, 7000+, 15h40) et Portela (km98, 7000+, 16h26). Cyril et Mathieu sont à chaque fois là pour nous servir, une team assistant vraiment en or! On repart de Portela avec Luca Papy, la pipelette du trail qui nous en fait une démonstration sur les km suivant. C'est qu'il en a des choses à raconter le waarçon! ;)

Ravito express à Larano (km103, 7000+, 17h21) puis on rejoint un nouveau passage grandiose surplombant l'océan. Depuis Pico de Arreeiro, le parcours était moyen et ce passage magnifique nous donne à tous les 3 un coup de boost. A Ribeira Seca (km110, 7000+, 18h25), on ne s'arrête pas. Je continue de mener la troupe mais Mél et Luca décrochent un peu. Je finis donc seule, à un rythme correct pour une fin de course. Non pas que j'aie retrouvé de bonnes jambes mais j'ai juste envie d'en finir! Je franchis la ligne en 18h56, 4ème femme, 53/534 scratch (10%).

Enfin arrivée! Photo: Mathieu "de Mélanie"

Cette course fut magnifique mais qu'est ce que j'ai souffert! Le km et dénivelé n'est pas loin d'une TDS mais j'ai trouvé ça beaucoup, mais alors BEAUCOUP BEAUCOUP plus dur! Certes, en ce mois d'avril, je suis moins en forme qu'en fin d'été mais tous ces passages sur bitume/sentier aménagés m'ont fracassé les jambes. Et que dire des ces xxx marches d'escalier! Je n'étais pas prête à ça. Je pense qu'Alain et moi sommes un peu passés à côté de la prépa. Il me manquait beaucoup de D- et de séances d'escalier pour espérer faire une perf. Bon, ceci dit, côté classement féminin je suis à ma place puisqu'Emilie est à 1h et encore elle n'était pas dans un bon jour. Mais j'ai toujours été une élève studieuse qui aime rendre une copie propre et ce n'est pas la cas aujourd'hui. Je propose donc mon redoublement: à l'année prochaine cher MIUT! :)

Merci aux organisateurs pour ce magnifique parcours qui m'a donné des frissons autant qu'il m'a cassé les jambes! Merci à mon grand frère pour les écarts et à Jenny de supporter les lubies Blanchet. Un grand merci à Cyril et Mathieu pour l'assistance, vous avez été au top les gars! Merci à Mél et Luca pour les km sympa parcourus ensemble, ainsi qu'à tous les autres concurrents qui ont partagé quelques pas avec moi. Même à ceux qui m'ont doublée; profitez-en, je suis dans un bon jour! :) Enfin, un grand merci à mes partenaires qui me soutiennent: isostar, Raidlight, trailstore, Polar, BVsport, Stations de trail.

Les trois fantastiques (ou pas). Photo: Mathieu "de Mélanie"

Prochain épisode: la maxi-race le 28 mai, à moins que...


dimanche 10 avril 2016

Le défi de l'Olympe 2016 - 6h de chauffe-mollet

Dernier dossard avant Madère, j'ai rendez-vous aujourd'hui avec l'olympe, enfin le défi de l'Olympe. Le principe est simple: effectuer le plus de montées entre Méribel et les Allues en 6h de temps, seuls les temps de montée comptant et la descente se faisant par le téléphérique de l'olympe. Lazy traileurs! Le parcours en question, c'est un petit 4km pour 540m D+. Attention, chauffe-mollet!


Méribel, 10h du mat', on est 150 hamsters sur la ligne de départ. 300m de bitume pour se mettre en jambe (ou pas) puis on rejoint le sentier qui nous mènera jusqu'aux Allues. Rapidement un bouchon se forme mais j'en suis finalement plutôt contente car il me permet de reprendre mon souffle et par la même occasion mes esprits: je ne suis pas partie spécialement vite et pourtant les jambes me brûlent. Bon, on a du faire 1'30 sur les 6h... Le calcul est rapide: il va falloir lever le pieds si je veux tenir! En fait, ce n'est pas une surprise puisque depuis quelques jours, j'ai un gros coup de mou. Pas assez dormi sûrement, et peut-être aussi une lassitude due à la multiplication des dossards ces derniers mois: 4ème dossards en 9 semaines, ça commence à faire. Aujourd'hui, en plus de ne pas avoir de super jambes, je n'ai pas la niaque. Pas grave, je préfère préserver mon moral pour Madère. Le but aujourd'hui sera donc d'enchainer les montées sans m'arrêter, de ne pas regarder le chrono. Objectif: avancer, gérer, faire du D+.

Foulée aérienne! Photo: organisation

La montée s'avère très sympa: sur un single la plupart du temps, alternance de parties où il faut relancer, petites descentes, petits coups de cul, escalier de la mort, petit pont de bois, sauté de cours d'eau (de plus en plus laborieux au fil des tours!). Il est ludique ce parcours, il me plait le coquin!

500m de D+ avalées comme je le peux jusqu'aux premières maisons des Allues, synonyme de retour au bitume: 400m de route jusqu'à l'arche finale (enfin pour ce premier tour). Ca monte en pente douce, c'est plus que courable mais aujourd'hui, même sur ce premier tour, c'est laborieux. Puisqu'il faut bien s'occuper, je me lance le défi de courir ces 400m sur chacune de mes montées. Oh c'est loin d'être un exploit mais avec les forces du jour, croyez-moi, ce sera un chalenge!

Si, si, je cours (zoomez, il y a bien quelques mm sous mes pieds!). Photo: organisation


Je ne m'arrête pas au ravito puisque je porte tout ce qu'il me faut sur le dos et enchaine avec la descente en oeufs. 8' de descente pour récupérer, se ravitailler et échanger quelques mots avec les autre traileurs. Ce qui d'ailleurs est le côté sympa de cette course! Et hop, retour à Méribel et c'est reparti pour un tour.  La philosophie du hamster!

Les tours se suivent faute de s'enchainer. Je gère comme je peux mais je ne m'ennuie pas: décidément il est bien sympa ce parcours. Il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir: tiens, il est marrant cet arbre, tiens, un cailloux en forme de coeur, tiens une souris morte (véridique!!). Sur le 6ème tour, j'aperçois une féminine un peu plus haut. Elle a l'air d'accuser le coup alors qu'elle m'avait doublé en toute légèreté sur la première montée. Ca me reboost: objectif la doubler et enchainer avec une 7ème montée. Donc action: doublement réglementaire, 6ème montée, 7ème montée et derniers mètres de bitume que je cours tant bien que mal. Chalenge réussi! (bon on va pas chipoter pour quelques mètres hein! ;))

Je finis donc 3ème femme, 41/152 (27%) avec 7 montées en 4h42. Je suis loin derrière Mélanie Rousset et Marie Dohin qui se seront livré une belle bataille à distance! Bravo les filles! Des sensations mitigées pour moi aujourd'hui mais soyons optimistes, il y aura des jours meilleurs!

Et maintenant un peu de repos et "affûtage" comme on dit d'ici le premier objectif de la saison: Madère et ses 120km 7000+.

dimanche 27 mars 2016

Trail des Citadelles 2016 - Une édition "à sec"

Je saisis l'occasion du week-end de Pâques pour aller voir si l'herbe est plus verte en dehors des Alpes... ou la boue plus brune devrais-je plutôt dire. Au programme du dimanche, le trail des citadelles, un petit 70km 3500+ en Ariège (merci Maria pour la trace!)



La veille au soir, alors que je prépare mon sac, panique à bord: impossible de mettre la main sur mes flasks. Je fais et défais mes affaires mais le miracle n'aura pas lieu: les coquines sont restées à Grenoble. Pas de poche à eau non plus, pas de petite bouteille, donc je me résous à emporter un bidon isostar de 600mL pour satisfaire le règlement. La seule poche qui peut l'accueillir est la poche arrière. J'essaie le chargement en pyjama-frontale dans une ruelle (n'ayons pas peur de la honte). L'essai est moyennement concluant, ça tape dans mon dos mais je n'ai pas le choix, on fera avec.

Le lendemain matin, il bruine sur la ligne de départ. Je sors le coupe-vent ultralight -et aussi ultra-fluo- de Raidlight que j'apprécie pour ces conditions où la pluie n'est pas trop forte. Bon, je nage dedans car il n'existe qu'en modèle homme mais je ne suis pas là pour un défilé de mode. D'ailleurs Maria non plus apparemment: je la retrouve abritée sous la tente de départ, couverte d'un sac poubelle, ça c'est du coupe-vent technique! J'arrive pour la dernière phrase du briefing et entend l'organisateur dire "cette année ce sera une course au sec". Ca tombe bien, je n'ai pas pris de chaussures à crampon pour la boue.

Tous aux abris sur la ligne de départ! Moi en orange fluo au premier plan et Maria juste derrière en sac poubelle! Photo: Yvan Arnaud

La départ est donné, on rejoint presque immédiatement les premiers sentiers. Et avec eux les premiers passages de boue. Qui a dit que le terrain serait sec déjà? En fait je ne mets pas longtemps à comprendre que tout le sentier n'est qu'une immense mare de boue. Avec mes Leadville aux pieds, je galère carrément. Je glisse et re-glisse. C'est un problème de chaussures mais probablement aussi un problème d'appui. Ca fait longtemps que j'ai remarqué que je ne sais pas courir dans la neige comme dans la boue. Maria aussi patine et nous nous retrouvons à courir euh pardon glisser une quinzaine de km ensemble. Je tombe une fois, deux fois, trois fois. J'ai de la boue partout.

Je perds Maria peu avant le premier ravitaillement vers le km15. Il y a beaucoup de monde sous la tente et comme je n'aime pas ça, je ne m'arrête pas. Un peu plus loin, nouvelle glissade la tête la première. Je me relève avec de la boue et plusieurs feuilles mortes dans la bouche. Vive le trail en Ariège! Le festival de la boue continue et je suis de plus en plus hallucinée: le terrain était complètement sec la veille au soir encore et ce n'est qu'une petite bruine qui tombe depuis la nuit. Je n'ai jamais vu autant de boue créée par aussi peu de pluie! La Chartreuse est battue à plat de couture!

Juju cra-cra en action au lever du jour. Photo: Yvan Arnaud

Je continue mes glissades (nouvelle chute) jusqu'au 2ème ravitaillement, km30. Je n'ai rien bu depuis le début de la course, il serait peut-être temps de m'y mettre: verre d'eau, de coca, de jus de pomme, bol de soupe, orange, banane, le tout en moins d'une minute et ça repart. Le trail, c'est du sport aussi pour l'estomac!

J'attaque à un bon rythme la montée vers la citadelle de Montségur. Il me semble que la quantité de boue diminue un peu. Peu avant d'aborder les derniers 200m+, on est rejoint par le 20km qui vient de partir. Alors que j'étais presque seule jusque là, me voici dans un flot d'une dizaine de coureurs qui sont moins rapides mais surtout dans un autre état d'esprit que moi: nous sommes sur un single à double sens puisque c'est un aller-retour. Impossible de doubler mais cela n'empêche pas certains de s'arrêter pour prendre des photos... Je boue (jeu de mot!) intérieurement. Ce bouchon, c'est le seul bémol que j'aurai sur la course. Les prochaines années, il serait peut-être bon de décaler les départs du 20 et 70km (si les organisateurs passent par là!). Je perds du coup quelques minutes sur la montée-descente mais surtout pas mal de plaisir.


Fin de la descente de Montségur, un peu d'air! Photo: Brunilde Girardet

Je m'inquiète un peu de savoir si le 20km va continuer longtemps avec nous mais je me rassure rapidement lorsque je vois bifurquer. les deux parcours. Seule sur le 70km, ah ça va mieux! J'arrive au 3è ravito, km44. Même protocole: eau, coca, jus de pomme, soupe, orange, banane et ça repart!

Petite bosse, portion de plat où je me surprends à bien courir et surtout à aimer ça (oui, moi, le plat!). J'attaque la 2ème citadelle du jour, Roquefixade. Je monte bien, franchement plus les km passent plus je me sens bien. Le temps s'est levé, j'ai quitté la veste, la boue se fait plus rare, la vie est belle. La vue aussi d'ailleurs: depuis les crêtes, c'est une tuerie avec Roquefixade en premier plan et les Pyrénées enneigées derrière. Enfin c'est pas pour autant que je ralentis pour admirer la vue, faudrait pas déconner quand même!

Roquefixade et les Pyrénées enneigées en arrière plan. la plus belle vue de la course! Photo: Brunilde Girardet

Descente, 4ème et dernier ravito (km58) où je trouve qu'il y a bien du monde (on a rejoint le parcours des 40km) et donc je ne m'arrête pas. J'attaque la dernière gâterie du jour avec Vivien, breton et fier de l'être, drapeau accroché au porte-ceinture. On monte à un bon rythme ensemble mais je le perds peu à peu sur le dernier mur. Pas grave, je préfère aller à mon rythme. Je prends du plaisir sur les crêtes qui suivent, rocailleuses comme je les aime. Je cours bien et tout coureur qui entre dans mon champ de vision se doit d'être doublé. Copyright Lucie Jamsin! :) Bon, c'est sûrement presque que des coureurs du 40km mais peu importe, ça me motive. Dernière descente raide où je me fais plaisir et dernière ligne droite. Je suis contente de cette fin de course, je finis fraiche et c'est plutôt de bon augure pour les prochains ultras! Je franchis la ligne après 8h43, 2ème femme, 44/289 scratch (15%).


Grand sourire pour la dernière ligne droite, spéciale dédicace pour Isma! :) Photo: Brunilde Girardet.

"Ce qu'il faut retenir" comme dirait Maria, c'est qu'il ne faut JAMAIS croire que le parcours des citadelles puisse être sec. Une goutte d'eau ici, c'est 1L de boue. L'Ariège est magique! :) Cette édition ne fut donc pas une édition "au sec"... mais "à sec" ! Sans flask, j'ai du boire 1L à tout casser sur la course. C'est peu, trop peu pour près de 9h d'effort. Néanmoins en contrepartie je me suis plus alimentée que d'habitude et finalement je n'ai pas vraiment eu de coup de mou (malgré un bon mal de crâne à l'arrivée!). J'avais programmé ma polar V800 pour qu'elle sonne toutes les heures ("profil sportif" avec option "tour automatique" toutes les heures). C'est un excellent moyen de se rappeler qu'il est temps de s'alimenter sans avoir à rester le nez collé au chrono. Au total, j'ai mangé 6 pastilles de dextrose + 7 barres isostar, toutes différentes pour varier les gouts et les textures et éviter l'écoeurement.

Pour finir, merci aux organisateurs pour cette édition très sympa des citadelles "au sec" comme ils disent. Qu'est ce que ça doit donner les éditions humides!!! Merci également aux bénévoles, supporters et photographes, amateurs ou non, Brunilde et Yvan en tête! Enfin et comme toujours, un grand merci à mes partenaires qui me soutiennent: isostar,  Raidlight,  trailstore,  Polar,  BVsport,  Stations de trail.

Le prochain épisode au Défi de l'olympe: 6h de D+ pour faire chauffer les mollets!