dimanche 5 juillet 2015

Les pierres de la Pierr'

Lorsque j'entends parler pour la première fois de la Pierra Menta d'été, un simple coup d'oeil au parcours suffit à me convaincre: sauvage et engagé, il a tout pour me plaire ce trail! Et puis le concept est original puisque la course s'effectue sur trois jours et en duo: à la différence d'un relais, les deux équipiers (ou équipières en l'occurrence) doivent rester ensemble sur tout le parcours. Mon équipière est Mélanie Rousset avec qui j'ai sympathisé sur différents trails, dont récemment la diag et la maxi-race.

Etape 1: 



28km, pas de quoi m'impressionner outre mesure normalement, mais le D+ de 2550m est important pour cette distance. Une chose est sûre: nous n'aurons pas beaucoup de plat (ce qui n'est pas pour me déplaire). Nous sommes un peu moins de 200 équipes sur la ligne de départ de cette première étape. Le parcours commence en douceur par 2km roulant avant la 1ère ascension avec plus de 1000m+ jusque Roche Plane. Je comprends rapidement que je suis loin d'être au mieux de ma forme. J'ai l'impression d'avoir une barre de fer dans chaque cuisse et des parpaings à la place des pieds. Je souffle comme un boeuf, sue à grosses gouttes (certes il fait déjà chaud), tout ça pour avancer moins vite que lors d'un off. Je donne tout ce que je peux mais aujourd'hui je ne peux pas beaucoup! Mélanie m'encourage, me dit de boire, me propose à manger. Je me connais et je sens malheureusement que ce n'est pas un gel qui va me refaire une santé. La fatigue est plus profonde que ça. Dans les montées la différence entre nous est impressionnante: alors que je suis à la limite du rouge, Mélanie sautille comme un cabri, facile comme Emile. A un moment bucolique, je me dis même que pour s'occuper, elle devrait peut-être nous cueillir des fleurs!



Roche Plane puis le Mirantin, Grande journée: le parcours est magnifique et j'essaie d'en profiter quand même un peu. Certes, il faut aimer la caillasse et courir avec les mains!



Il y a une bonne ambiance avec à chaque sommet beaucoup de spectateurs pour nous encourager. Mélanie est une locale depuis quelques mois et nous montons au rythme (lent) des "allez Mélanie". Pointe de la Grande combe, dernier sommet du jour, puis descente finale sur Arêches. Nous finissons 5h08, 3ème équipe femme (à plus de 20' des 2ème...), 22/147 (15%) au scratch de cette 1ère étape. J'ai tout donné pour un résultat pas terrible. Bon, il va falloir récupérer pour la suite si je veux tenir. Heureusement que Mélanie me dégote un petit coin idyllique (une sorte de terrain vague) pour une sieste express qui s'apparente presque à un coma.

Etape 2: 



Une étape plus courte que la veille, 24km, mais qui s'annonce encore plus technique avec plusieurs passages de crêtes où longes et baudriers sont obligatoires. Au vu de ma prestation de la veille, on a décidé d'emporter l'élastique (en l'occurrence une suspente de parapente, merci p'tit lu) pour équilibrer les forces et fatiguer un peu Mélanie. Mélanie me dit "on le sortira que s'il y en a besoin, d'ailleurs si ça se trouve c'est toi qui va devoir me tirer", ça me fait sourire. D'ailleurs il ne nous faut pas longtemps pour nous apercevoir qu'il va nous être utile: 10' à peine après le départ, alors qu'on est encore sur une partie bitumée en pente douce, on accroche la trottinette à l'avion. Ca me donne un rythme régulier sur les parties roulantes et ça allège mon pas (lourd) sur les pentes plus raides.

Au départ de l'arête du Mont Rogneux commence un original trail ferrata: on se décroche l'une de l'autre pour se vacher à la longe posée pour l'occasion par l'orga. A partir de là ce sera plus d'1h de crêtes magnifiques où courir est impossible et doubler difficile mais où je ne cesse de me dire "putain c'est énorme ce qu'ils nous font faire", le tout avec un grand sourire (certes fatigué)!



La descente qui suit l'antécime du Grand Mont est d'anthologie. Il nous faut traverser plusieurs névés sur lesquels, vu la pente, rester debout est impossible et la glissade inévitable. Il faut bien gérer sa trajectoire pour éviter les rochers, se servant de ses pieds et mains comme gouvernail. Je m'en sors avec quelques brulures mais sans blessure, pas mécontente de voir la fin du dernier névé!

Dernière difficulté avec l'ascension du Grand Mont. On a remis l'élastique et ça tire devant! Quelle pêche ce p'tit bout d'femme!



Dernière crête, dernière longe, puis descente finale à travers les cailloux (pour changer). On a en ligne de mire la 2ème équipe féminine qui est juste quelques minutes devant. A ce moment on se dit que c'est peut-être jouable de les rattraper.


Le temps d'un court arrêt au stand pour remplir les flasks et les deux gazelles qui nous précèdent ont complètement disparu de nos radars. On fait une bonne descente mais sans jamais plus les revoir. On franchit la ligne en 4h29, 3ème femme (du mieux: à 4' des 2ème), 17/135 au scratch (13%).

Etape 3: 



La dernière et la plus courte des trois étapes, a priori la plus roulante aussi avec comme seule difficulté l'ascension de la Roche Pastire par un couloir que tous nous annoncent comme très (très très) raide. Lorsque le départ est donné je suis impressionnée par la vitesse à laquelle tout le monde démarre. Certes, je ne vais peut-être pas vite mais j'ai l'impression qu'il ont tous pris comme tactique "partir vite et accélérer"! Pour nous (moi) c'est plutôt partir comme je peux et essayer de gérer! On ne met pas longtemps à raccrocher l'élastique. Mélanie est surmotivée, elle tire autant qu'elle peut. Je suis déçue pour elle de ne pas pouvoir faire mieux mais je fais mon maximum avec les capacités du moment. En bas du couloir de la roche Pastire, je lève la tête pour voir le couloir qui nous attend: im-pre-ssio-nnant! Mélanie est en pleine forme. Pour plus d'efficacité, elle attrape l'élastique de la main gauche et tire avec le bras en même temps qu'elle avance. Effet garanti! Il m'arrive dans cette montée d'avoir les pieds qui touchent par terre mais pas souvent!


Montée vers la Roche Pastire, c'est raide! Photo: organisation

Au sommet il y a une ambiance du tonnerre et la vue que l'on découvre est magique avec le lac de Roselend en contrebas et le Mont Blanc en ligne de mire. Sur toutes les crêtes qui suivent je me dis que quand même cette course est formidable, tellement unique, tellement belle. Je suis presque déçue d'aborder la descente finale, j'aurais bien refais un petit tour de manège!



On arrive à se perdre à 20m de l'arrivée (!), petit retour en arrière, puis on franchit la ligne pour une dernière fois en 2h57, 3ème femme, 31/134 (23%, aïe). Ainsi s'achève notre 1ère Pierra Menta. Merci aux organisateurs de nous avoir fait vivre ça, c'est vraiment une course extraordinaire. Merci à Endurance Mag pour le beau cadeau (vous aviez raison de miser sur les girls!). Et un grand grand grand merci à Mel(astique) pour la bonne ambiance, les fous-rire et le remorquage du poids lourd! :)





samedi 30 mai 2015

Maxi-Race façon TTT

Nouveau RDV en ultra inconnu, destination la maxi-race,  85km pour 5300+, du côté d'Annecy.



Ce n'est pas l'objectif principal de ma saison mais c'est une grosse course et j'aime quand ça bagarre (mon frère confirmera). La motivation est là mais l'inquiétude aussi un peu car depuis une semaine je ressens un point douloureux à côté du talon d'achille droit. Je me persuade que c'est psychologique, que non, je ne suis pas blessée, que oui, je vais pouvoir la faire cette course. Je suis tellement dans le déni que je ne fais rien de la semaine pour essayer de régler le problème: ni glace, ni pomade. Rien, puisque je vous dis que je ne suis pas blessée!

Cette course est aussi l'occasion d'un rassemblement TTT. Nous sommes une quinzaine la veille au camping de Lathuile. A 19h30 je me dis intérieurement "bon demain levé 3h30 du mat, ce serait bien qu'on mange bientôt". A 20h Mich sort les cahouètes et le saucisson, Fabrice les bières belges. Ca ne sent pas bon cette histoire! Les bières s'enchainent, les tucs aussi. 21h passé quelqu'un (que je ne remercierai jamais assez!) a un éclair de génie "il faudrait peut-être qu'on lance les pâtes non"? A quoi Mich répond "oh non sans moi, plus faim, j'ai mangé trop de sauciflard"! Ah c'est beau la diététique sportive façon TTT! :) 21h30 les spaghettis sont prêtes, merci Fabrice et Aurel. 22h passé je lâche la meute avant la farandole de dessert. C'est pas tout mais ce serait bien que je dorme quelques heures quand même... Certes la nuit est plus courte que prévu mais l'avantage de tout ça c'est qu'entre tous les fous-rires je n'ai pas eu le temps de m'inquiéter pour la course du lendemain.

Samedi matin, réveillée à 3h30 du mat', les joies du trail. A 5h top départ. Partie devant, je trouve que ça part vite et me fais pas mal doublée, mais c'est une habitude. Ce qui est plus inquiétant c'est que la pointe douloureuse dans la cheville droite n'a bizarrement pas disparu en une nuit. Mais pire que ça, plus les km passent (pas vite), plus j'ai mal. Ca m'inquiète et je cogite beaucoup: c'est quoi cette blessure? Est-ce que ça va tourner en tendinite? Je me dis que je préfère ne pas finir la course plutôt qu'être éloignée 6 semaines des baskets. En même temps ça me ferait mal au c** d'abandonner si ce n'est rien. Bref, je me pose plus de questions que je n'avance. Arrivée au Semnoz, après 2h15 de course, j'ai déjà 12' de retard sur la tête de course féminine. Certes cette partie roulante n'est pas à mon avantage, mais quand même, l'écart est énorme! Pourtant je souris peu avant le sommet: on double les derniers concurrents des championnats du monde, deux koréens qui n'ont pas l'air d'avoir souvent marché en montagne (sans parler de courir). On leur a quand même pris 1h30 en 2h de course!

Je me rassure dans la descente vers St Eustache: passé les 1ers pas, je n'ai plus du tout mal à la cheville. Ouf, ce n'était rien, c'est passé (un cierge pour le dieu du trail). Je déchante peu après dans la montée vers le col de la cochette. La douleur reprend et de plus belle. Sur les crêtes du col, j'ai vraiment très mal à chaque pas. Je n'arrive plus à courir. Je me dis que ça ne peut pas durer. Cela ne fait que 30km et vu comme la douleur augmente je ne pourrai pas continuer 50km comme ça. Je sors le portable et annonce à Cyril que j'abandonnerai à Doussard. Premier abandon sur blessure. Cyril a l'air déçu pour moi. Mais dans la descente qui suit rebelote: je n'ai plus du tout mal. En fait cette douleur n'apparait qu'en montée et à moindre mesure sur le plat. En bas de la descente je ressors le portable "Allô Cyril bon écoute apporte quand même le ravito à Doussard, on ne sait jamais..." Je l'entends sourire à distance. La succession de bosses qui suit se passe relativement bien. J'ai mal mais la bonne nouvelle c'est que la douleur semble se stabiliser.

Arrivée à Doussart. Photo Fabrice Préau.


Alors que voilà Doussard, ma décision est prise: je vais serrer les dents et continuer. Je me rassure en me disant que les descentes passent sans douleur et que dans la suite du parcours, des descentes il y en a beaucoup (des montées aussi, certes, mais n'y pensons pas). Je m'approche de Cyril et des TTTboys pour la ravito perso. Mich me donne les écarts sur les filles qui me précèdent, m'encourage, me donne les écarts sur les filles qui me précèdent, m'encourage, bref, le moulin à parole est en marche. C'est sympa mais je suis toute déstabilisée: d'habitude Cyril sait qu'il ne faut pas me parler, juste remplir mes flasks et me laisser faire mes petites affaires: laisser les emballages vides, choisir mes barres pour la prochaine portion. Avec Mich qui me parle, je ne sais plus trop ce que je fais, je prends des barres, les repose, les reprends, les repose, au secours, je suis perdue! Je récupère même des emballages vides que je venais de laisser et manque de repartir avec une seule flask! J'ai deux neurones qui marchent et tous sont à l'écoute de Mich. Je finis quand même par repartir, heureusement avec assez de ravito jusqu'à la prochaine assistance.


A Doussart. Photo Fabrice Préau.

Jusque là, je suis assez déçue du parcours car nous n'avons eu presque que de la forêt et la forêt c'est vert, c'est marron et c'est monotone. En fait depuis le début, seul le Semnoz nous a offert une vue dégagée, certes très belle, mais trop courte. Avant la course, tout le monde m'a dit "à partir de Doussart, tu vas voir, ça va te plaire, c'est plus de la montagne". Je me réjouis donc de cette deuxième partie du parcours. Pourtant la forêt nous accueille encore jusqu'au col de la forclaz mais nous en sortons peu après (ouf!).

Col de la Forclaz. Photo Claude Eyraud.

Ce n'est qu'à partir du col de l'Aulp que cela devient effectivement assez alpin. C'est ma partie préférée de la course mais le bonheur n'aura duré que quelques km. La descente qui suit le  col Lancrenaz est plutôt difficile avec une multitude de pierres qui roulent sous les pieds mais dont je me sors plutôt bien. Suivent quelques bosses puis le deuxième point d'assistance, Menthon St Bernard où je retrouve Cyril et Fabrice. Celui-ci reste silencieux, il a du être briefé! Je fais mes petites emplettes et repars rapidement. Il ne reste plus qu'une bosse avant l'arrivée et je veux en finir surtout qu'on m'annonce avoir repris un peu de temps sur les filles devant.  La montée est longue et raide. Je suis les pas de deux coureurs droits sur leurs batons alors que je suis pliée en deux en appui sur mes genoux. La différence de taille est impressionnante. En fait j'ai presque le visage au niveau de leurs jolis culs musclés. Je savoure: c'est pour ces moments là aussi que je cours sans baton! :) (n'est ce pas Isma)

A peu près à mi-pente je double Carine. C'est la première fois depuis le départ que je double une fille hors championnat du monde. Du coup je suis un peu perdue et je l'encourage en anglais "go go go follow me" (mais pas trop quand même). J'arrive au mont Baron avec une belle vue sur le lac qu'en bon traileur proche de la nature je regarde à peine. J'entame la descente en heurtant mon gros orteil gauche sur un rocher, ça fait mal mais ça rééquilibre les forces: entre le tendon gauche et l'orteil droit, c'est maintenant les deux jambes qui boitent! Je limite la casse dans la descente avant de rejoindre le bitume adoré puis l'arche en plastique non moins adorée. Je souris intérieurement et extérieurement. Je n'aurais pas donné cher de ma peau en début de course. J'ai eu mal pendant toute la course mais on n'abat pas si facilement une isogirl. Finalement il suffisait de serrer les dent et d'avancer les pieds. Et non le contraire.




Je franchis la ligne en 11h03, 2ème femme, 41ème/1386 au scratch (3%). Je suis contente de la manière et du chrono. Un grand bravo à Mélanie qui finit 14' devant et avec qui je ferai équipe pour la prochaine étape (Pierra Manta d'été). Cette fois il faudra bien que tu m'attendes!

Pour finir un grand merci
- au TTT pour ce week-end vraiment très sympa, dans la bonne humeur et la simplicité.
- à Cyril pour l'assistance et tout le reste. Surtout le reste d'ailleurs.
- aux bénévoles dont le nombre m'a impressionné, et le sourire aussi. Bravo et merci à vous tous, la journée à du être longue!
- aux organisateurs pour leur joli cadeau de moon boots qui vient à point nommé pour mes prochains trails! ;)

Oh les belles oversize! Photo Michael Peyrin.

La suite à la Pierra Manta d'été avec la team moon boots!


dimanche 26 avril 2015

Les cailloux des balcons d'Azur

Je l'attendais, le voilà: enfin arrive le 1er ultra 2015. J'ai enchainé beaucoup de sorties longues ces 4 dernières semaines, depuis le week-end à Mirmande, dont rien moins que 10h le week-end précédent la course. C'est une idée d'Alain qui me coach cette année. C'est la 1ère fois que je fais tant d'heures si près d'un ultra mais je fais confiance au coach. Ce gros bloc d'entrainement s'est d'ailleurs bien passé, malgré une petite alerte au mollet droit mais rien de grave (petite élongation soignée après 4j d'arrêt).

Je suis contente de découvrir une nouvelle région, de nouveaux sentiers et de retrouver l'ultra. Contente aussi de passer la veille de course avec Rach et Samia à Antibes, même si j'aurai du coup zappé la sieste. Mais les copains d'abord! Couchée de bonne heure samedi soir, la nuit sous la tente est plutôt bonne. Le réveil à 3h30 l'est moins.. Pour ne pas réveiller Cyril, je prends le petit dej dans la voiture. Dans la camping tout est calme. Tu m'étonnes, on est dimanche et il est 4h du mat'! Je croise dans les sanitaires une campeuse, à moitié réveillée, qui doit se dire que je suis folle en me voyant débarquer en petit short, frontale et dossard à 4h du mat'. Elle n'a peut-être pas tort.

Départ donc à 5h du mat' depuis la plage de Mandelieu. Au programme, l'ultra trail des Balcons d'Azur, 80km et 3500+.




Je suis côte à côte avec Mayou sur la ligne de départ. Ce sera d'ailleurs le seul moment de la course où l'on est si proche, malgré tous mes efforts pour le rattraper plus tard. Mais c'est qu'il est corice le voisin!

Je prends un départ assez bon, c'est-à-dire prudent sans être trop lent. Quelques gars me doublent sur la première demi heure mais rien d'anormal. A un moment, j'entends des pas de félin derrière moi. Inutile de me retourner, je sais que c'est une féminine. Elle me passe peu après et je n'envisage même pas un instant de la suivre: toute cette première partie de course est roulante et nous n'avons pas la même vitesse. Je me dis que la route est encore longue et qu'on verra plus tard (en fait non, je ne la reverrai qu'à la remise des prix!).

La nuit se lève peu à peu et j'admire le paysage. La lumière particulière du sud et les sommets dépassant de la brume en contre-bas donnent une sensation très particulière. Arrive le 1er ravitaillement, col Notre Dame, où je prends un verre d'eau. Il faut dire qu'il n'y a que de l'eau... et des pains au chocolat! Véridique! Chapeaux aux coureurs qui auront osé!

La course continue et ça devient de moins en moins roulant. Moi qui pensais être peinard à courir le nez en l'air et admirer la vue sur la mer, il va falloir que je revois mes plans! Au 2ème ravito, à Aguay, je retrouve Cyril qui me fait l'assistance. Je lui dis que finalement ça va être plus chaud que prévu. Il n'y a pas que dans notre jardin qu'il y a des cailloux, l'Estérel se défend plutôt bien!

A partir de là j'entre en mode automatique. Se mettre dans sa bulle, couper les neurones et juste avancer les pieds, c'est la meilleure tactique sur ultra. Je coupe tellement le cerveau qu'en suivant un gars devant moi, je me retrouve juste derrière lui alors qu'il s'est arrêté net et semble chercher quelques chose devant lui. Etonnée, je lui demande si tout va bien, à quoi il me réponds "ben ouais je pisse là".... Ah OK en fait on n'est même plus sur le chemin... Moment de solitude. Je repars avec le sourire. C'est la première fois que je la fais celle là!

Arrive le 3ème ravito. Je m'apprête à remplir les gourdes alors que je vois Cyril qui me surprend à être là puisque je ne lui avais pas demandé. Cool, je remplis les gourdes et les poches avec mes produits préférés. Heureusement d'ailleurs car les ravitos me semblent particulièrement dépourvus. Enfin je vois quand même du paté en croûte. Après les pains au choc', les organisateurs n'ont décidément peur de rien! :)

Passage au pic cap roux avec une vue magnifique sur la mer. Ah ça change des Alpes! Nouveau passage au col Notre Dame où je retrouve Cyril. J'ai oublié de regarder s'il y avait toujours les pains au choc'! Dernier "gros" sommet (sommet des grosses grues, merci pour la poésie) où la vue à 360° est magnifique. Les méchants cailloux continuent de se mettre sur mon chemin mais bizarrement je me sens de mieux en mieux. Je m'étonne moi même d'avoir moins mal aux jambes maintenant que 4h plus tôt. Comme quoi l'ultra est plein de surprises.

Dernier ravito à Théoule sur mer (merci Cyril) avant d'aborder la dernière bosse. Ici se trouve le seul bémol de la course: une boucle de presque 2km qui nous fait revenir exactement au même point. Rien de particulier sur cette boucle. La vue est belle, très belle même, mais c'est guère différent de ce que l'on voit juste après. Je m'interroge toujours: quel est son intérêt? Est-ce pour les points UTMB? Enfin bref, je continue ma course et ma remontée au classement. Je me sens vraiment bien, je double de nombreux coureurs. Beaucoup sont en fait sur le 47km mais c'est toujours bon pour le moral. Je finis sur les chapeaux de roues. De mémoire, je n'ai jamais fini aussi bien un trail. Je finis en 9h40, 2ème F (18/152, 12% scratch). Bien contente de cet ultra: c'était une belle course, dans les deux sens du terme!

Petit short et grand sourire à l'arrivée.

Pour finir, une fois n'est pas coutume, je voudrais donner un carton jaune à celle qui finit 1ère F. J'apprendrai en effet quelques secondes avant la remise des prix qu'elle a couru les 30 derniers km avec un pacer sans dossard qui lui donna barres et boisson dès que nécessaire, donc en particulier en dehors des ravitos. Ce carton jaune va donc à l'athlète en question (qui pourtant n'est pas novice dans le trail, donc je suppose qu'elle connait le règlement) ainsi qu'à l'organisation qui n'a rien fait: personne ne les a arrêtés, aucun bénévole ne leur a rien dit alors qu'ils sont passés ainsi, sans se cacher, aux nombreux pointages. Je ne voudrais pas polémiquer là dessus, ni même paraitre pour un mauvaise perdante: elle avait déjà 20' d'avance quand elle a rejoint son pacer et à l'arrivée c'est 35' qui nous séparent. Honnêtement c'est énorme et sa victoire est incontestable. Je reconnais sans rougir qu'elle méritait la 1ère place. Seulement j'aurais préféré que cette victoire se fasse dans les règles, pour ne pas avoir besoin de me poser ces questions justement. Bref, passons, l'important ce n'est pas sa course mais ma course, et sur celle-ci j'ai des raisons de me réjouir! :)

Et maintenant, cap sur la maxi-race!


dimanche 29 mars 2015

Stage TTT à Mirmande

Ce week-end est l'occasion du premier stage TTT concocté avec amour et sueur par notre meilleur G.O., j'ai nommé Mayou. RDV donc samedi matin au camping de Mirmande pour un petit entrainement tous ensemble. Mayou propose de suivre les rubalises du trail de l'après-midi mais après 10' on s'arrête devant la difficulté à avancer même en marchant (pente raide+branches+racines+cailloux=on n'est pas des sangliers quand même). J'entends même "non c'est pas possible c'est pas un chemin ça doit être pour un inventaire forestier". On fait donc demi-tour vers des chemins plus praticables, de l'autre côté de la vallée, qui sont en fait les derniers km du trail. L'entrainement se termine dans la bonne humeur par des séries de PPG dont Mayou a le secret: en avant, en arrière, sans les pieds, sur les mains. Rien n'arrête le coach. Après l'entrainements on croise l'organisateur à qui on pose la question qu'on n'aurait décidément jamais dû poser "les rubalises là, dites-nous, c'est pour quoi?" "Ben c'est le balisage du trail". Ahhhhhh OK ça promet cette histoire!! Sortez les sangliers!

Après l'effort, le réconfort: séance pique-nique à 12 TTT dans le mobile-home vu le temps mitigé. Au moins on se tient chaud! Sieste pour certains, toursme express pour d'autres, puis il est temps d'accrocher le premier dossard du week-end. L'amuse bouche sera 12km 800m+.



Habituée des ultra, cette distance me fait peur: je sais qu'il va falloir courir vite, faire monter le coeur et tenir sans exploser. Et ce n'est pas mes points forts, loin s'en faut! Départ donc, traversée du camping, puis premiers sentiers de sanglier. Au moins la reco avortée du matin nous aura donné une idée de la bête! Après 2 bosses petites mais costaud, traversée du joli village de Mirmande. On m'annonce en tête, rien de grave, c'est qu'on est peu nombreuses! Je me dis qu'il va falloir tenir tout en en gardant sous la pédale pour demain.

Traversée de Mirmande avec Lionel àmes trousses

Les km suivant sont plus roulants, avant une dernière bosse les derniers 200m sont tellement raide que certains (je ne balancera personne!) feront des virages sur ce chemin tout droit. Ca c'est du dré dans l'pentu! Dernière descente que je connais puis nous l'avons prise le matin même, puis arrivée. Je finis dont 1ère F en 1h23 (27/186, 15% scratch) mais je sais très bien que sur un parcours comme ça une fille comme Elisa me mets 15' sur un seule jambe. Enfin bon peu importe, je suis quand même contente de ma course. Le cardio indique pas loin de 160 sur toutes les montées. Ce sont des puls de mamie néanmoins je sais qu'il y a quelques mois encore je ne les aurais pas tenues.

Mamie fait monter le coeur sur les 12km.
Pasta party au camping où on a du lutter pour avoir du rab' de pates. C'est qu'on mange nous les sportifs! Bonne nuit, puis nouveau dossard. Faudrait pas se refroidir. Au programme du jour donc, 47km.



Je suis assez confiante au départ. Malgré la course d'hier, j'ai l'impression d'avoir de bonnes jambes. Je décide donc de jouer ma chance: partir relativement vite pour ne pas être coincée sur les premiers sentiers étroits (c'est le même départ que la veille), surtout qu'on est assez nombreux au départ puisque le 27km part en même temps. La première bosse passe bien. Sur la 2ème je me dis "ouhla ça commence à brûler dans les cuisses cette histoire". Sur la 3ème "cocotte, arrête de faire la belle si tu veux finir il va falloir ralentir". Dont acte. 2 féminines me passent, pas mal de gars aussi. Je ne suis vraiment pas bien, je dois marcher là où tous les autres continuent à courir. Ce n'est jamais facile pour le moral mais je connais la chanson: "assure, t'inquiète pas, ça va revenir". Le parcours du jour est bien plus roulant que celui de la veille. Je prends moins de plaisir. C'est aussi sûrement parce que je suis moins bien. Finalement, bon an mal an ça va effectivement un peu mieux, ce qui me permet de redoubler sur la fin. C'est toujours ça. Voilà l'arrivée, pas mécontente d'en finir.


Arrivée sous le regard amoureux de Cyril (comment ça non????)
Je finis donc 3ème F en 5h38 (38/112, 34% scratch)... Ca a été dur aujourd'hui! Et ça se voit sur les puls qui sont de l'ordre de 20 puls plus faibles que la veille, malgré une relative stabilité (on se rassure comme on peut...).

Mamie est fatiguée.
Ainsi se termine ce premier stage TTT qui de l'avis de tous fut excellent. On s'est bien amusé, on a bien couru. Côté perf, mon manque de fraicheur sur le 2ème jour m'inquiète un peu à 4 semaines de mon premier ultra. Il va falloir faire du volume mais pas d'inquiétude, Alain veille au grain.

samedi 7 mars 2015

Le retour aux affaires

Plus de 4 mois que j'ai décroché les épingles de mon porte-dossard. Ca fait presque bizarre ce matin de refaire ces gestes dont j'ai pourtant l'habitude: accrocher le dossard en veillant à ce qu'il soit parfaitement horizontal sinon c'est prouvé, je ne ferai pas une bonne course (au moins). Préparer les flasks avec ma boisson préférée (hydrate & perform cranberry). Choisir mes barres (1 pulse et 1 protéin pour l'arrivée), gel (menthe), les mettre dans les poches de mon sac qui vont bien. Je suis contente de retrouver cette petite routine. Même si le levée à 5h20 du mat un samedi matin, bizarrement, ça ne m'avait pas manqué!

Au programme du jour: la Black Mountain Race, version 32km, au départ de St Amans-Soult.



Ce week-end est l'occasion d'un rassemblement isostar et c'est en délégation que nous arrivons. Les jaunes squattent la ligne de départ. C'est pour la photo car je sais pertinemment qu'il va vite falloir que je me range pour laisser passer les bolides et rejoindre les trotinettes.

Les poussins sur la ligne de départ

32km, c'est censé être court pour moi pourtant d'emblée je vois que je n'ai pas du tout les jambes et que ça va être long cette histoire! On commence par 800m de bitume avant de rejoindre la piste forestière. Le profil n'est pas compliqué, c'est grosso modo une longue montée jusqu'au pic de Nore, en pente douce et à 99% sur piste forestière, malgré quelques passages de sanglier. J'ai toutes les peines du monde à courir, même sur le plat. A un moment je me fais même la réflexion qu'après 100km sur la diag, je courrais sûrement plus vite! Bon d'accord, ce genre de profil très roulant n'est pas ce que je préfère, loin s'en faut, et j'avais prévu de faire cette course comme une sortie longue pour me préserver pour le Ventoux le week-end prochain. Donc ma vitesse (si on peut appeler ça comme ça) et mon classement, c'est plus ou moins ce que je pensais faire mais ce qui est plus inquiétant quand même c'est que pour en arriver là il faut que je me donne! Je suis surprise, et quelque peu déçue aussi, car j'ai enchainé de bons entrainements ces derniers temps (merci en passant à Alain de s'occuper de mon vaste chantier) et je pensais être bien plus en forme que ça. Enfin bref, il faudra faire avec, ou plutôt sans aujourd'hui.



23km de pistes forestières en pente douce et on sort de la fôrêt pour la plus belle partie de ce trail. Quelques km dans la neige pour nous rappeler que c'est encore l'hiver, malgré le temps printanier aujourd'hui, puis le sommet du jour. La vue du pic de Nore sur les Pyrénées est vraiment belle. Cette journée est magnifique, grand ciel bleu et pas une once de vent, ce qui est rare ici apparemment. Avec ma vitesse de mémé, l'avantage c'est que j'ai le temps d'en profiter!!

On attaque la descente qui sera la partie la plus technique ou du moins la moins roulante. La descente normalement c'est mon fort, pourtant sur les premières minutes je peine encore. Au fur et à mesure je retrouve le relâchement et un peu de vitesse. Je double pas mal de coureurs (une partie étant sur l'autre course, le 17km) mais je ne suis toujours pas facile. Je suis contente de voir l'arche, passée après 3h21, 5ème F, 49/264 scratch (19%).

Les sensations n'étaient pas au RDV aujourd'hui pourtant la gestion de course a été bonne. Pour la première fois j'ai porté un cardio sur une course et je suis contente de voir la régularité cardiaque. Le coeur est ok, maintenant il va juste falloir retrouver les jambes!

Autour de 88% FCM sur toute la course (pb de cardio les premières et dernières minutes)

Je comprendrai le lendemain ces jambes coupées: je fais une récidive+++ d'une infection urinaire traitées en début de semaine et dont je pensais avoir guéri. Comme dira le doc le lendemain, il faut parfois donner le temps à son corps de guérir complètement. Participer à cette course n'était a posteriori pas une bonne idée. Résultat des courses: un traitement assez lourd d'antibios et je ne participerai pas au Ventoux que je voyais pourtant comme la 1ère vraie course de reprise. Le prochain RDV sera donc le trail de Mirmande lors d'un rassemblent TTT.

Pour finir je voudrais tirer deux coups de chapeaux. Le premier à l'organisation du Black Mountain Trail dont c'était la première édition. Le déroulement aux petits oignons ferait probablement rougir bien d'autres courses. Un chiffre qui résume tout: 170 bénévoles pour 700 coureurs! Je ne connais pas bien les lieux mais sur le parcours tout de même, j'aurais bien vu quelques petits singles supplémentaires! Le deuxième coup de chapeau à l'équipe  des jaunes et noirs. J'ai passé un excellent week-end, un mélange parfait de sport, amitiés et décontraction. Merci à tous d'être aussi sympas, et vivement le prochain rassemblement! :)

Cherchez Charlie

jeudi 1 janvier 2015

Demandez le programme - 2015

Cette année, cap sur l'ultra avec au menu:

- 7 mars: Black Mountain Trail 32km 1400+ → 5ème F (19% scratch) [récit]
- 28 mars: Trail de Mirmande 12km 800+ → 1ère F (15% scratch) [récit]
- 29 mars: Trail de Mirmande 47km 2000+ → 3ème F (34% scratch) [récit]
- 26 avril: Ultra Trail des Balcons d'Azur 80km 3500+ → 2ème F (12% scratch) [récit]
- 30 mai: Maxi-Race 86km 4500+ → 2ème F (3% scratch) [récit]
- 3-4-5 juillet: Pierra Manta d'été 68km 6800+ → 3ème duo F (15% scratch) [récit]
- 18 juillet: Ultra Sky Race 90km 5800+ → 1ère F (8% scratch) [récit]
- 27 août: TDS 120km 7200+ → 3ème F (2% scratch) [récit]
- 9 octobre 100 Miles Sud de France 160km 8000+ → 1ère F (2% scratch) [récit]

Le grand objectif de la saison sera la TDS. Une course que j'ai déjà faite en 2012 sur un parcours légèrement différent mais surtout sous des trombes d'eau. De mes 19h de course, je n'ai rien vu d'autre que mes baskets (mouillées). Et comme cette année il fera beau (!!), je remets le couvert. Agnès est priée de ne pas implorer la pluie!! :)

La suite du programme est encore incertaine. Mais si la forme est là il y aura peut-être un autre ultra.

A bientôt sur les sentiers!


jeudi 23 octobre 2014

Folle diagonale!

Prédiagonale: Vendredi 17 octobre, alors que je pose pour la 1ère fois les pieds sur le sol réunionnais (avec certes 2h de retard), je sais que je ne peux plus reculer: je prendrai dans 6 jours le départ de la diagonale des fous qui est mon Objectif (avec un grand "O") de la saison 2014. Quelques jours plus tôt j'apprenais que suite à l'effondrement du taïbit, la parcours initial (à voir ici) serait modifié, et de ce fait rallongé, pour donner cette douce folie: environ 175km et 10 000 de D+. Je me dis qu'il faut être fou pour signer pour ça et encore plus timbré pour le finir.


Une petite rando au Maido est l'occasion pour moi de faire la douloureuse expérience du climat tropical. Verdict: humidité + chaleur = pieds gonflés = ampoules en moins d'1h de marche (j'ai toujours été bonne en maths). Je portais pourtant les chaussures que je pensais initialement mettre pour le Grand Raid... Par chance Cyril, qui me rejoint le matin du départ, pourra m'apporter des chaussures moins rigides (en l'occurrence des NB Leadville). Il me reste à croiser les doigts (de pieds) pour que ces chaussures, que je ne peux tester, conviennent...

Bizarrement je suis beaucoup moins anxieuse pour le GRR que pour l'UTMB l'an dernier. Je sais que ce sera plus dur plus long mais je sais aussi que je peux le faire. J'ai fait une bonne saison, normalement je suis prête. Et puis cette année (une fois n'est pas coutume), je bénéficierai de l'assistance de toute ma famille: Cyril bien sûr, le plus expérimenté d'entre tous; mon frère, ma belle-soeur et ma petite nièce, qui ont déjà oeuvré sur le GRP; et les petits nouveaux, mes parents et mon grand cousin Azzedine. Avec ce team d'assistants aux petits soins, je ne peux qu'être finisher!

Saint Pierre, départ: Arrivée sur place avant 21h (pour un départ à 22h30), je fais l'expérience d'un grand capharnaüm: des coureurs et des barrières partout, et personne, même les bénévoles, ne semble vraiment savoir où aller pour rejoindre le départ. Je trouve finalement la queue pour accéder au contrôle des sacs et échappe à celle pour les sacs de délestage. D'autres feront jusqu'à 1h de queue; pas les meilleures dispositions pour le départ d'un 175km.

Le peloton jaune fluo dans l'attente du départ (c) IPR.


Je rejoins l'espace des heureux bénéficiaires d'un dossard élite. Je ne connais pas grand monde et me sens toute petite au milieu de ces coureurs que je vois d'habitude dans les magazines. Sur la ligne de départ, la pression monte, en partie grâce au speaker qui fait monter l'ambiance. 5-4-3-2-1-0 c'est parti!

Top départ! (c) IPR

175km nous attendent, c'est long, et pourtant ça part vite (pour moi du moins). Les 8 premiers km sont du bitume presque plats où les routards peuvent envoyer. La vitesse n'est pas mon fort, j'essaie de ne pas me laisser entrainer en partant en sur-régime mais en même temps je sais bien qu'il ne faut pas s'endormir au départ pour éviter les bouchons aux premiers sentiers. L'ambiance sur ces premiers km est juste incroyable: une file interrompue de spectateurs qui hurlent! J'en avais entendu parler mais le vivre c'est encore autre chose! Je me fais doubler par de nombreux coureurs sur ces 1ers km. Je me dis que c'est normal, surtout ne pas paniquer, rester dans ma bulle et garder mon rythme. Aude Diet du TTT me rejoint, on échange quelques mots ("t'as vu cette ambiance c'est fooooooou") puis elle prend la poudre d'escampette. Il est clair que nous n'avons pas la même vitesse (heureusement pour elle). Je ne la connais pas bien et n'ose pas lui dire mais j'espère juste qu'elle ne part pas trop vite, la route est encore longue, très longue.

Domaine Vidot, km14, 1h32, 270ème scratch: 1er ravito, je ne m'arrête pas. Pour l'instant je ne prends pas beaucoup de plaisir, nous avons eu presque que de la route (euh je croyais que c'était un trail?) et le peloton est encore très dense, j'attends avec impatience que cela s'étire. Voilà qu'enfin les premiers sentiers arrivent. Et avec eux les premiers bouchons. Force est de constater que des coureurs qui étaient bien plus à l'aise que moi sur le bitume sont en difficultés dès qu'on en sort et que la pente s'élève. Me voilà bloquée (comme bien d'autres) derrière des coureurs qui n'avancent plus. J'enrage un peu mais je me rassure en me disant que c'est peut-être un mal pour un bien: l'occasion de reprendre son souffle et de faire redescendre le coeur après ce départ rapide (toute proportion gardée).

Forêt Mont Vert, km24, 3h17, 169ème scratch: c'est ici que je dois avoir mon 1er point d'assistance par Azzedine et Cyril. Pourtant j'arrive au ravito et aucune trace de mes compères. Je regarde l'heure: c'est vrai que j'ai plus d'1h d'avance sur mon planning (de 35h)... Il faut croire que le départ était bien plus roulant que ce à quoi je m'attendais! Pas de panique, je me sers au ravito de l'organisation: mélange eau-coca pour remplacer la boisson énergétique absente au ravito, quelques bouts de sandwich pain de mie-jambon (pas terrible) et c'est reparti. 3km de bitume puis on rejoint enfin un sentier qui ressemble à du trail. Je vois que mes jambes sont bonnes. C'est de bonne augure mais surtout ne pas s'emballer! D'autant plus que la brume arrive, avec elle le froid, la pluie et le vent. Je mets ma veste. J'ai déjà fait l'erreur de ne pas assez me couvrir à la TDS 2013 et j'ai retenu la leçon. Je double Julia Bottger qui claque des dents en courant. Cela me rappelle Agnès et moi sur la TDS, rôles inversés.

Piton Textor, km40, 5h42, 95ème scratch: voilà le 1er sommet du jour (2150m). Je ne m'arrête pas au ravito et entame la descente à bonne vitesse. Trop peut-être car les rochers sont mouillés et sur un mauvais appui je glisse et tombe de tout mon poids le genou gauche en avant sur un rocher pointu. Un cri m'échappe, j'ai très mal. Ah non p##### je ne peux pas me blesser maintenant alors que je n'ai encore rien fait! Je continue en boitant, surtout repartir, ne pas se refroidir. Le genou me lance mais je me répète que ce n'est sûrement qu'un bleu et qu'on n'arrête pas pour un bleu! Non mais! Je retente de trottiner, voilà j'y arrive, c'est pas encore la belle foulée (l'est-ce jamais?) mais j'avance. Au fur et à mesure je m'habitue à la douleur et commence à l'oublier.

Mare à Boue, km50, 6h57, 79ème scratch: il commence à pleuvoir fort et surtout le vent souffle. J'ai froid. Euh on n'était pas censé être sous les tropiques? Je ne vois rien avec mes lunettes et c'est guère mieux sans. J'avance au radar mais heureusement, pas de difficulté, on est (encore) sur une partie goudronnée. 3km de bitume donc, puis voilà le ravito. Cette fois Azzedine est là, sous la pluie, à m'attendre. Il me dit que Cyril est plus loin; j'apprendrai plus tard qu'en fait, glacés par la pluie, ils se relayaient depuis 45' pour m'attendre, l'un au ravito, l'autre allant courir pour se réchauffer! Désolée les gars de vous avoir fait ça... Pour la petite histoire, trempés jusqu'aux os, ils devront ensuite aller se racheter des vêtements au décath le plus proche! Ravito express, changement de lunettes, le tout partiellement sous la pluie (les tentes de ravito sont interdites à l'assistance). J'ai les dents qui claquent et repars en croisant les doigts (bleus) pour que les conditions s'améliorent d'ici Cilaos, prochain point d'assistance où je retrouverai mes parents. J'atteins le coteau kerveguen, 2ème sommet du jour (2206m), avant de redescendre en direction de Cilaos. Dans la descente je rattrape "Stu" un anglais globe-traileur qui semble avoir roulé son camelback sur les trails du monde entier. On parle de trail (en anglais), ça fait du bien de parler après 7h d'abstinence. On a retrouvé le soleil et par la même occasion le sourire.

Avec Stu à Cilaos (photo: Francis Blanchet)

Cilaos, km65, 9h59, 63ème scratch: Mes parents, Lydie, Mirella et Menza m'attendent pour l'assistance. Mon père manque de ne pas me reconnaitre et ma mère sautille de joie en me voyant "ohlala ma fille". Tout ce qu'il y a de plus normal. Sauf que ça me fait tout drôle de les voir là, c'est la 1ère fois qu'ils viennent me voir sur un trail. Et je ne leur ai pas donné le point d'assistance le plus facile: la bagatelle de 2h de route, tout ça pour me voir 2' comme se moquera ma mère plus tard ("ben oui mman figure toi que je fais une compet là"...). Ce qui m'attend ensuite, après de nouveau 4km de bitume, est une des grosses difficultés de la journée: la montée au refuge de la caverne Dufour, un peu plus de 1300m D+. La montée est raide et longue. Le genou sur lequel je suis tombée quelques heures plus tôt recommence à me faire souffrir. Je redoute un moment la tendinite mais je finis par me convaincre que ce n'est qu'un choc. Passé le sommet (2480m), j'entame la longue descente (1800m D-) vers le gite de Belouve. J'ai moins mal en descente et (erreur peut-être) je commence à envoyer. Je double plusieurs coureurs dont Manu Lang, qui m'emboite le pas. On commence à discuter, c'est un raideur-orienteur très expérimenté. Il était bien parti sur le grand raid mais a quelque peu explosé dans la montée vers la caverne Dufour. On parle un peu, de trail, de raid et de nos vies. Manu semble content d'avoir quelqu'un pour lui donner du rythme dans la descente et j'apprécie moi-même sa compagnie. Cette descente est technique et usante: d'abord des cailloux mouillés où les appuis tiennent mal, puis une flopée de grosses marches, enfin des racines et troncs d'arbres à enjamber dans la forêt de Bélouve. On aura tout eu!

A l'arrivée à Hell Bourg (photo: Jenny Stephenson)

Hell Bourg, km87, 14h31, 48ème scratch: je suis contente de retrouver mes assistants pour une pause salutaire. Mon équipe est impressionnante: Adrien mon frère, Jenny ma belle-soeur et Sophie ma nièce préférée (certes la seule), arrivés tout fraichement de métropole, ont rejoint Cyril et Azzedine. Cette petite pause est d'autant plus appréciable que la descente infernale m'a cassé les jambes. Les cuisses commencent à chauffer et le genou gauche me fait mal à chaque pas. Il reste la bagatelle de 90km, bon ben il va falloir tenir... Cyril m'annonce que ma frontale n'a pas apprécié l'humidité de Mare à Boue et que je vais devoir en prendre une autre, plus lourde et pas régulée, avec laquelle je ne cours jamais. Mince alors!

Ravitaillement express sous les yeux de ma petite nièce (photo: Jenny Stephenson)
Je repars pile au moment où Manu sort du ravito. On continue donc notre bonhomme de chemin ensemble jusque la plaine des Merles. Manu me dit qu'on a un bon rythme, pourtant je sens bien que les choses sérieuses commencent: les cuisses qui chauffent et ce foutu genou qui me tiraille.

Plaine des Merles, km101, 17h29, 46ème scratch: je retrouve pour mon plus grand plaisir mon équipe en or, sauf Cyril parti retrouver mon père pour le prochain point au Maido. Je ne reste que quelques minutes, et c'est reparti direction le col des fourches puis le cirque de Mafate, le plus sauvage d'entre tous. Je suis toujours avec Manu.


A la plaine des Merles (photo: Jenny Stephenson)
Roche Plate, km 114, 20h47, 35ème scratch: La traversée du cirque de Mafate est superbe. Nous sommes sous un grand ciel bleu, c'est sauvage et grandiose. Ah cette lumière de fin de journée sur les parois vertes du cirque! Le coucher de soleil dans Mafate restera mon plus beau souvenir. Pourtant le tracé n'est pas facile et ces bosses pour rejoindre Roche Plate bien casse-pattes. Nous avons rejoint plusieurs coureurs et sommes une petite dizaine dans un mouchoir de poche à Roche Plate, aux pieds de la montée vers le Maido. La nuit est tombée, je sors la frontale, allume la musique (comme à mon habitude chaque nuit). Je suis parée pour affronter les 1000m D+. J'adopte un rythme de tortue mais de tortue régulière et, bon an mal an, Manu et moi gagnons de l'altitude. C'est maman tortue et papa tortue à l'assaut du Maido! La montée est dure, surtout après 22h d'effort. Je m'arrête plusieurs fois mais j'en viens finalement à bout. Manu m'annonce qu'il arrête malheureusement l'aventure ici. Fatigué, il ne se sent pas de finir sans hypothéquer le reste de son séjour en famille. Ciao l'ami et merci pour ce bout de chemin ensemble!

Maido, km121, 22h56, 34ème scratch: je retrouve mon père et Cyril. Ils m'apprennent que Uxue Fraile, qui est 2ème féminine, vient juste de partir et semblait ne pas être au meilleur de sa forme. Je suis surprise car aux dernières nouvelles, à la plaine des Merles elle avait 35' d'avance et je ne pense pas avoir fait une course exceptionnelle entre temps. Quoi qu'il en soit, la route est encore longue et je décide de faire une pause "comme si de rien n'était". Je repars avec la nouvelle frontale achetée par Cyril entre temps (3ème frontale de la journée, record battu!). Et avec la ferme intention d'essayer de rattraper Uxue d'ici Sans Soucis. C'est parti mon kiki.

Au ravito du Maido avec Cyril (photo: Francis Blanchet)

La descente est longue (1800m-), je cours bien et inévitablement, je rejoins Uxue dont la foulée me semble bien difficile à ce moment là. Je la double en marmonnant des "allez allez courage".  Pas très original mais je ne sais jamais trop quoi dire dans ces cas là!

Sans Souci, km133, 25h11, 29ème scratch: je n'ai pas prévu d'assistance ici et je m'arrête à peine, juste le temps d'avaler quelques morceaux de leurs crêpes légendaires! Ce que je ne sais pas c'est que mon frère Adrien a voulu me faire la surprise de me ravitailler ici. Mais surprise Blanchet = surprise ratée: arrivé en avance, il s'est perdu en remontant la course et je passe finalement sans le voir.

La suite du parcours jusque la possession n'est pas des plus glamour. La traversée de la rivière des galets me semble interminable et peu intéressante. La montée suivante est limite une blague, sans autre but que d'ajouter des km et du D+ (qui pourtant ne manquent pas). La descente au milieu d'une forêt dense, sans chemin ou presque, est d'anthologie: je peine à trouver le chemin mal indiqué, je suis seule dans cette forêt austère et sombre, je me sens toute petite. Pour la première fois, j'ai un petit coup de panique. Je serais tellement contente que quelqu'un me rattrape, juste pas Uxue siouplé! Sur le chemin Ratineau qui suit, je retrouve mon canard boiteux Laurent Brochard. On a tous les deux du mal à courir mais sur les rares parties peu techniques: lui pour cause de genou douloureux, moi pour cause d'échauffements de la voute plantaire. Les cuisses commencent à être bien dures, sans parler de ce genou gauche douloureux depuis 20h. Autre difficulté, depuis le début de la nuit j'ai une terrible envie de dormir. Je mange régulièrement des pastilles à la menthe pour me réveiller et dois me forcer à garder les yeux ouverts. Ohlala ça va être long cette histoire! Pour ajouter de la galère à cette galère, voilà que ma nouvelle lampe me lâche subitement. Décidément, c'est pas mon jour avec les frontales! Pourtant je suis partie avec des piles neuves au Maido, 5h plus tôt, c'est bizarre cette histoire. En fait je comprendrai plus tard qu'une des trois piles a été mal enclenchée et que la lampe ne fonctionne depuis le début sur deux piles seulement, maintenant vidées! Je vois tellement mal que je décide finalement de replacer cette lampe par ma lampe de secours qui doit éclairer autant qu'un briquet...

Possession école, km152, 29h37, 29ème scratch: Entre mes douleurs plantaires et mes soucis d'éclairage, je n'ai jamais été aussi contente de retrouver un point d'assistance! Je (re-re-) change donc de frontale pour le modèle lourd que j'avais dans Mafate (ma lampe officielle ne s'étant toujours pas remise de Mare à Boue). Verdict des pieds: mouillés depuis Mare à Boue il y a plus de 20h, ils sont tout crevassés maintenant. Erreur de débutante, j'aurais du me changer avant! Somme toute je ne m'en sors finalement pas si mal puisque je n'ai aucune ampoule. Je me nok, change de chaussettes et chaussures, et repars. Mes pieds sont moins douloureux. A la sortie du ravito, un bénévole me dit "c'est pas dur c'est tout droit". C'est ainsi que je me retrouve à trottiner sur la route le long de la 4 voies. Moment bucolique... Et moment de doute également: je ne vois aucun balisage pendant 1km, suis-je sur la bonne route? Il est 4h du mat, il n'y a personne à qui demander et aucun coureur derrière moi. Subitement, est-ce une hallucination?, je vois un vendeur de samossa (oui, à 4h du mat...) sur le bord de la route qui me confirme que je ne me suis pas perdue. Ouf! Effectivement, je retrouve peu après le chemin des anglais dont j'ai entendu, à raison, le plus grand mal! Suit 1h30 de marche où je pose mes pieds comme je peux et surtout où je peux dans un capharnaüm de blocs de pierre. C'est exténuant! Merci, vraiment merci les english! Et le pire dans l'histoire c'est que, comme me l'apprend un coureur qui me dépasse, Uxue est maintenant juste derrière moi! Je pensais pourtant avoir de l'avance (effectivement 13' au chemin Ratineau) mais je comprendrai plus tard qu'elle a comblé partiellement son retard en ne s'arrêtant pas aux deux derniers ravitos.

Grande Chaloupe, km159, 31h13, 28ème scratch: Je sors enfin de ce calvaire anglais. Au ravito j'annonce à mes assistants que je ne m'arrêterai pas car Uxue est juste derrière. Cyril semble un peu inquiet que je ne mange rien (mauvais souvenirs de l'UTMB) mais je sais ce que je fais, j'ai encore de la boisson et de quoi me ravitailler. Juste le temps d'enfiler le débardeur obligatoire de l'organisation pour cette fin de course et je repars. Un peu plus loin, sur le chemin des anglais (version soft par rapport à tout à l'heure), je jardine quelques minutes à une intersection douteuse où je ne vois aucune rubalise. La montée est longue, je regarde régulièrement derrière mais ne vois pas Uxue, ni aucun autre coureur d'ailleurs. Après 350m D+, on rejoint une route (ça faisait longtemps), puis de nouveau un sentier. Là, je ne sais pas trop ce qu'il se passe, perte de concentration ou mauvais balisage (ou les deux), toujours est-il que je me perds et y laisse encore quelques minutes supplémentaires. Il faut dire que mentalement je suis exténuée, même si physiquement ça ne va pas si mal: mes yeux se ferment et je m'endors plusieurs fois en courant! Alors que je récupère le bon chemin, je vois arriver Uxue à mon niveau. On est coude à coude sur cette fin de montée. Arrivées en haut, on perd toutes les deux notre lucidité car nous voilà parties en sprint! C'est complètement ridicule puisqu'il reste presque 1h de descente mais à ce moment là nous sommes toutes les deux incapables de réfléchir! Je prends un peu l'ascendant sur Uxue au début de la descente que j'aborde comme une voiture de F1 (crevée). Mais je suis mentalement trop fatiguée, je m'endors plusieurs fois en courant et ce qui devait arriver arriva: à quelques centaines de mètres de la fin du sentier, Uxue me rattrape de nouveau. Ah non alors, elle ne va pas me doubler maintenant cette satanée basque!! ;) J'accélère alors qu'on rejoint la route et prends de nouveau de l'avance. J'entre en tête dans le stade de la Redoute, vois Cyril et Adrien à l'entrée, tout contents pour moi. Je ralentis sûrement pour leur parler et faire signe à ma famille. Je souris, suis heureuse, jusqu'à ce que j'entende mon frère me hurler "sprint Juliette sprint"! Uxue m'a de nouveau rejoint! C'est un cauchemar, ça ne s'arrêtera donc jamais? Je jette mes dernières forces dans le sprint du désespoir. Je ne sens plus aucune douleur, j'ai l'impression de voler, je dois faire au moins du 12km/h! ;) Je franchis la ligne en tête, ouf 2ème femme!


Arrivée au sprint (photo: Francis Blanchet)

Uxue arrive 8' plus tard. Sur 34h de course, cet écart est ridicule! Quel final quelle bataille jusqu'aux derniers mètres!

Avec Uxue à l'arrivée (photo: Francis Blanchet)

Au final je termine donc la course en 34h17, 30ème scratch sur 1147 finishers (3%), 2ème féminine. Cette performance était inespérée. Je pensais le top10 féminin réalisable, je rêvais d'un top 5 et me voilà 2ème! Ceci étant dit, je suis consciente d'être passée tout près de la 3ème place et très loin de la 1ère: je n'aurai jamais vu Nathalie Mauclair qui finit avec presque 3h d'avance sur moi! C'est juste un autre monde. Il y a les extraterrestres et les terrestres derrière. Je suis fière d'être 1ère terrestre! ;)

Postdiagonale: la remise des médailles le lendemain est un moment très fort avec beaucoup d'émotions. Je suis fière d'être sur le podium avec de si grands champions et championnes.

Podium scratch du grand raid (photo: Thimothee Nallet)
Ce que l'histoire ne dit pas c'est que je finirai cette soirée mémorable aux urgence de St Paul! En effet depuis l'arrivée l'état du genou gauche sur lequel j'ai chuté en début de course a empiré. A la remise des prix déjà je ne peux plus plier le genou d'un iota! Finalement plus de peur que de mal: ce n'est qu'un gros bleu interne. Qui me faudra tout de même une belle attelle pendant 3 jours!

Remerciements: Chaleureusement, sincèrement, du fond du coeur je souhaiterais remercier tous ceux qui ont fait que cette diagonale soit une réussite:
- mon "staff" de luxe d'abord: Cyril, Adrien, Jenny, Sophie, mes parents, Azzedine, Lydie, Mirella et Menza. Vous êtes pour beaucoup dans ma motivation pour finir, et bien finir, ce grand raid.

Et voici le staff Blanchet (photos: Blanchet)
- Denis Fritsch pour m'avoir fait souffrir à distance deux fois par semaine sur les berges de l'Isère! J'étais prête pour ce grand raid et ça s'est vu!
- Ma famille, mes amis, mes collègues qui m'ont suivie et encouragée à distance le long de ces interminables 34h. Avec une mention spéciale à Patrick "de l'étage d'en dessous" pour les SMS de suivi live!
- Isostar pour son soutien et son team trail pour tous les excellents moments partagés, les fous rires, les délires de Pascal, les entrainements commando de Régis et le soutien indéfectible de ses trailmanagers, Manu et Guillaume.
- Les membres du TTT (son prez François en tête) pour le suivi live depuis Millau et ailleurs, et tous les moments de convivialité partagés.

Ainsi s'achève ma saison 2014. Merci à tous et à l'année prochain sur les sentiers!