samedi 17 mars 2018

Ecotrail de Paris 2018 - Trop fastoche! :)

Cet Ecotrail de Paris, avec ses 1500m+ pour 80km, on ne peut pas dire que j'en ai rêvé toute ma vie. Mais il faut sortir de sa zone de confort et courir un trail roulant ne pourra pas faire de mal au diesel que je suis. 80km pour dérouiller la foulée et se forcer à tenir un rythme soutenu sur un terrain facile... (hum hum) Et puis cette course, c'est aussi l'occas de jouer pour le club le classement TTN long. Il manquait une fille pour compléter l'équipe. Le prez m'a eu, j'ai craqué... comme souvent en fait!

Au départ avec Nono et le prez du TTT. Tom s'est déjà perdu! :) Photo: François Giraud


 [voir la trace sur tracedetrail]

La météo annonce un refroidissement avec des températures de l'ordre de 6°C et quelques mm de pluie répartis sur la journée. Je décide de partir en short, booster, tshirt, coupe vent sans manche et veste de pluie que je mettrai s'il pleut. Alors que je quitte le domicile familial et qu'il pleut des cordes, je commence à me demander si la météo ne serait pas un peu plantée quand même... Finalement au départ à St Quentin il caille sévère mais il ne pleut pas. Allez, avec un peu de chance, on va passer entre les gouttes... (hum)

Le départ est donné, ça part vite évidemment mais peu importe, je me mets dans ma bulle. J'ai la musique sur les oreilles -du classique comme d'habitude que je trouve particulièrement adapté à la pureté de la course à pied et des paysages. Enfin côté paysages, avec cette traversée de la banlieue parisienne, aujourd'hui un bon gros rap aurait peut-être été plus adapté!! :D


Peu départ le départ avec Benoit devant moi. Photo: wondertrail


Mais soyons honnête, les 60 1ers km sont finalement assez nature et on quitte peu la forêt. Mon espoir de passer entre les gouttes est vite évaporé: il neige à gros flocons, le sol commence à blanchir. Heuh, on n'avait pas parlé de 6°C??? J'ai froid aux jambes, aux mains, au visage. Et le scénario se répète encore et encore: de la neige, des sols boueux, du froid. Heureusement les sentiers sont finalement assez sympa avec des petites bosses qui cassent la monotonie. Finalement si la météo était plus clémente, je pourrais presque y prendre du plaisir. C'est grave docteur??

Le vent se lève et le froid s'accentue alors que le sol devient un vrai carnage de boue. Les appuis sont glissants, c'est la vraie galère pour avancer. Certaines descentes se font en mode ski-boue. Eh oh on n'avait pas parlé d'un trail roulant? Le prez m'aurait menti?!

Au ravito de Meudon je retrouve mon père, enfin le glaçon de mon père. Il avait peur de me rater, il attend depuis 1h dans le froid, la neige et le vent. Le pauvre! L'assistance aujourd'hui, c'est vraiment pas un cadeau! Surtout que c'est un ravito express: 1h d'attente dans un frigo pour me voir 30''... Quand j'y pense j'ai honte ! (mais je le referai)

La boue, le froid, la neige continuent. Décidément l'Ecotrail de Paris c'est vraiment trop fastoche! Je commence à claquer des dents. 6h dans ces conditions, on y laisse un paquet de plumes! Je n'arrive plus à boire, l'eau de mes flasques est trop froide. Mes doigts gelés n'arrivent pas non plus à attraper les gels que j'ai dans ma poche. Je suis en mode survie.

Au parc St Cloud je retrouve le glaçon de mon père. Et hop, une nouvelle heure d'attente dans le congélo! Ravito express dans la voiture garée à l'entrée du ravito (bien vu papa!) et c'est reparti. Les 10km qui restent sont évidemment les moins sympas. On a définitivement quitté la forêt pour le bitume et les pots d'échappement. J'attends la tour Eiffel avec impatience! Qu'on en finisse!

Ah enfin le voilà le gros cailloux métallique! Dernière floppée de marches que j'avale aussi vite que possible. je franchis la ligne d'arrivée: 8h33, 6ème femme (125/1737, 7% scratch).

Au final je suis contente de ma course avec un chrono pas dégueux pour un diesel en reprise et surtout une course régulière. Sur le tracé en lui même, j'ai été agréablement surprise. Les chemins sont assez sympa et moins monotones que ce à quoi je m'attendais. Peut-être aussi que les conditions difficiles en sont pour quelques choses: j'aime la bagarre (mon frère confirmera!) et me battre contre les éléments m'a peut-être bien plu même si j'ai intérieurement beaucoup rouspété. C'est la contradiction des traileurs: on se plaint beaucoup mais on aime ça et on y retourne! :)

Merci à NaïtUp pour le dossard et les belles nuits en perspective! Merci à vibram pour leur soutien et leur amitié! Merci à Benoit pour le briefing aux petits oignons! Merci à mon père d'avoir tenu dans le congélo. On remet ça bientôt à Madère? ;)

Prochain RDV au défi de l'Olympe pour une bonne session de D+!



dimanche 18 février 2018

Gruissan Phoebus Trail 2018 - I'm back (enfin bientôt)

Retour sur le Gruissan Phoebus Trail pour la 3ème année consécutive. Ce n'est pas dans mes habitudes de refaire les mêmes courses mais il faut avouer que celle-ci est idéalement située pour une reprise. Mais surtout c'est l'occasion de la première manche TTN long et donc l'occasion de mouiller un peu le maillot pour mon loving club.

Dans l'absolu, avec ses 50km et 1500+, cette course ne devrait pas spécialement me faire peur. Mais voilà, cette année n'est pas une année comme les autres puisque je n'ai repris le sport que depuis 2 mois après 3 mois d'abstinence forcée suite à ma blessure au genou sur l'UTMB. Et encore, seulement en mode allégé: si je compare le mois de janvier à celui de l'an dernier, c'est deux fois moins de volume de sport. Pire, je n'ai pas fait d'entrainement de plus de 2h depuis août dernier! Sur la ligne de départ, je n'en mêle donc pas large: "vais-je réussir à finir? Est-ce que le genou va tenir?" Allez cocotte, t'as survécu à 3 mois sans sport, tu vas bien survivre à quelques heures de casse de fibre!

Le départ est donné et évidemment je me fais doubler de toute part. "Surtout ne pas tomber surtout ne pas tomber". Ah ça, il m'a marqué ce foutu UTMB 2017! J'essaie de prendre mon rythme sans m'occuper des autres. Il y a quelques coureurs qui me doublent, j'en double d'autres, mais peu importe, je n'essaie jamais de suivre quiconque. Si je ne veux pas couler une bielle en route, ma seule option est de courir à mon rythme, dans ma bulle, comme s'il n'y avait personne d'autre. Aujourd'hui j'ai les pneus crevés mais on peut bien rouler sur les jantes non?

Après un temps qui me parait long, je regarde ma montre et m'aperçois avec effroi que je ne cours que depuis 1h. Eh ben ma cocotte, elle va être longue cette course! Non pas que le tracé soit monotone, au contraire, c'est beaucoup de monotraces joueurs, caillouteux à souhait, avec de très belles vues sur la mer et les Pyrénées enneigées. Mais je n'ai plus l'habitude de courir longtemps et 1h me parait déjà un ultra! L'endurance, ça se travaille aussi dans la tête!

Si j'avais moins mal aux jambes, je pourrais presque trouver ça beau :) Photo: Boris Loridan

Après 2h30 de course, les gambettes sont déjà gorgées de lactate. Il faut dire que j'ai dépassé mon record de course des 5 derniers mois. J'en suis à moins de la moitié de course, oh my god, ça va être long cette histoire!

Après le premier ravito, le tracé devient encore plus joueur avec de belles petites bosses et des passages techniques. Je tiens au moral plus qu'au physique: les gambettes tétanisent dans les descentes, surtout la gambette gauche qu'inconsciemment j'ai du économiser depuis ma reprise. Je suis au bord de la crampe à chaque pas. J'étais plus fraiche à l'arrivée de la diag'!

La foulée légère et le grand sourire. Non, ah bon? Photo: Bernard Chenot

Dernière petite bosse passée, quelques minutes de plat qui me paraissent des heures et voilà l'arche tant espérée! Quel soulagement d'en finir! La perf est médiocre: 5h34, 9ème femme, 126/324 (39% scratch)... Houah ça fait mal au moral quand même. Malgré tout, la satisfaction est là: je suis de retour au trail et le genou n'a pas couiné! Et ça c'est quand même la plus belle des médailles! I'm back, I'M BACK!!! Bon bien sûr I'm back très lentement mais je vais y travailler! ;)

Prochain RDV sur le Ceven'trail pour une nouvelle séance de casse de fibres!


mercredi 17 janvier 2018

Demandez le programme - 2018

Elle s'annonce plutôt sympa cette nouvelle saison! Sur le papier du moins!
Allez hop hop hop, on se remotive après les déconvenues de fin de saison 2017! Les années paires me réussissent toujours mieux ;)

Photo: Klaus Dell'Orto

- 18/02 Gruissan Phoebus Trail 50km 1500+ → 9ème femme (39% scratch) [récit]
- 17/03 Ecotrail de Paris 80km 1500+ → 6ème femme (7% scratch) [récit]
- 08/04 Défi de l'Olympe 6h de D+ (25km 3600+ 0-) → 6ème femme (27% scratch) [récit]
- 28/04 MIUT 115km 7200+ →  3ème femme (9% scratch) [récit]
- 19/05 Pastourelle 53km 2500+ →  3ème femme (7% scratch) [récit]
- 09/06 6666 occitane 120km 7000+  →  1ère femme (4% scratch) [récit]
- 14/07 Championnat de France 68km 4900+  →  9ème femme (38% scratch) [récit]
- 28/07 GGUT 110km 6600+ →  2ème femme (7% scratch) [pas de récit: vacances :)]
- 31/08 UTMB 170km 10000+ →  6ème femme (2.5% scratch) [récit]
- 07/10 Trail des Glières 61km 4100+ →  1er duo mixte (13% scratch) [pas de récit]
- 17/10 Grand raid de la Réunion 167km 9600+ →  2ème femme (0.9% scratch) [récit
- 01/12 Saintélyon 81km 2100+ (moi 32km 1000+) →  1er relais mixte (5% scratch) [pas de récit]

Soit un total de 1050km et 59 500m+ en compétition! Et 0 ampoule! :)

vendredi 1 septembre 2017

UTMB 2017 - Badaboum!

Me voilà de retour sur l'UTMB pour la troisième fois. Moi qui avais l'habitude de dire que je n'aimais pas refaire les mêmes courses... Il faut croire que je l'aime celle-là! J'ai un peu de pression cette année car je sais que faire mieux qu'en 2016 sera difficile - au moins au niveau du classement. Pourtant je suis assez confiante car j'ai fait une très bonne prépa et je trouve les gambettes particulièrement affutées cette année. La météo ne s'annonce pas terrible, si bien que le parcours est très légèrement raboté du col des pyramides et de la tête au vent mais l'essentiel est bien de faire le tour du gros caillou! (NDLR: pour ceux qui en auront l'occasion...)




Le départ de l'UTMB est toujours quelque chose d'extraordinaire. Il y a une foule impressionnante, ça crie, ça tape, franchement cette course je la fais sûrement plus pour les 10 minutes avant le départ que pour la descente sur la Fouly! On se croirait tous des champions du monde!

Direction le départ avec les copains du team (Gedi, Yulia et Nic). Photo: Christophe Angot pour photosports.

Comme toujours Ludo fait monter l'ambiance. La musique de Vangelis retentit. C'est la 3ème fois et pourtant ça me fait toujours autant de frissons! 5-4-3-2-1 c'est parti!

Je suis dans les 1ères lignes et dès le départ je suis bousculée. Dis-donc il y en a derrière qui sont sacrément excités. Juste devant moi je vois un concurrent qui filme la foule en courant sans même regarder devant lui. Je me dis qu'il est inconscient vu la densité de coureurs. Et à ce moment là... Badaboum!!! Je n'ai rien compris mais j'ai été retournée comme une crêpe. Atterrissage violent les deux genoux sur le bitume. Je n'ai rien vu mais quelque chose (bâton?) m'a attrapé le pied droit par derrière. Le croche-patte parfait au moment parfait. La chute est violente car je n'ai même pas le temps de mettre mes mains devant pour amortir. Tellement violente que ça me résonne jusque dans la tête et que dans un 1er temps je crois que c'est la tête qui a tapé. Je suis sonnée, je ne comprends rien. Un spectateur me relève et me dis qu'il ne faut pas rester là. Merci à lui!

Je repars donc mais d'emblée j'ai mal. Dans un 1er temps c'est surtout au genou droit, sur la rotule, et dans une moindre mesure au genou gauche, un peu latéralement. Je me dis que ce n'est peut-être qu'un bleu et que ça va passer. Seulement la douleur au genou gauche augmente et ce n'est pas bon signe. Pourtant je cours bien et arrive aux Houches sans même m'en rendre compte. Moi qui d'habitude souffre sur le plat, j'ai la satisfaction de voir que j'ai bien progressé cette année là dessus.

Dans la montée au Délevret j'appelle Cyril pour lui dire que j'aurai besoin d'une bombe de glace aux Contamines. Je le rassure en lui disant "ce n'est rien ce n'est qu'un bleu". Politique de l'Autruche car je vois bien que courir est de plus en plus douloureux. Notamment dans la descente sur St Gervais où plusieurs concurrents me doublent alors que c'est normalement mon point fort.

A St Gervais la foule est impressionnante. Je tape dans quelques mains d'enfants, tente d'esquisser un sourire mais la tête est ailleurs "est-ce que c'est grave? est-ce que ça va tenir? P***** FAIT CH***!"

A St Gervais, quand je pouvais encore courir... Photo: Christophe Angot pour photosports. 
Quelques km plus tard, je rejoins Nic aux Contamines pour le 1er point d'assistance. Pendant que je me plains (et maudis le coureur inconnu qui m'a fauchée...), Nic me bombe généreusement de froid, échange mes flasques, me remplit mes poches. Tout ça en quelques secondes chrono et sans rien dire. Puis "allez c'est bon tu peux repartir". L'assistance digne d'une formule 1, malheureusement aujourd'hui pour des pneus crevés! Je repars en me disant qu'il faut que je sois à la hauteur. Allez petite, ça va aller, arrête d'y penser, sois positive!

Surtout que la bombe de froid fait son effet et pour la 1ère fois j'ai moins mal. A Notre Dame de la Gorge, je vois Cyril et mes beaux parents et leur dis "ça va beaucoup mieux, apportez la bombe à Courmayeur". Que je n'atteindrai en fait jamais...

A Notre Dame. Photo: Christophe Angot pour photosports. 

C'est à Notre Dame que les choses sérieuses commencent avec une montée de 1250m en 10km. La montée se passe plutôt bien puisqu'il s'agit de marcher et à la marche les genoux me font moins mal. Il fait très froid en haut mais je suis parfaitement équipée (Tshirt manches courtes ceramiq, coupe vent sans manche et veste crazy). Je n'ai pas du tout froid alors que les coureurs autour de moi grelottent. Avoir un bon équipement fera clairement la différence aujourd'hui!

Dans la descente qui suit, je douille. L'effet de la bombe de froid a disparu depuis longtemps. J'ai mal au genou, surtout le gauche que je plie de plus en plus difficilement. Mais en fait le plus douloureux c'est le pipi! S'agenouiller devient impossible alors je fais pipi debout... avec une réussite mitigée... au moins ça réchauffe les jambes! :)

Aux Chapieux je me demande pour la 1ère fois si je ne devrais pas m'arrêter là. Mais rentrer à Chamonix d'ici va être tellement long que je me convaincs de rejoindre Courmayeur. Et puis mon beau-père doit m'y retrouver et il rêvait tellement de prendre le tunnel, je ne peux décemment pas lui faire ça! ;) Sans compter que Mel et Math sont là pour m'encourager. Mel fait même quelques pas avec moi (oui je sais c'est interdit...), ça me rebooste.

J'ai beaucoup de mal dans la première partie de la montée du col de la Seigne car il faut courir, puis la pente augmentant je marche et c'est déjà moins douloureux. Mais la descente suivante est impossible. Désormais je ne peux plus plier le genou gauche, si bien que je tape dans beaucoup de cailloux, perds l'équilibre et dois plier la jambe pour me rétablir. Aïe PU***** de M****! Je vois le ravito du lac Combal en contre bas. Je ne peux plus courir, je marche jambe tendue, j'ai très mal. En arrivant au ravito mes premiers mots sont "comment on fait pour abandonner?".

Donc voilà DNF ("did not finish") sur l'UTMB. C'est une énorme déception d'abord parce que j'étais particulièrement en forme et cette course était ouverte. Je m'étais préparée pour un 100 miles, ma course a duré 100 mètres! Ensuite parce que j'ai le sentiment qu'on m'a volé ma course. Cette chute n'est pas de ma faute, je ne peux en vouloir qu'au coureur qui m'a attrapé le pied (et sans s'arrêter ensuite d'ailleurs....). Pourtant dans la tête je suis bizarrement moins déçue qu'à la Transgrancanaria. Course que j'avais finie mais dans un état pitoyable et je ne pouvais m'en prendre qu'à moi-même, je n'avais pas su me préparer. Comme je n'aime pas mal faire les choses, je m'en suis beaucoup voulu. Là finalement je trouve ça plus facile d'en vouloir à qqun d'autre qu'en vouloir à soi!

Le soucis de mon genou est donc un épanchement de synovie suite au choc. A J+5 je ne peux toujours pas plier le genou plus qu'à angle droit. Alors je prends mon mal en patience. Avant de repartir surmotivée pour la diag'!

Quoi qu'il en soit, mille merci aux milliers de spectateurs qui nous ont encouragés sur le chemin. Si vous saviez comme ça fait du bien au moral! Merci au team vibram pour les si bons moments partagés, à Nic et Jérôme pour l'assistance et le réconfort. Vous êtes une team de rêve! Evidemment et comme toujours, merci à ceux qui me soutiennent avec ou sans genoux: vibramisostar, trailstoreTente Hussarde NaïtUp.

Prochain RDV... lorsque le genou sera de nouveau d'attaque!

samedi 22 juillet 2017

Grossglockner Ultra Trail - le tour du gros caillou (sans le voir)

Après l'Espagne (Transgrancanaria) et l'Italie (Lavaredo), me voilà en Autriche pour le Grossglockner Ultra Trail. J'ai l'énorme chance cette année de voyager par le trail alors j'en profite! (merci Gedi pour l'invitation) Mes deux dernières prestations aux Canaries et dans les Dolos n'étaient pas folichonnes alors j'espère pouvoir me rattraper aujourd'hui. Pour la confiance d'abord, puisque c'est ma dernière course avant l'UTMB, et pour les organisateurs ensuite pour les remercier de leur accueil 4* et même plus (danke viel mal Kaprunerhof hotel! Das war einfach perfekt!). Le tracé du jour est simple: juste un petit tour du gros caillou autrichien. Quand même 110km et 6500+...



On est un peu plus de 300 à 23h à Kaprun sur la ligne de départ. Je suis en première ligne -privilièges des invités- et évidemment je me fais pas mal doubler sur les premières minutes. La première partie jusqu'au ravito de Ferleiten (km22) ressemble beaucoup au début de l'UTMB jusqu'au Contamines: une bosse, des chemins plutôt larges (malgré quelques singles) et du faux plat montant. Pas extraordinaire comme début de course mais c'est un bon entrainement pour l'UTMB. J'arrive au ravito avec deux féminines. Depuis le début, je n'arrête pas de me dire qu'on part trop vite sachant ce qu'il nous reste mais les filles sont surmotivées et je ne veux pas les laisser partir. Alors je sers les dents... et prie pour que ça lache! ;) Je repars juste avant elles après un ravito Formule 1 orchestré par Cyril.

5km plus loin, c'est là que les choses sérieuses commencent avec une montée bien raide jusqu'au U. Pfandlscharte (km35). J'apprécie de pouvoir marcher sans en avoir mauvaise conscience. Le parcours est devenu bien plus joueur, avec beaucoup de singles et une longue traversée de glacier où je m'amuse comme une enfant. Tout ça en débardeur à 2500m en pleine nuit et sans avoir froid! Inquiétant le réchauffement climatique mais en égoïstement agréable...

Ravito express à Glocknerhaus (remplissage des flasques en cranberry, km38) et j'attaque la montée jusqu'au Pfortscharte, point culminant de la course (2800m). Le jour se lève et je m'aperçois que la météo qui annonçait grand beau temps aujourd'hui semble s'être bien trompée puisque c'est tout bouché. Dommage de ne pas pouvoir voir les sommets car ça a l'air merveilleux. Peu de temps après, la pluie s'en mêle. Ca ne durera qu'une petite heure, mais assez pour bien refroidir mes ardeurs.

Est-ce le froid, l'excès de sucre ou autre? Peu après j'attrape des brûlures d'estomac. C'est un problème assez récurrent chez moi mais ce n'est que la 2ème fois que ça m'arrive en course. Un maalox, un smecta, un bouillon, du salé, j'entreprends l'extinction du feu intérieur. Les deux heures suivantes sont douloureuses, j'arrive à peine à courir en descente (remous) et surtout je ne m'alimente plus.

J'arrive à Kals (km60) où je retrouve Cyril mais avant même de lui dire bonjour je fonce vers la dame au bouillon. Tu permets mais là tout de suite y a des choses plus intéressantes que toi! ;) Recharge en barres et boisson, en espérant que je puisse bientôt me ré-alimenter (mais il est vrai que cela semble aller mieux).

Les 10km suivants sont hyper roulants, dans une vallée bucolique mais un peu monotone à mon goût. C'est pas dur, c'est tout droit le long de la rivière. La vallée en elle même est belle mais je ne prends pas de plaisir et la sanction est immédiate: quand je ne m'amuse pas, je n'y arrive pas. Donc c'est plat mais je marche souvent. Je me fais doubler par 2-3 coureurs mais j'ai beau essayer, je ne peux pas à les suivre. C'est dans la tête que ça se joue mais aussi dans les jambes. Car depuis Kals j'ai une dalle d'enfer. Maintenant que l'estomac a repris du service, il proteste violemment d'avoir été à la diète forcée pendant plusieurs heures. J'ai rapidement terminé toutes les barres que j'avais prévues sur cette portion. J'attaque la montée de Kalser Tauern (km78) avec les poches aussi vides que les gambettes. Cette montée est un long chemin de croix. C'est raide et je n'ai pas d'énergie. Je m'arrête plusieurs fois. Atteindre le sommet est une délivrance comme j'en ai rarement connue.

Je retrouve Cyril peu après au ravito de Rudolfshütte. Je repars avec le double de ce que j'avais prévu mais il faut bien nourri l'ogre qui est en moi! On bascule sur la partie que je trouve la plus grandiose. C'est mega sauvage dans un enchevêtrement indescriptible de rochers à travers lesquels le sentier serpente. Avec le lac en contrebas et le glacier juste au dessus, c'est juste hallucinant de beauté, même si malheureusement la chape de nuage nous empêche de voir les sommets.

Les gambettes de Juliette. Si si! Photo: sportograf.com
J'arrive à Kaprunertörl (km85), dernier sommet du jour. A partir de maintenant il suffit de descendre... pendant 25km quand même! On bascule vers le très joli Stausee (km90), ça je connais puisque j'y étais la veille. C'est marrant mais la descente m'avait paru plus facile la veille. Enfin il faut dire que j'étais en bus!

La descente jusque Kesselfallhaus (km102) est roulante mais assez joueur et je m'amuse. C'est fou à quel point j'ai retrouvé des forces depuis Rudolfshütte. Quand je pense à mon état de fatigue avancé quelques heures plus tôt, je me dis qu'il ne faut jamais baisser les bras en ultra! Je double beaucoup de monde sur la descente, mais malheureusement ce ne sont que des coureurs du 50km qu'on a rejoint depuis quelque temps. C'est à la fois fatiguant ("vorsicht", "bitte", "achtung", "bitte", "vorsicht" etc) et motivant.

Après Kesselfallhaus c'est un peu plus monotone mais il faut bien rentrer n'est ce pas? Je mets mes dernières forces dans les derniers km. Je franchis la ligne après 17h27, 1ère femme (10/150 scratch, 7%). Très contente de ma course après un petit passage délicat à mi-course. Mais il faut bien quelques petits grains de sable pour pimenter l'aventure!

Les gambettes à l'arrivée. Photo: Cyril Pérot 

Vielen dank aux organisateurs pour leur invitation et leur accueil XXL. Je ne connaissais pas les Alpes autrichiennes et je n'ai pas été déçue. Les paysages sont déments, je suis extrêmement contente d'avoir couru au milieu de ces décors majestueux. Malheureusement la météo m'a empêchée de voir le sommet du gros caillou alors je crois bien qu'il va falloir que je revienne! Les organisateurs si vous repassez par là... ;) Evidemment et comme toujours, merci à ceux qui me soutiennent avec ou sans victoire: vibramisostar, trailstore, Tente Hussarde NaïtUp.

Prochain RDV sur l'UTMB pour un autre tour de gros caillou!

samedi 24 juin 2017

Lavaredo Ultra Trail 2017 - La douleur de l'abandon

Voilà les gambettes dans les Dolos pour leur deuxième participation de l'année à une course de l'UTWT. Au menu du jour le Lavaredo Ultra Trail, environ 120km et 5800m D+. Une course qu'on annonce roulante mais incroyablement belle. J'arrive en forme et motivée pour partager ce moment avec les copains du team vibram. La vue depuis Cortina en dit déjà long sur ce que l'on va prendre dans les yeux. Amitié, trail, soleil, je me dis que tout est réuni pour que je passe un bon week-end. Seulement...




La départ est donné à 23h devant un public nombreux. Bravi bravi bravi! (car comme je l'apprends pour l'occasion, "bravo" s'accorde en italien)

Cherchez Charlie! (si si je me vois). Photo: organisation.

J'ai les jambes coupées au départ mais comme toujours il faut quelque temps aux gambettes pour chauffer et quelques dizaines de minutes plus tard elles ronronnent comme un vieux diesel. Le parcours est roulant, c'est sûr, néanmoins le d+ est là et perso je fais la plupart des côtes en marchant, les mains en appui sur les genoux. Tout le monde ne s'appelle pas Caro Chaverot! ;)

Première bosse passée, j'attaque la 2ème en marchant-trottinant. Sans que je comprenne pourquoi, une petite douleur s'installe peu à peu dans la fesse gauche. Je me dis que ça va passer, ça m'arrive d'avoir de petites douleurs qui passent. Malheureusement celle-ci ne s'estompe pas au fil des km et a même plutôt tendance à augmenter. Pour l'instant c'est tout à fait supportable mais vais-je tenir 100km comme ça? Ca commence à gamberger dans la tête bien plus que dans les gambettes.

Au ravito du km33, je retrouve les vibram boys pour le ravito. Je leur dit que j'ai mal à la fesse et que je vais voir comment ça évolue. Je suis loin de devoir abandonner mais le fait que ça ne se stabilise pas m'inquiète. J'ai déjà fait la diag' en 2014 avec une douleur bien plus forte au genou (chute) mais la différence notoire est que la douleur s'était vite stabilisée. Dans la tête je n'avais pas l'impression d'empirer les choses à continuer. Aujourd'hui c'est différent.

Le soleil commence à pointer le bout de son nez dans la montée vers les tre cimes. J'éteins la nao et découvre les magnifiques falaises qui nous entourent. Ah c'est beau les Dolos! Je monte en marchant à un bon rythme. La douleur à la fesse continue d'augmenter mais c'est encore supportable en montée, même si la descente m'inquiète plus. Mais chaque chose en son temps: pour l'instant, monter!

Au refuge je retrouve Jérome, Nico et co. Je leur dit que je continue parce que maintenant que je me suis tapée toute la nuit, j'ai quand même envie de profiter un peu du jour! Mais intérieurement je suis pessimiste pour la suite. Je repars en trottinant ou plutôt en claudiquant puisque je boite depuis quelque temps pour diminuer le poids sur la jambe gauche. Maud qui était juste devant moi au refuge disparait vite, d'autres coureurs me doublent. Pas facile dans la tête mais la vue est tellement GRANDIOSE que je garde le sourire. GRANDIOSE n'est pas le mot. A vrai dire il faudrait inventer de nouveaux superlatifs. Lever du jour orangé sur les falaises grises vertigineuses des tre cimes au dessus d'une mer de nuages bleue. Sincèrement j'ai rarement vu quelque chose d'aussi beau!

Au pied des tre cimes. Photo: organisation

La piste en balcon terminée, on attaque une descente de 800m D-. Raide et un peu technique au début, puis bien plus roulante (et à vrai dire un peu ch***) par la suite. J'arrive à courir au début mais ça devient vite trop douloureux. Je cours 10m et marche 5m. A chaque pose du pied, c'est un petit coup de poignard dans la fesse. C'est une douleur bien localisée mais qui devient décidément très douloureuse. Je fais un rapide calcul, il me reste plus de 60km à continuer comme ça. Je n'ai jamais eu de plaisir à courir dans la douleur mais surtout je n'arrête pas de me répéter que c'est une connerie ce que je fais, que le fait que j'aie de plus en plus mal, c'est que les choses empirent. J'ai mal mais de toute façon ça gamberge bien trop dans la tête pour courir. C'est décidé, j'arrête. J'appelle les vibram boys pour qu'ils viennent me chercher à la prochaine route. Km60. Fin de l'aventure dolomitienne. (ça se dit?)

Bizarrement au début, cet abandon (mon 1er sur blessure), je ne le prends pas mal du tout. Sans avoir abandonné, je m'en voulais bien plus à la Transgrancaria de m'être si mal préparée. Aujourd'hui physiquement j'étais prête, je n'ai même pas chuté, pas fait d'erreur. Je me dis qu'une blessure ça arrive, c'est peut-être juste la faute à pas de chance. Mais le moral se détériore au fil de la journée, alors que je vois les sourires radieux des coureurs franchissant la ligne d'arrivée à Cortina. Le bonheur des uns ne fait pas toujours le bonheur des autres!

6j après, je pense avoir digéré. De toute façon il faut avancer, ce qui est fait est fait! Pour la petite histoire, cette douleur c'était une élongation qui est déjà pas loin d'être guérie. La reprise est imminente. :)

Je n'ai vu que la moitié du parcours mais ce que je peux en dire c'est que les paysages sont grandioses mais le tracé en lui-même est beaucoup moins enthousiasmant. Beaucoup de pistes monotones, de longues lignes droites, très peu de singles. Personnellement, une année où la météo ne permettrait pas de profiter des paysages (et c'est souvent le cas dans les Dolos!), je m'ennuierais sacrément. Ceci étant dit, il en faut pour tous les goûts et heureusement qu'il y a des courses comme ça pour ceux qui aiment envoyer.

Pour finir, merci au team vibram pour leur assistance physique et morale, leur bienveillance, leur gentillesse, leur amitié, les tranches de rigolades et les bonnes pizzas! Merci aux organisateurs, aux baliseurs, aux bénévoles. Et un grand merci aux nombreux supporters italiens présents à chaque coin de route. Bravo brava bravi! Et évidemment merci à ceux qui me soutiennent avec ou sans ligne d'arrivée: isostar, trailstore, Tente Hussarde NaïtUp.



dimanche 4 juin 2017

Transju'trail 2017 - en mode boue et TTT

Après Gruissan en février, me voilà avec la Transju'trail sur une 2ème manche du TTN en l'espace de quelques mois. C'est qu'avec les copains du TTT (et surtout son prez!!), on a décidé cette année de jouer le classement club. Indépendamment du TTN, c'est de toute façon une course qui me dit depuis quelque temps: 72km 3200+ de traversée du Jura de Mouthe aux Rousses, dans l'autre sens que la transju ski de fond que j'ai déjà faite plusieurs fois et en passant par les sommets. C'est l'occasion d'aller voir à quoi ressemblent les sentiers jurassiens l'été. Enfin l'été au sens jurassien...



La veille en fin d'après-midi il commence à pleuvoir des cordes et au réveil au matin ça n'a pas diminué. Je me dis que finalement, je n'ai peut-être pas tant envie que ça de la faire cette course! Mais c'est le trail, il faut se faire aux conditions météo. Et puis pas le choix, le prez veille aux grains!

Le départ est donné de Mouthe sous une bonne pluie bien fraiche. Je pars prudemment parce que je sais que ça va être long cette histoire mais aussi parce qu'on m'a conseillé d'arriver fraiche à Morez à mi-course, voire même à Prémanon. Je cours les premières minutes avec Delphine avant qu'elle ne décroche un peu. Il pleut mais sous les grands sapins on est relativement épargnés. Et puis au fil des kms le ciel semble s'éclaircir un peu. On passe du gris foncé au gris clair, si ça se trouve, c'est même ce qu'on appelle du beau temps dans le Jura! ;)

A la Chapelle des bois (km16), je retrouve le prez derrière l'objectif et Cyril derrière les flasques. Malgré la pluie il y a beaucoup de spectateurs. Et oh c'est pas une petite bruine (=pluie battante) qui va faire peur aux jurassiens! Inconscience ou excès d'optimisme, je décide de changer mon kway pour un coupe-vent. Bonne galère pour l'enfiler sous la pluie malgré l'aide de Cyril: la membrane colle aux bras et puis mince (pour rester polie), il est à l'envers! Je mets plusieurs minutes à me changer, tout ça en répondant en même temps aux questions du speaker. C'est la galère! Finalement ouf je repars.

Départ du ravito de la Chapelle des bois (avec Yanis). Photo: le prez

On enchaine par une montée courte mais assez sèche puis quelques km de crêtes de la roche Bernard. C'est sûrement beau, enfin j'en sais rien car aujourd'hui c'est complètement bouché. Dommage! Je continue mon petit bonhomme de chemin (boueux) et rejoins Morbier (km32). On m'a dit que c'était le seul endroit de la course où on trouvait du Morbier et croyez-moi, ce n'est pas tombée dans l'oreille d'une sourde! Donc on va dire que j'en profite bien... Désolée pour ceux qui derrière moi n'ont pas pu en avoir! ;)

A Morez (km34) je retrouve le prez derrière l'objectif et Cyril derrière les flasques. Ravito express qui cette fois se passe à la perfection. Je repars sous les encouragements du public nombreux et avec Sangé qui me fait l'honneur de m'accompagne sur les 1ers mètres. Merci mec pour les paroles sympas et plus encore pour ton sourire communicatif!

Au ravito de Morez. Photo: le prez

On enchaine par un bon raidard puis un single joueur, encore plus avec toute cette boue. Ca ressemble parfois plus à du ski-boue qu'à du running... Finalement cette transju ne me change pas vraiment de la version ski de fond!

A Prémanon (km47), Cyril et le prez ne sont pas là mais c'est normal, ce n'était pas prévu. Je fais un ravito express parce que le 23km vient de partir il y a 5' à peine et le début du parcours étant différent, j'ai toujours l'optimisme de croire que je vais pouvoir passer avant. Que nenni quelques minutes plus tard les deux courses se rejoignent et je suis en queue de peloton du 23km. Il y a des dizaines et des dizaines de coureurs autour de moi alors que jusque là j'étais presque seule. Je réalise que je vais devoir faire toute la fin de course avec le peloton du 23km et ça me zappe un peu le moral.

Mais c'est peut-être un mal pour un bien côté chrono car cela me motive pour la Grande Remontada du Peloton. Je double à gauche, à droite, au milieu, dès qu'il y a un petit trou je m'y engouffre (de manière peut-être peu cavalière parfois - désolée les coureurs). Et je remonte et je remonte et je remonte. Mais c'est pas possible, il viennent d'où tous ces gens, il y en a toujours autant!

J'arrive au ravito des Dappes (km54) où je dois retrouver Cyril. J'ai beau bien regarder, je ne le vois pas mais il faut dire qu'entre les spectateurs, les assistants et les coureurs, il y a un monde fou quand je passe. En voyant la longue queue de voitures sur la route, je me dis que Cyril doit être dans les embouteillages, il n'a pas dû pouvoir arriver à temps. Je repars sans me ravitailler en me disant qu'il sera au prochain (que l'on avait pourtant pas prévu).

Je fais la montée jusqu'à la Dôle aussi vite que je peux car il y a un challenge spécial sur cette montée et je suis joueuse! Je continue la remontada du 23 mais je n'ai pas l'impression que ce soit moins dense. C'est pas possible, il se multiplient ou quoi tous ces coureurs?! Arrivée au sommet de la Dôle (km57), je ne vois pas de tapis pour prendre le chrono. Je me dis mince, c'est peut être plus loin alors je continue aussi vite que je peux. Ca descend puis remonte jusqu'au col de Porte. Je suis toujours "à fond" (avec les guillemets - on parle des gambettes quand même!). Pétard mais il est où ce foutu tapis pour le chrono?!? Je double Mayou dans le dernier raidard, puis on bascule sur le ravito de Cuvaloup (km62).

A Cuvaloup, pas de tapis (je me dis que j'ai dû le rater) mais surtout pas de Cyril. P**** mais où il est le coquin? Je n'ai plus rien à manger, plus de powertabs à mettre dans mes flasques. En fait Cyril est ... encore en train de m'attendre au ravito précédent! Depuis 1h30 sous la pluie! Il était bien là quand je suis passée mais à cause du monde on ne s'est pas vu. Et vu que le livetrail ne marche pas il croit que je ne suis pas encore passée! Bref, c'est la loose!

Je repars du ravito avec une banane entière dans la main en espérant que cela fasse l'affaire pour les derniers 10km. Malheur, 50m après le ravito, je la fais tomber dans la boue. Je me retourne et estime que 50m pour quelqu'un qui doit en faire 72000 c'est décidément un trop gros détour et donc je continue. Erreur! je suis complètement à sec et l'hypo me guette. Je ressors les vieux emballages de gels mangés quelques heures plus tôt pour en extraire les dernières gouttes. Il y a plein de coureurs autour de moi, dont Mayou qui me redouble, mais j'estime que ce ne serait pas correct de leur demander à manger. C'est moi qui me suis emmêlée les doigts de pieds dans les ravitos, j'assume. Je guette par terre si quelqu'un n'aurait pas perdu (ou jeté...) un gel ou une barre. Même à moitié mangés et tombés dans la boue, au point où j'en suis, je prends tout! Mais malheur aux jurassiens, ils ne sont décidément pas assez sales! Ca vous perdra! ;)

Je finis tant bien que mal en jetant mes dernières forces dans la bataille, accompagnée de Mickael qui m'a rejoint après une bonne pause au ravito. Tellement contente de voir la ligne d'arrivée, je n'aurai pas pu continuer longtemps comme ça! Au final 8h04, 1ère femme, (32/390 scratch, 8%). Un chrono que je n'espérais pas aussi bas!

La tape avec Mayou à l'arrivée. Photo: Nordic magazine

Merci au TTT pour ce week-end d'enfer comme toujours! Avec un énorme chrono pour tous (5 dans les 33 premiers!). Bravo les copains! On attend le classement équipe mais ça sent bon! ;) Merci au prez de nous obliger euh nous encourager à vivre des émotions comme ça! ;) Merci aux organisateurs, aux baliseurs, aux bénévoles. Et un grand merci aux jurassiens pour leur présence à chaque coin de sentier malgré la météo. Et évidemment merci à ceux qui me soutiennent sous le soleil comme dans la boue: vibram, isostar, trailstore, Tente Hussarde NaïtUp.

Prochain épisode dans les Dolos sur le Lavaredo Ultra Trail avec les copains du team vibram!