dimanche 12 février 2017

Gruissan Phoebus Trail 2017 - en mode TTTette

Avec ses 50 "petits" km pour 1000 "petits" m D+, ce Gruissan Phoebus Trail n'est sur le papier pas spécialement fait pour me plaire. Et pourtant me voilà avec un dossard pour la deuxième année d'affilée. Comme quoi je suis pleine de surprise! Mais il faut dire que l'an dernier, contre toute attente, je m'étais bien amusée sur ce parcours joueur tout en relance. Et puis c'est l'occas de participer avec mon club le TTT à un manche du championnat FFA de TTN long (vive les acronymes!) sur lequel on a sûrement une carte à jouer. Bref,  je suis sur la ligne de départ.



Mayou, le prez, Tomtom, Nono et ma pomme, voilà la folle équipe du TTT. Le prez nous briefe avant le départ: le mot d'ordre du jour, c'est tout donner jusqu'au bout car ce qui importe pour le classement équipe TTN c'est le chrono, pas le classement. Message reçu chef, on n'est pas là pour vendre des cravates! Yapluka!

TTT for ever! Photo: François Giraud

Il y a du beau monde sur la ligne de départ, manche TTN oblige. Le départ est donné, ça part vite mais j'essaie d'entrer tout de suite dans la rythme. Ce n'est pas dans mes habitudes, il n'y a que le TTT pour me faire oser ça!

Départ rythmé pour les gambettes. Photo: Afum team

On rejoint rapidement les premiers sentiers et les premières pierres qui vont avec. Je passe le premier mur en marchant. C'est ça qui est bon dans le trail! Mince, il faut relancer juste après. C'est ça qui est dur dans le trail! 20' après le départ, je commence à m'inquiéter d'avoir déjà les jambes raides. Je n'ai sûrement pas fait assez de jus pour cette course (fin de prépa Transgrancanaria oblige) mais surtout les gambettes n'ont pas apprécié le départ plus rapide (enfin moins lent) qu'à l'accoutumé: je frôle les 13km/h (en descente) à la montre, ohohoho! Des coureurs commencent à me doubler, dont Cécile et Olivier qui me passent en m'encourageant. Je n'essaie pas de les suivre. Si je veux finir il faut que je retrouve mon rythme planplan poufpouf de croisière pour me refaire la cerise.

Les gambettes raides bientôt doublées par Cécile et Olivier juste derrière. Photo: Bernard Chenot

Ca continue à me doubler mais pas de panique, l'hémorragie s'arrêtera bien un jour! Ne serait-ce qu'avec le serre-file! Le parcours continue comme il avait commencé, entre singles, petites bosses, gros cailloux et dures relances. Je subis mais je reconnais que ce tracé joueur, il est quand même sympa!

Arrivée à mi-parcours, je sens que ça va mieux. J'ai trouvé mon rythme et je commence même à doubler quelques coureurs. Non pas que j'ai accéléré (accélérer? moi? connais pas!) mais c'est plutôt que ça commence à craquer un peu devant. Ca me motive et la deuxième partie de parcours se passe bien mieux que la 1ère. Les jambes vont mieux et le tracé me correspond peut-être un peu plus.

Les gambettes en rythme de croisière. Photo: Afum team

Voilà le lac, je sais qu'il ne reste plus que quelques km. Je sens que je suis sur un rythme pas mal. Je continue de pousser avec la petite phrase du prez qui résonne dans mes oreilles "faut tout donner, aller jusqu'au bout". Je passe la dernière bosse et aperçois Cécile et Olivier quelques centaines de mètres devant. Des coureuses (du 25km?) m'encouragent "allez, elle est pas loin tu vas la rattraper". Merci, ça me motive. Et effectivement, me voilà dans les pas de Cécile. Je suis à bout de souffle et arrive tout juste à bredouiller un "allez Cécile" en la doublant. Un jour "normal", je n'aurais jamais fait ça. Cécile est une copine, il nous reste à peine quelques minutes à courir. L'esprit sportif voudrait qu'on finisse ensemble. Mais voilà aujourd'hui c'est spécial, ce n'est pas Juliette qui court c'est TTTette et TTTette a le diable François dans les oreilles! C'est ainsi que je franchis la ligne après 4h54, 6ème F (63/360 scratch, 17%). Cécile arrive 1' à peine plus tard.

Sourire colgate avec Cécile pour le podium SF (3 & 4ème). Photo: Pierre Legeard

La perf est loin d'être géniale mais pour le rantanplan que je suis, ce n'est somme toute pas si mal. Je n'ai pas fait une bonne 1ère partie de course mais j'ai bien fini et surtout c'est la première fois que je pousse l'effort jusqu'au bout. Ce petit diablotin de prez ne m'aura pas laché!

Les classements équipes ne sont pas encore sortis mais une chose est sûre, on a tous donné notre max et c'est là le principal. Tomtom finit 5ème (!!!!), Nono 14ème (!!), le prez 42 et Mayou 47. Ceci était ma petite contribution au classement TTN par équipe, maintenant à vous de jouer les TTTeux et TTTeuses! On croit en vous!

De mon côté, prochain RDV à la Transgrancanaria, première course UTWT de la saison. Les gambettes ne sont pas à leur pic de forme mais la tête est à son pic d'envie! Wait and see!

dimanche 29 janvier 2017

Trail de la galinette 2017 - la rentrée des gambettes

C'est reparti pour un tour! Premier dossard depuis la diag' 2016 et premier dossard de la saison. La pause hivernale aura été bien plus courte que d'habitude, la faute à une Transgrancanaria placée bieeeennnnnn trop tôt dans la saison. Reprise donc avec pas loin de 2 mois d'avance par rapport aux autres années. Direction le sud de la France pour le trail de la galinette 45km 2200+.



Ce week-end dans le sud est aussi l'occasion d'un week-end choc pour rattraper une partie des km engloutis par la neige. Après 4h de run dans les calanques le samedi, les gambettes tiraillent déjà. Je n'ai plus l'habitude de courir et ça se sent! Ah le maratrail du lendemain risque d'être un beau chantier!

Veille de course dans les calanques. Photo: Cyril Pérot

Dimanche matin, top départ. J'ai décidé de partir prudemment parce qu'un bon resto et une nuit de repos n'ont pas suffit pour récupérer. Je m'y attendais et c'est le but. L'essentiel aujourd'hui est de faire des km. Il faut oublier le chrono et le classement. La première montée en single se passe parfaitement, je me dis que j'ai bien fait de partir tranquillou. Seulement arrive la première descente, ça bouchonne et je commence à regretter de n'avoir pas ouvert un peu plus les gaz. Allez, patience, suivre le flot, prendre sur soi, se répéter que peu importe le chrono. Mais bon intérieurement je bous quand même un peu... Compétitrice un jour, compétitrice toujours! Ceci étant dit honnêtement je n'ai pas du perdre plus de 2' sur cette descente. C'est stressant de ne pas pouvoir aller à son rythme mais on se fait souvent une histoire pour pas grand chose!

Au premier ravito, je retrouve Cyril  pour une pause photo qui devrait faire plaisir aux sponsors: tentative de course en montrant la semelle. Succès mitigé mais je me serai bien marrée!

Spéciale dédicace à Vibram! Photo: Cyril Pérot

Le reste de la course est une succession de bosses plutôt raides qui me confirment chacune un peu plus qu'il me manque un sacré paquet de D+! Mollets qui chauffent, foulée rasante, manque de dynamisme. Ah il va falloir bosser la bosse pour la Transgrancanaria!

Le parcours est très sympa. Une très grande majorité de singles, de cailloux, de descentes techniques, de cailloux, de beaux points de vue dégagés, de cailloux.... Pas de doute, c'est du trail et ça fait tellement plaisir! Les gambettes ne sont pas dans leur meilleure forme mais côté plaisir c'est le panard! 

Je retrouve Cyril au dernier ravito. Je lui dis que je suis à sec, qu'il faut absolument que je remplisse mes bidons. Je pense qu'il va m'aider mais que nenni! Aujourd'hui môsieur s'est décrété photographe! Me voilà donc à me dépatouiller pendant que môsieur le photographe immortalise le moment... Je suis pas sûre que je lui renouvelle son contrat à celui là! ;)

Dépatouillage des bidons devant l'objectif de Monsieur. Photo: Cyril Pérot

Je repars avec un bon stock de bananes pour finir la course. C'est qu'en plus d'être à sec, je n'ai plus rien à manger. J'avais pris la dose mais j'avais oublié que j'étais si gourmande en course. La faute à isostar, j'ai pas su résister! ;)

Peu après le ravito, je me fais doubler par Laurent et un compère. Ca chambre pour rigoler! Je ne les suis pas dans un premier temps, la vengeance est un plat qui se mange froid! Au train, je les rattrape peu après... Nouveau chambrage dans les règles, je ne vais pas me gêner!

Je finis les derniers km sur un bon rythme. Le gambettes sont fatiguées mais pas exténuées. Je franchis la ligne après 5h41, 4ème F (53/240 scratch, 22%).

Le smile de l'arrivée! Photo: Cyril Pérot

Et voilà le 1er week-end choc de la saison qui s'achève. Finalement plutôt contente de la forme générale. Je suis loin de mon pic mais pour un début d'année, ce n'est pas si mal. Reste 4 semaines d'ici la Transgrancanaria pour affuter les gambettes. Y a du boulot mais on fera au mieux!

Merci aux organisateurs pour leur invitation. C'est un bien beau trail que vous avez là!! Merci à mes nouveaux sponsors qui m'ont accompagnée aujourd'hui: vibram, instinct et isostar for ever!

Prochain RDV sur le trail de Gruissan en mode TTT TTN!

mardi 17 janvier 2017

Demandez le programme - 2017

Une nouvelle année sous le signe de l'Ultra Trail World Tour (UTWT) avec une pièce en 4 actes, la Transgrancanaria, le Lavaredo, l'UTMB et la Diag', et beaucoup de sous-chapitres!

- 29 janvier: Trail de la galinette 45km 2500+ → 4ème femme (22% scratch) [récit]
- 11 février: Gruissan phoebus trail 50km 1550+ → 6ème femme (17% scratch) [récit]
- 24 février: Transgrancanaria (UTWT) 125km 8000+ → 7ème femme (16% scratch) [récit]
- 16 avril: Trail des citadelles 70km 3500+ → 4ème femme (7% scratch) [récit]
- 20 mai: Festa trail Pic Saint Loup 75km 3200+ → 2ème femme (5% scratch) [récit]
- 4 juin: Transju'trail 72km 3200+ → 1ère femme (8% scratch) [récit]
- 23 juin: Lavaredo Ultra Trail (UTWT) 120km 5800+ → abandon :( (élongation) [récit]
- 21 juillet: Grossglockner Ultra Trail 110km 6500+ → 1ère femme (7% scratch) [récit]
- 1 septembre: Ultra Trail du Mont Blanc (UTWT) 170km 10000+  → abandon :( (chute) [récit]
- 20 octobre: Grand Raid de la Réunion (UTWT) 167km 9700+

Avec cette année de nouvelles couleurs puisque j'intègre le team Vibram. Tout ça s'annonce megagrip'ment fun! :)







lundi 2 janvier 2017

dimanche 18 décembre 2016

L'heure du bilan - saison 2016

Comme l'an dernier, à quelques jours de la nouvelle année, l'envie m'a pris de faire le bilan de ma saison. Commençons par les chiffres: pour ce qui est des heures de course "all included", voici un petit récapitulatif entre février et octobre:



C'est l'inflation ma pôv dame! En compétition, les gambettes ont gambadé 900km et 51000 D+ en 130h, c'est 30% de plus que l'an dernier en autant de compétitions (9). Soit une moyenne super-sonique d'un peu moins de 7km/h (résultats ici). Ca doit en impressionner plus d'un! Non? Ah bon? En entrainement, les gambettes ont lactifié pendant 355h cette année, soit 16% de plus que l'an dernier (306h). Les mois les plus chargés furent juillet-août-septembre, cause prépa UTMB et GRR. Cette inflation n'était à vrai dire pas planifiée. En fait j'ai prends conscience avec vous en faisant mes comptes. Disons que c'est venu naturellement du fait que chaque année je me focalise un peu plus sur l'ultra. 

Ce que ce graphe ne montre pas, c'est l'intensité mis dans les entrainements et c'est là aussi qu'il y a du nouveau. Cette année j'ai sensiblement augmenté le nombre de séances qualité/semaine, sans vraiment toucher au nombre de séances totales. Une semaine sans compet', c'était 4, voire 5 séances de fractionné (en variant le plus possible les séances) et deux sorties longues le week-end. L'an dernier c'était "seulement" 2-3 séances qualité, entrecoupés par 1-2 séances en endurance (en aérobie), plus sorties longues. Ce mode de fonctionnement fractionné & aérobie, c'est ce que vous trouverez dans tous les plans et probablement chez la plupart des entraineurs. Mais cette année j'ai décidé d'aller à l'encontre des recettes habituelles, pourtant validées scientifiquement. Je suis bien placée pour savoir qu'il ne faut pas croire les scientifiques! ;) Blague à part, on est tous différents et perso j'ai eu l'impression que ces séances cool ne m'apportaient pas grand chose. Il est probable que cette sur-enchère de fractionné a ajouté de la fatigue, peut-être que je suis moins montée dans les tours sur les séries, mais de toute façon je n'arrive jamais à monter dans les tours, quelle que soit ma fatigue. C'est dans la tête que ça se passe. Il y a un certain seuil de souffrance que je ne peux pas dépasser et croyez-moi, ce seuil est bas! Aussi j'ai toujours fait du fractionné "mou" et c'est pour cela que je peux me permettre d'en faire plus que d'autres. Ce n'est pas obligatoirement une recette a appliquer par tous! En tout cas de mon côté, j'ai l'impression que cela m'a été bénéfique. Ma cotation ITRA à la hausse, même si elle est largement critiquable, semble aller dans ce sens. 


Magnifique Grand Duc! Photo: Eric Meson

J'avais pris l'an dernier la bonne résolution de faire du vélo cette année. Je suis fière de vous annoncer que je l'ai tenue puisque je comptabilise pas loin de ..... 2h de vélo sur l'année! Houhoho! Je ne prendrai pas la résolution de battre ce record en 2017, je ne suis pas sûre d'y arriver! 2h à me casser le cou, le dos, les épaules, les fesses, ah merci mais non merci! Le vélo, je n'aime pas ça, alors à quoi bon se forcer? Tout ça n'est qu'un loisir, il faut y prendre du plaisir.   

Néanmoins je suis convaincue que si on arrive à y prendre du plaisir, le vélo est un excellent complément au trail. Ca repose les articulations, même si de mon côté je ne suis pas sûre d'en avoir vraiment besoin (aucune douleur, aucune blessure sur toute cette année). Mais également cela donne de la puissance, et ça, j'en ai largement plus besoin! C'est en partie pour ça que j'ai décidé depuis septembre de faire 1 séance de muscu/semaine. Alors oui, tout ça n'est pas très logique, je préfère pousser de la fonte enfermée dans une salle glauque exhalant la sueur et la testostérone, plutôt que faire de jolis cols sur mon vélo. Autant vous rassurer sur mon état mental: non, je ne prends pas un plaisir fou en salle de muscu! Mais ça a l'avantage de ne durer qu'une grosse heure, c'est toujours mieux que 10h de vélo! Et puis je trouve que l'effort en vaut la chandelle. Après seulement quelques séances, j'ai vu les apports sur la diag' cette année avec bien plus de force en montée.

L'an prochain ira donc dans la continuité de cette saison. Je continuerai à être mon propre coach, je continuerai à enchainer les fractionnés, je continuerai à me focaliser sur les ultras qui sont les courses sur lesquelles je prends le plus de plaisir (et mes meilleures perfs- c'est lié!), je continuerai à côtoyer la testostérone en salle de muscu... et je continuerai à snober mon vélo! Na! Il y aura quand même du changement car pour progresser il faut innover. Une chose est sûre, la saison sera plus longue, de décembre à octobre, avec un premier gros RDV fin février. Soit une saison rallongée de presque 2 mois par rapport aux années précédentes. Il me faudra bien gérer le calendrier pour ne pas m'essouffler mais la gestion, je sais faire. Pour les autres changements, je ne peux pas vous en dire beaucoup plus car j'y réfléchis encore! Le coaching n'étant pas une science exacte, RDV dans un an pour le bilan! ;)

En attendant bonnes fêtes de fin d'année à tous! Faites vous plaisir, à table, en baskets ou à skis!

Redoutable Grand Raid! Photo: Cyrille Quintard, l'artiste!


samedi 22 octobre 2016

GRR 2016 - lâchez les fous!

Cette course n'était initialement pas prévue au programme. Mais après l'UTMB, je me retrouve 4ème de l'UTWT, ce qui est inespéré pour moi. Je me dis que ce serait quand même trop bête de me laisser doubler au classement en restant sur mon canapé, alors banco, je remets le couvert! Un coup de pouce d'isostar et de l'UTWT et me voilà donc de retour en terre réunionnaise, deux ans après ma 1ère diag'. Le programme du séjour, c'est une semaine les doigts de pieds en éventail sous les cocotiers... avec une petite bavante de 167k 9700+ au milieu!


Sur la ligne de départ, à quelques secondes du gong, je me sens incroyablement calme. Non pas que je sois particulièrement sereine quant à ma perf, je n'ai pas complètement récupéré de l'UTMB et des contractures récentes au dos me font soucis, mais cette course je la prends vraiment comme du bonus. Ca passe, c'est parfait, ça ne passe pas, tant pis!

Top départ, lâchez les fous!

Les fous sont lâchés, advienne que pourra! Photo: Jean-Pierre Vidot

Ca part à une allure qu'évidemment je ne peux pas suivre mais ça tombe bien, je n'en avais pas l'intention! Je sais parfaitement que les départs, ce n'est pas mon fort. Mais de toute façon, cette course va être longue, trrrrès looongue, alors autant ne pas se fatiguer sur ces premiers km roulants. A Notre Dame (3h09, 128ème), je suis 8ème femme mais je ne panique pas. Les jambes ne sont finalement pas si mal que ça...

Elle est pas belle la vie sur la diag'? Photo: iRunFar
Je continue mon petit bonhomme de chemin et, sans même le faire exprès, je commence à doubler quelques féminines. Musique dans les oreilles, j'avance plutôt bien alors que devant, ça commence à ralentir - départ trop rapide sûrement.

Mare à boue (6h27, 64ème), premier point d'assistance du team Gaspar,  un groupe de bénévoles qui fait l'assistance d'une 60aine de coureurs, dont moi donc, sur une 10aine de points sur la course. Je récupère les barres que j'avais préparées et engloutis mon 1er morceau de gâteau de patate douce. Et là c'est la révélation: c'est trop bon ce truc!!!

Je sors de mare à boue en 2ème position féminine! Sacré remontée en quelques heures et tout ça sans même avoir vraiment eu besoin d'appuyer sur le champignon... si tant est qu'il y ait un champignon sur mon diesel! Je suis régulière depuis le début de course et ça semble suffire pour le moment. 2ème donc mais devant, c'est Andrea Huser et ça, c'est une autre histoire. Andrea, je l'ai déjà rencontrée sur pas mal de course, TDS 2015, Madère, Eiger, UTMB 2016, et chaque fois elle m'a collé plusieurs heures dans les doigts de pieds! Aujourd'hui ne dérogera pas à la règle...

Le jour se lève et je découvre le magnifique cirque de Cilaos en contre-bas. Une des plus belles vues de la course. Pitons rocheux et lumières orangées du lever du jour, c'est juste grandiose. Décidément, je ne regrette pas le voyage! (pour le moment du moins...).

A Cilaos (9h20, 46ème), je retrouve Azzedine, mon grand cousin réunionnais, accompagné du team Gaspar. Changement de chaussures, récupération des barres, engloutissement d'un -non deux!- morceaux de gâteau de patate douce (décidément une tuerie!) et c'est reparti pour une loooongue traversée de Mafate.

Changement de chaussures à Cilaos. Photo: iRunFar

Les km qui suivent, je les redoute depuis le départ: 1000m+ en 5km jusqu'au col du taïbit. Attention chauffe gambettes! C'est une partie toute nouvelle pour moi puisqu'il y a 2 ans nous avions bifurqué ici même vers la caverne Dufour. Mais finalement, plus de peur que de mal puisque la montée passe relativement bien.

Plongée vers le redoutable cirque de Mafate. A partir d'ici, il va falloir courir intelligemment: longue, technique et en plein cagnard, ce n'est assurément pas sur cette partie que la course se gagne, mais c'est probablement ici qu'elle se perd! Côté chrono, mon écart avec Andrea continue d'augmenter lentement mais sûrement (quoique pas si lentement que ça en fait: déjà plus de 30'), alors que mon écart avec la 3ème, Emma Roca, est loin d'être confortable (une dizaine de minutes). Il ne va pas falloir chômer!

Les heures passent et les km avec (quoique pas tant que ça pour les km en fait!). Ce n'est pas facile de courir (cailloux+racine ou les deux en même temps de préférence). Ma moyenne horaire doit être particulièrement basse, c'est usant mais pourtant je prends mon pied. Ce passage est un de mes préférés. C'est sauvage, rude, c'est tout moi ça!

Quelque part dans Mafate. Photo: iRunFar

A sentier scout (13h51, 37ème), je retrouve le team Gaspar, mes barres mais grosse désillusion, il n'y a pas de gâteau de patate douce! Vais-je survivre à ce revers? A Grand place (15h48, 34ème) commence la dernière grosse montée du jour, la bagatelle de 1700m+ en 10km jusqu'au Maido! Je m'attends à ce que ce soit long mais je me trompe: ce n'est pas long, c'est interminable!!! La première partie est un supplice pour le moral: on monte, on descends, on monte, on descends, mais quand est-ce qu'on va vraiment prendre de l'altitude?

Enfin voilà les maisons de Roche Plate (18h02, 32ème), je n'y croyais plus! Je retrouve le team Gaspar mais toujours pas de gâteau de patate douce. Cette fois je crois bien que je ne vais pas pouvoir y survivre!! Devant ma mine déconfite, un bénévole de Gaspar part à la recherche du précieux sésame et ô miracle, revient avec le bien aimé! Un énorme merci à mon sauveur! :)

Grand sourire et grosse part de gâteau! Photo: Lois Mussard
A partir de là et jusque l'arrivée, je sais ce qui m'attend puisqu'on rejoint le parcours emprunté il y a 2 ans. Connaitre est sûrement un avantage car la montée se passe particulièrement bien. Peu avant le sommet je croise Fabrice D'Aletto, blanc comme un linge sur le bord du chemin. Il est avec son frère alors je continue mon chemin en l'encourageant à continuer mais honnêtement, vu son état à cet instant, je ne donne pas cher de sa peau. L'avenir me contredira...

Au ravito du Maido (19h52, 29ème), je retrouve mon grand cousin et le team Gaspar. Nouveau changement de chaussures et c'est parti pour 2000m- en 15km! Attention casse de gambettes! J'assure la descente car je sais qu'il me faut garder des forces pour la fin. Arrivée à Sans Soucis (21h49, 28ème), Emma m'a reprit quelques minutes mais ce n'est pas bien grave, mon avance est maintenant relativement confortable (autour de 30'). Devant Andrea est intouchable (1h30' d'avance!) et cela fait bien longtemps que j'ai abandonné toute idée de la titiller, si tant est que je n'ai jamais cru cela possible!

Au ravito de Sans Soucis. Photo: iRunFar
Au chemin Ratineau (23h38, 25ème), c'est là que les choses se compliquent. Physiquement je vais plutôt bien (enfin compte tenu que j'ai bientôt fait le tour du cadran) mais je commence à avoir une irrépressible envie de dormir. Je dois lutter pour garder les yeux ouverts même en courant. Cette sensation, je la connais bien puisqu'il y a 2 ans, il m'était arrivé exactement la même chose, un peu plus tôt d'ailleurs. Ca m'avait gâché la fin de course et je ne veux pas revivre ça aujourd'hui. Mais que faire? Me poser 5'? 10'? Vais-je réussir à dormir comme ça? N'est-ce pas risqué avec Emma pas si loin? ... Bref pleins de questions et aucune réponse...

Et pourtant la solution est toute autre et je l'ai sous les yeux: Stéphane Brogniart!!

En effet, nous repartons ensemble du chemin Ratineau et j'en profite pour lui faire la discut', me disant que ça me maintiendra peut-être éveillé. Et effectivement, c'est miraculeux: je n'ai bientôt plus envie de dormir. C'est ainsi que je décide de lui coller aux basques jusqu'à l'arrivée. Le moulin à paroles est en marche et il n'y a pas de bouton arrêt! Ca me tien éveillée, je m'en réjouis mais je ne suis pas sûre que Stéphane soit du même avis!! lol

On passe ainsi la Possession (25h15, 24ème), puis le redoutable chemin de Anglais jusque Grande Chaloupe (26h38, 22ème). Et blablabla et blablabla et blablabla. Il ne nous reste qu'une grosse bosse avant la délivrance pour les pieds (et les oreilles de Stéphane!). La montée est interminable, je commence à avoir vraiment envie d'arriver. Passé le Colorado (28h28, 22ème), commence la dernière mais redoutable descente jusque l'arrivée. Je préfère assurer pour ne pas tomber. Le diesel commence de toute façon à avoir les pneus tout dégonflés: peu de jus et l'envie de dormir qui me reprend. C'est alors que me double une formule 1 et je découvre ébahie qu'il s'agit de Fabrice que j'avais laissé liquéfié quelques heures plus tôt dans la Maido! J'hallucine comme il s'est refait une santé! C'est ainsi que, comme il y a 2 ans, il me double dans la dernière descente. Argh! Mais je ne perds pas espoir, un jour je l'aurai! :)

Peu après, j'ai des soucis de frontale et je dois m'arrêter. Stéphane continue son chemin, pour le plus grand bonheur de ses oreilles. Un coureur, François Teitgen, me rejoint et a la gentillesse de me donner sa lampe ventrale pour finir la course. Je la tiendrai à la main, ce n'est pas bien pratique mais il ne reste presque plus rien. Je franchis la ligne en 29h26, 2ème femme, 25/1688 au scratch (1.5%). Je suis super contente du résultat! Cette course ce n'était que du bonus et franchement, c'est un bien beau bonus!

I did it! Photo: iRunFar

Ainsi s'achève ma saison 2016 qui est de loin ma meilleure saison. Je finis 4ème au classement de l'UTWT. Cette médaille en chocolat contente parfaitement la gourmande que je suis! :)

Un grand merci à tous ceux qui m'ont suivie derrière leurs écrans, vous étiez nombreux à me pousser dans les montées. Merci au 100 mails des copains du nord, il n'en fallait pas moins! Des milliers de merci aux milliers de réunionnais qui m'ont encouragée sur les sentiers, vous êtes incroyables! Un très grand merci à mon équipe d'assistants, Azzedine et le team Gaspar. Toute ma gratitude à celui qui a cuisiné les gâteaux de patate douce. Toi, je te veux sur mon prochain ultra!! Un énorme merci à mon grand frère qui a assuré le suivi live sur tous les fronts, twitter, Facebook, SMS, tu m'as fait le grand jeu grand frère! Enfin merci à l'UTWT de nous faire vivre ces émotions!

Pour finir, toute ma reconnaissance à ceux qui m'ont soutenue cette saison: isostar, Raidlight, trailstore, NaïtupPolar, BVsport, Stations de trail.

Prochain épisode.... en 2017! :)

samedi 27 août 2016

UTMB 2016 - Chaud devant!

Le grand jour est arrivé! Me voici à Cham pour mon principal objectif de la saison: l'UTMB. Ready pour faire le tour du gros caillou, sans même monter au sommet (petite joueuse).


Cette course je l'ai déjà faite en 2013, ce fut d'ailleurs mon 1er 100 miles. Cette année j'ai fait un plan de course (marche?) en 28h. C'est optimiste mais peu importe le chrono à vrai dire, l'objectif est, comme toujours, de faire du mieux possible. Et surtout de relier l'arche d'arrivée sur mes deux pieds. Enfin si au passage je peux battre le chrono de papy Marco... ;)

Sur la ligne de départ, on sent la tension, les regards "maintenant j'y suis", les doutes aussi "est-ce que je suis prêt?". Ludo fait monter l'ambiance, il y a un monde fou dans la rue, sur les balcons, partout où les gens peuvent se caser. Une effervescence unique au monde. J'ai l'habitude de dire que cet événement est le Disneyland du trail. Je comprends les réfractaires mais honnêtement, vivre ce départ, c'est quand même une expérience unique dans le monde du trail.





La musique de Vangelis retentit. Compte à rebours 5-4-3-2-1 c'est parti! Ca part vite devant et je me dis qu'il ne faut surtout pas que je m'emballe. Ce qui n'est pas chose facile avec les encouragements de la foule presque en délire (enfin dans mes rêves). J'essaie de me mettre dans ma bulle pour partir à mon rythme. Vu mes qualités de coureuse, pas mal de personnes me doublent mais peu importe. Objectif gérer.

Les fauves sont lachés. Où sont les gambettes? (si si, j'y suis). Photo: Irunfar 

Les premiers km sont plats et sans difficulté aucune. Si ce n'est que cette année, il fait une chaleur étouffante et je sue à grosses gouttes. Moins d'1h de course et mon t-shirt est complètement trempé. Même à la Réunion je n'ai pas sué comme ça! Je suis contente de voir arriver la première bosse, l'occasion de marcher un peu pour refroidir la machine (le Deleveret, 1h35, 178ème).

Enfin je marche! :) Photo: Prozis

A Saint Gervais (2h16, 155ème), l'ambiance est hallucinante. Ca crie, ça hurle, ça tape des mains, franchement l'ambiance est géante! J'ai le sourire jusqu'aux oreilles. Ah c'est bon le trail quand même!!! Je croise le prez du TTT peu après, merci pour les encouragements! Par contre côté gambettes les choses se gatent puisque je ressens une douleur au releveur de la cuisse. Ce n'est pas insupportable mais la douleur ne fait qu'augmenter. 

Arrivée aux Contamines (3h31, 136ème) où je vois Cyril pour le 1er point d'assistance, je suis pas mal inquiète et lui dis que je continue mais que c'est mal engagé... Je recharge le sac pour la nuit avec tout ce que j'avais préparé sauf la flasque de reload. Allez je balance: Cyril l'a oubliée à la voiture. Un jour vous m'expliquerez pourquoi il a choisi -je cite- de ne prendre "que les choses nécessaires"! ;) Allez, pas grave, je n'aurai pas mon fix de prot' mais je repars avec une flasque supplémentaire car avec cette chaleur étouffante je suis assoiffée.  

Sur les heures qui suivent je bois à n'en plus pouvoir. Décidément je suis desséchée. Et au fur et à mesure que je me réhydrate, ma douleur à la cuisse diminue jusqu'à disparaitre. Ce n'était donc qu'une fausse alerte, une inflammation causée par un début de déshydratation.

Retour à la course avec un passage à Notre Dame de la Gorge mémorable. Merci à tous les supporters, vous êtes géants. C'est à partir d'ici que la course commence vraiment. Rien à déclarer sur la montée à la croix du Bonhomme (5h59, 115ème), pour l'instant ça roule (marche). Aux Chapieux (6h32, 106ème), Mélastique et Mathastique sont là pour les encouragement. Merci les copains! :)

Le voyage continue avec le col de Seigne (8h13, 84ème) puis le petit nouveau de l'UTMB qui souffle sa 1ère bougie: les pyramides calcaires. C'est du hors piste dans les cailloux, c'est technique de chez technique mais justement c'est ce que j'aime. Allez, une dernière montée pour la forme vers l'arête du Mont Favre (10h12, 71ème) avant de redescendre vers Courmayeur. On est dans le brouillard et à contre-courant de la PTL. On ne voit pas grand chose, les gambettes restent bien concentrées. Je double Yann qui accuse un peu le coup et abandonnera peu après. Dommage poto.

Arrivée à Courmayeur (11h23, 56ème) je me dis que tous les voyants sont au vert. Je suis étonnamment en forme, c'est de bonne augure. Ravito rapide puis je repars... sans ma visière. Je m'en aperçois peu après et reviens trouver Cyril qui me la tend. Il n'avait peut-être pas trouvé ça "nécessaire"! ;)

Petit jardinage dans Courmayeur mais comme beaucoup je pense (débalisage?). La montée vers le refuge Bertone ne se passe bizarrement pas très bien. Moi qui pensais avoir des gambettes de feu, je déchante. J'ai une envie de dormir irrépressible. Mes yeux se ferment, je lutte vraiment. Cela dure comme ça 1h jusqu'à sortir du brouillard au propre comme au figuré. C'était sûrement une combinaison de facteurs: le lever du jour qui est toujours le plus délicat à passer, l'éblouissement de ma lampe dans le brouillard, la digestion de la viande des grisons peut-être aussi (je me suis peut-être un peu trop lachée...). Toujours est-il qu'arrivée au refuge Bertone (12h42, 57ème) l'envie de dormir s'est envolée. Ce n'est malheureusement pas la cas de mes gambettes.

La traversée jusque Bonatti est laborieuse (13h51, 57ème). Il faudrait courir mais j'e n'y arrive pas. C'est marrant, ce passage c'est celui qui m'avait été presque fatal il y a 3 ans. Décidément, l'Italie ne veut pas de moi! J'arrive à Arnuva (14h35, 55ème) après une courte descente dans laquelle la machine récupère un peu. Et c'est parti pour une longue montée vers le grand col Ferret (15h51, 57ème). Je cale un peu mais par rapport à il y a 3 ans autant vous dire que je suis un avion de chasse! Cette montée je m'en souviens comme si c'était hier, il y a 3 ans j'étais scotchée sur place, un de mes pires cauchemars de course. Aujourd'hui, arrivée au sommet dans un état correct, je ne suis pas loin de jubiler! Je l'ai eu ce foutu col!!!

Direction la Suisse avec un début de descente sympa avant de retrouver ce qui sera notre pain quotidien sur toute cette partie helvète: de larges pistes bien droites et bien monotones. Tout ce que je n'aime pas. Je ne prends aucun plaisir mais je m'y attendais. Dans ces cas là, il vaut mieux ne pas trop se poser de questions, mettre un pied devant l'autre et continuer. 

Arrivée à la Fouly avec le sourire de la guerrière. Photo: Cyril Pérot
Je suis contente d'arriver à la Fouly où Cyril m'encourage (17h, 56ème). Il y a 3 ans, à ce même endroit j'était blanche(t) comme un linge et pas loin de l'abandon. Cette année, c'est un tout autre visage! Et avec le sourire s'il vous plait! Ca continue de descendre, c'est toujours pas marrant mais je sais qu'il faut passer par là. Ouf, voilà enfin Praz de fort. Vous pouvez sortir les ukulélés, on quitte cette foutue vallée!

La bosse qui suit est petite mais costaud. A Champex je retrouve Cyril pour le 3ème point d'assistance (19h08, 53ème). Changement de chaussures et c'est reparti. Cette fois Cyril n'a rien oublié, comme quoi tout arrive!! :) Je n'ai pas oublié non plus mon fix de tarte aux myrtilles, ça fait pas loin d'1 an que j'y pense à celle là!

Sortie du ravito de Champex, tarte à la main! Photo: Cyril Pérot

A partir de maintenant, c'est 3 "petites" bosses jusque Chamonix. 9h quand même mais je sais que sauf accident je verrai l'arche d'arrivée. Je passe correctement la première bosse via la Giète (21h26, 44ème) même si avec la chaleur étouffante je n'arrive plus à m'alimenter en solide. Néanmoins je sais qu'il faut que je me force à reprendre qq calories, sous quelque forme qu'elle soit. En l'occurrence, ce qui passe encore c'est les compotes (actifood) et pates de fruit (energy fruit boost). 

Arrivée à Trient (22h08, 45ème), les choses s'emballent. Cyril me dit qu'Uxue qui était 1h devant à la Giète commence à craquer. Mon frère aussi s'excite via SMS. Vu les écarts, j'avais fait le deuil de cette 3ème place mais ... et si je lui refaisais le coup de la diag'??? Je repars motivée. 

A Catogne, j'ai 43' de retard sur Uxue, à Vallorcine 34', au col des Montets 22'! Mon frère s'emballe avec des "tu vas deux fois plus vite qu'elle" (quand elle monte et tu descends), "tu voles" etc. Ca me boost d'autant plus qu'au col des Montets, des copains en délire (au moins!) m'encouragent! Merci les potos: Mel, Math, Ram, Sophie.

Au col des Montets. C'est uniquement pour la photo que je marche! ;) Photo: Cyril Pérot

C'est parti pour la chasse espagnole!! :) J'aborde d'un bon pas la montée vers la tête au vent mais au fur et à mesure que la pente augmente, j'ai de plus en plus de mal à avancer et encore plus à relancer. Les cuisses brûlent après 160km de course et il faut dire aussi que les pentes très raides, ce n'est pas spécialement ma plus grande qualité (si jamais j'en ai!). Je n'ai pas de bâton et sur cette fin de course je me dis qu'ils auraient quand même été utiles. Finalement à la tête aux vents, il y a 28' d'écart (26h08, 41ème). Je sais que c'est trop, fermeture de la chasse. Tout ce qu'il me reste à faire, c'est continuer mon petit bonhomme de chemin, avancer tout en gérant pour éviter l'accident.

C'est ici que la météo décide de nous jouer des tours. Après 25h de canicule, je vois de gros nuages noirs qui se forment et le tonnerre qui gronde dans les aiguilles rouges. Il commence à pleuvoir, des dizaines et des dizaines d'éclairs fendent le ciel pour éclater juste à côté de moi. C'est carrément flippant! Surtout que je suis seule, pas une frontale devant, pas une frontale derrière!   

Lorsque je rejoins la Flégère (26h46, 41ème), c'est un soulagement pour moi et pour les bénévoles! Ouf! Allez, c'est reparti, maintenant il ne reste plus qu'à descendre. Je me lache un peu sur cette dernière descente bien roulante, je double plusieurs coureurs scotchés sur les rochers glissants. J'entre dans Cham sous des cordes d'eau. Bizarrement, je n'entends pas la sono. Ludo où es-tu? Je franchis la ligne dans le grondement de l'orage mais c'est étrange, personne n'annonce mon arrivée. Serais-je en train de rêver? En fait je me retourne et vois le speaker qui s'époumone dans un hygiaphone mais n'arrive même pas à couvrir le bruit de l'orage. Il vient d'y avoir une coupure de courant, la sono est HS. Il s'excuse de ne pas pouvoir mieux m'accueillir mais moi je trouve ça génial, cette arrivée apocalyptique, je m'en souviendrai longtemps! :)

27h37, 4ème femme, 39/1468 (3%) au scratch. Houah, honnêtement je n'aurais jamais pensé pouvoir faire si bien. C'est l'équivalent de 4h de moins qu'il y a 3 ans! La tête de course est à 2h20, c'est beaucoup mais je progresse. Caro, fais gaffe à tes fesses!! :D 

10 premières sardines hommes et femmes! Photo: Cyril Pérot

Cette perf, je la dois à mes gambettes mais aussi et surtout à tous ceux qui me suivent, m'encouragent et me portent à distance. En premier lieu Cyril évidemment, toujours là pour le soutien "nécessaire"! :) Mon frère aussi, ainsi que Jenny et mes pretty neveux. 20/20 pour le suivi SMS cette année! Vous avez été top! Ma famille, collègues et amis qui ont scruté mon passage sur les webcams. Spécial merci aux "potes du nord" et leurs jeux de mots foireux. Petit florilège: "C’est de la Fouly quoi !", "Elle n'a pas l'air de se Fouly, elle marche",  "La tête au vent, (F)légére comme une bière blonde, elle dévale les montagnes jusqu’à l’arrivée". Merci les poètes!

Enfin et comme toujours, je remercie ceux qui me soutiennent et me permettent de vivre de si belles aventures: isostar, Raidlight, trailstore, NaïtupPolar, BVsport, Stations de trail.

Prochain épisode.... chut, c'est une surprise! :)