samedi 13 avril 2013

Sous le soleil du Salève

Retour à Etrembières pour l'Ultra montée du Salève, une course que j'ai déjà faite l'an dernier. Le principe: monter le plus de fois possible le Salève (660m D+) en l'espace de 6h, la descente se faisant en téléphérique (nos genoux vous en remercient). L'an dernier j'avais fait 7 montées en 5h01 (seuls les temps de montée comptent), mais la dernière montée avait été validée à quelques secondes des 6h fatidiques. Autant vous dire que ça avait été chaud! Cette année: objectif 7 montées. Je sais d'ores et déjà que ça va être dur. Mais la bonne nouvelle c'est qu'il fait très beau et c'est assez rare pour être noté. Je vais enfin voir le Salève sur le soleil. Pour l'occasion je ressors mes plus beaux atours: la jupette!

J'arrive sur place vers 9h pour un départ à 10h. Je rejoins Cyril qui arrive de Suisse. On croise François, un ami traileur suisse "kamikaze" qui vient sur le Salève pour faire du déniv en préparation de son programme commando de l'été. On croise également Caroline et Luc Chaverot du Team, on échange quelques mots sur le parcours et la gestion de course. Caro nous dit qu'elle ne sait pas trop où elle en est, elle n'a rien fait depuis une semaine. Mais je ne me fais pas de soucis pour elle, je sais qu'elle va envoyer bien comme il faut! (et je ne me tromperai pas)

10h nous voilà sur la ligne de départ. Je vois en première ligne Christel Dewalle. Je me dis qu'elle est venue pour tenter les 8 montées et exploser du coup le record féminin car 7 montées c'est pas assez challenge pour elle. Nous ne jouons pas dans la même cour!



Top départ, c'est parti pour 6h. Les premiers centaines de mètres sont plats et, sans surprise ça part vite, bien trop vite pour mon moteur diesel année 1979.  Puis on entre dans la forêt et dans le vif du sujet par la même occasion: un chemin souvent monotrace avec une pente moyenne à env. 30% sur 2.5 km pour 660 D+. Je sors les bâtons, voilà, on y est, c'est parti pour la première. Je ne suis d'emblée pas très bien, mais rien d'étonnant, je sais que j'emmagasine la fatigue des courses et de l'entraînement de ces dernières semaines. Je me dis qu'il va juste falloir gérer mon effort et ne pas coincer, c'est l'objectif de la journée. Je vois Cyril devant, bien devant, et Caro encore plus loin. Je vois également une autre féminine que je ne connais pas, Armelle Saunier-Magat. Je garde mon rythme et la rejoins petit à petit. Je me dis que je vais rester un moment dans ces pas. Un peu présomptueux chère madame: dès qu'elle me voit elle passe la 3ème, ce dont mon moteur diesel n'est pas équipé! Elle me prend rapidement plusieurs dizaines de mètres, ensuite j'arrête de regarder, je me dis que mes pieds sont bien plus intéressants!

J'arrive tant bien que mal en haut du téléphérique, synonyme d'arrivée de la 1ère montée. J'y retrouve Caro, Armelle et Cyril qui attendent la benne. Je prend une verre en passant et je saute dans la benne qui est sur le point de partir.  Bien bondée cette première benne, j'ai des relents de métro parisien à 8h du mat qui remontent! A la différence près que la vue est magnifique. Le lac Léman, je connais bien mais je ne m'en lasse pas.


Mais à peine le temps de reprendre mon souffle et c'est parti pour la 2ème montée. Caro et Armelle prennent la poudre d'escampette, je ne les reverrai plus. Cyril est d'abord devant, puis il coince un peu et je lui passe devant. Il reste dans mes pas et sprinte pour me dépasser à quelques mètres de l'arrivée. Soit disant pour retenir la benne pour nous. Mouais... moi je pense plutôt qu'il voulait me griller le coco! ;)

De toute façon c'est peine perdue puisque la benne part à l'instant même où on arrive. 5 minutes à attendre avant la prochaine. J'en profite pour me diriger vers le ravitaillement et c'est là que je découvre que je suis au paradis! Outre le classique pain-fromage-tuc-choco auxquels je ne toucherai pas de toute la course, il y a une quantité faramineuse de fruits exotiques: mangues, papaye, ananas, melon... Il manque juste de la pastèque et je ne repars plus! Je mange à n'en plus pouvoir, ah c'est bon! Finalement la benne arrive et c'est avec la larme à l'oeil que je repars. Encore plus motivée pour revenir au plus vite!


La 3ème montée est un peu le copié-collé de la 2ème. Cyril est avec moi, il me double ENCORE sur la ligne (ça va être bonne ambiance ce soir à l'appart! ;)) Pour mon plus grand bonheur (!), on rate de nouveau la benne de justesse. 5 minutes à gouter, re-gouter et re-re-gouter à tous ces fruits. Les mauvaises langues pourraient presque croire que j'ai fait exprès, mais même pas monsieur le juge, je n'avais juste pas les jambes pour accélérer.

Mais avec tout ça, j'ai attendu 10 minutes sur les deux dernières bennes, c'est pas pour arranger mon objectif des 7 montées. J'ai un peu le moral à plat sur le coup mais je me dis que la course est encore longue. Je repars, moyennement motivée mais pas totalement démobilisée.

La 4ème montée se passe bien. Je sens que je ne fléchis pas, c'est plutôt bon signe. Cyril coince un peu plus et pour une fois il arrive derrière moi. Dans la benne des coureurs me disent que les 7 montées sont encore possible, ma motivation remonte en flèche.

Les montées 5 et 6 se passent sans encombre. Je sens bien que par rapport à l'année dernière je suis plus régulière. Cyril coince plus et je le perd de vue. Au moment de prendre la benne pour redescendre de la 6ème montée, je demande combien de tmps il nous reste: 50 minutes pour faire le 7ème. Sauf accident, ça devrait le faire! Je repars d'un bon train et reste régulière. 7 montées, ça le fait, objectif rempli!



Au final j'ai mis 5 minutes de moins que l'an dernier en étant bien moins reposée et c'est quand même très bon signe. Mais surtout j'ai bien bien mieux géré: j'ai mis 4 minutes de plus sur les 4 premières montées mais 9 minutes de moins sur les 3 dernières.
Certes, le classement est moins bon (4ème F) mais le plateau était bien plus relevé. Outre la stratosphérique Christel qui fait 8 montées (clap clap clap), Armelle (2ème, 7 montées) et Caro (3ème, 7 montées) étaient hors d'atteinte, même avec les jambes de ma vie. Chapeau les filles!

dimanche 24 mars 2013

Lost in Ventoux, ou la tragédie du dossard 47

47, c'est mon numéro de dossard pour ce 2ème trail de la saison. Ce sera le trail du Ventoux version parcours de repli pour cause de glace au sommet: env 42km et 2200m de d+. Enfin en théorie.

J'arrive vendredi soir au Bastidon de Lauriane et Pierre à Bélézy. Alex Mayer m'y rejoint un peu plus tard après la bagatelle de 9h de route. Il a faim, il est fatigué mais rassurez-vous, ça ne l'empêche pas de parler! ;) On passe un samedi tranquille à papoter, manger (super risotto du chef Alex!) et courir un peu.

Dimanche matin, réveil à 6h. Petit coup d'oeil dehors: il pleut, il fait frais. OK, je retrouve les conditions hivernales qui m'ont accompagnées sur toute ma saison 2012. La poisse.

Top départ. Mis à part les premiers km roulants pour étirer le peloton (1500 coureurs sur les deux courses), le parcours se fait sur monotraces avec racines, cailloux, boue, pluie voire neige, et parfois même tout ça en même temps! C'est le genre du terrain où je suis à l'aise. Que voulez-vous, je m'ennuie quand c'est trop facile!

Première partie de course "normale" pour moi, je suis ni bien ni mal. Mais au fur et à mesure que les km passent, le bon gros moteur diesel que je suis commence à se mettre en marche. Sans même m'en rendre compte, je grappille des places. Il faut dire que je suis dans un bon jour: des mollets de feu pour grimper, et des descentes un peu techniques qui me conviennent.



Le temps passe vite, je me fais plaisir. Il ne doit plus rester grand chose en montée, puis la descente vers Bédoin. Je mets les gaz sur cette montée, je double une première féminine, c'est Emilie Lecomte, puis une autre, Mélanie Rousset. J'arrive sur un chemin forestier, je vois des balises qui montent, je les suis en courant (lentement mais sûrement). Je rate la bifurc à gauche, perd qq minutes, revient en arrière et descend à toute vitesse sur un chemin très escarpé pour rattraper le peu de temps perdu. Ca descend un bon moment, je croise une première route, tient c'est bizarre les flèches vont dans l'autre sens... Je tourne la tête mais ne vois rien, je continue à descendre. Arrive une seconde route et, plantés devant devant, Emilie, Mélanie et deux autres coureurs. Ils sont arrêtés, dubitatifs, devant d'autres flèches dans l'autre sens. Ooooooops, on est dans le mauvais sens! On est en fait sur le chemin qu'on a pris à l'aller, quelques 20km plus tôt. La boulette....

Il est bien trop tard pour revenir en arrière, la course est finie pour nous. On décide de continuer sur le chemin aller plutôt que de revenir en arrière. Quitte à être idiot, autant l'être jusqu'au bout! On a tous un peu le moral dans les chaussettes (mouillées) mais on s'encourage mutuellement. Ce n'est pas 42km mais 50 qu'on parcourt finalement, avec plusieurs centaines de mètres de d+ en cadeau. On franchit la ligne d'arrivée mains dans la mains. Disqualifiés bien sûr mais on n'a pas abandonné, et on y tient. C'est finalement une histoire forte qu'on a vécu tous ensemble. Les loosers magnifiques. On s'en souviendra!


J'apprendrai finalement que j'étais 4ème quand je me suis perdue, pas loin de la 3ème. Déçue bien sûr car j'aurais pu faire un bon coup sur cette course relevée mais tout a basculé en peu de temps. Par contre côté forme, je suis contente, la pêche revient. Je me suis sentie très bien en montée, très bien en descente. Reste à continuer à travailler la relance mais je sais que coach Denis veille sur moi!

Comment nous sommes nous perdus? Apparemment c'est au niveau du chemin forestier qu'on a pris la mauvaise option (bien que pas ensemble): il fallait descendre à gauche et on est monté à droite. Il est vrai que c'était un point délicat puisqu'ici les deux côtés de la route étaient balisés, à l'aller et au retour. L'organisation a clairement été light sur le balisage car je ne suis pas allée à l'encontre de signes au sol ou autre. Je n'ai juste pas tourné la tête du bon côté, et ensuite vu que c'était balisé pour l'aller, tout s'est enchainé. Mais ce qui est fait est fait, ce n'est qu'une course parmi bien d'autres, ce n'est pas très grave. Finalement il faut prendre ces 50km comme une bonne sortie longue, effectuée en très bonne compagnie!

dimanche 10 mars 2013

Les cabornis, I'm back!

Après 5 mois d'abstinence, j'ai (enfin) raccroché un dossard aux 40km des Cabornis, dans les Monts d'Or. Dieu que ça fait mal, mais dieu que ça fait du bien!

Dimanche matin, réveil à 6h. Sympa la grasse mat'. Il faut quand même être pas net ... euh passionné pour s'infliger ça. Arrivée à Chasselay sur les coups de 8h pour un départ à 9h. Je croise le kikoureur yannos69 ("69" comme le département hein!) qui m'avait covoituré l'an dernier pour cette même course. Cette année j'ai mis plusieurs messages sur les forums mais personne n'a voulu de moi, bouhhh.

Je m'échauffe à peine, pas le temps et pas la motivation. De toute façon je veux partir doucement. J'ai très peu de km dans les jambes cet hiver et j'ai un tendon qui me tiraille au niveau de la cheville, signe de fatigue chez moi. Je préfère jouer la sécurité.



La première partie se passe gentiment. C'est un peu dense pour moi, ça piétine quelque fois en montée et j'en profite pour récupérer. Arrive enfin le 15ème km, siège du premier ravito (coca, abricots secs, pain d'épice, fromage, tout en même dans la bouche!), mais surtout siège de la bifurcation des deux courses du 27 et 40km. La plupart des coureurs tournent vers le 27km. Enfin seule! Le moral, qui n'était pourtant pas bas, monte en flèche. Les jambes tournent bien, j'accélère, je suis seule, je suis bien (un peu asociale sur les bords la fille). Tellement bien que je rate un croisement! Je perds quelques minutes à retrouver le chemin mais rien de bien méchant.

Cette 2ème partie de course se passe mieux. Je double régulièrement et je me sens plus à l'aise. Je sais que les courses denses, ce n'est pas fait pour moi. J'ai besoin d'espace pour m'exprimer. Oui, ça promet pour l'UTMB... Côté parcours, rien d'exceptionnel mais ça reste sympa: une succession de montées-descentes pour casser les pattes, très peu de lignes droites, une vue souvent dégagée. Pour comparaison je trouve ça bien plus intéressant que les longues traversées des Templiers.

4h33 de course, je franchis l'arrivée en 3ème position féminine. Contente d'en finir mais surtout contente d'être de retour sur le trail. C'en est même euphorisant! Caroline Chaverot me rejoint, on discute quelques minutes. Elle est arrivée en 2ème position, 15 minutes plus tôt. Elle fait un début de saison tonitruant, croyez-moi on n'a pas fini de parler d'elle! La première féminine est Isabelle Jaussaud, arrivée 30 minutes plus tôt. C'est un autre monde.




Au final, une reprise positive pour moi. L'adrénaline de la course, l'ambiance, les rencontres, tout m'a manqué. Un comble: j'ai presque pris plaisir à courir les parties roulantes (Merci Denis!). Je suis loin d'être au top mais j'ai faim de course. 2013 est lancé!

vendredi 8 mars 2013

Bienvenue à toi, lecteur!

8 mars, journée de la femme, l'anniv de ma mère mais surtout la création de ce blog! L'idée c'est de vous y faire partager ma passion, le trail. J'y parlerai de mes courses, de mes entrainements nature et autres crapahutage en "baskets et sacs à dos". Vive le trail, vive le D+! (et vive les femmes)