vendredi 27 juin 2014

Ma première "course au ciel": les 80km du Mont Blanc

10 mois après l'UTMB, retour dans les rues de Cham' pour ma première course de Syrunning, "course au ciel" pour les non-anglophones. Car oui, nous traileur on court le ciel, rien que ça! ;) Cette année le 80km est la course du championnat du monde d'ultra skyrunning. Le parcours a l'air magnifique et le plateau tout aussi relevé (championnat du monde oblige). Je suis contente de pouvoir "rencontrer" (de loin!) le gratin féminin dont on parle dans les journaux spécialisés. Je ne me fais pas d'illusion, nous ne vivons pas sur la même planête trail, mais cela sera un bon test pour voir où j'en suis. Et une bonne prépa pour la diag'.

Voilà donc ce qui nous attend: 80km/6000m+ selon les organisateurs, jusqu'à 90km/7000m+ selon certains GPS.


10' avant le départ, je suis sur la place de l'amitié à Cham' et j'entre dans le sas. J'y croise Mayou et Mick du TTT, puis Jean-Phi, Mr TraceDeTrail s'il vous plait. Cyril se place un peu plus derrière, préférant partir tranquille. Je suis placée plutôt devant mais à distance respectable des élites. Nous ne jouons pas dans la même cour!

Photo: Salomonrunning

4h pétante, le départ est donné pour quelque 1200 traileurs inconscients. Quelques minutes de bitume à peine pour traverser Cham', puis on attaque déjà la première montée qui nous menera jusqu'au Brévent (2450m). La bagatelle de 1500m+ sur les 8 premiers km, le ton est donné! Je monte bien, à mon rythme tranquille de début de course. Cyril me rejoint aux 2/3 de la montée. Le jour se lève petit à petit, découvrant une vue magnifique sur le Mont-Blanc.

Le jour se lève dans la montée du Brévent (Photo: Timothé Nalet

J'arrive au Brévent, premier sommet du jour, avec Cyril sur mes talons (1h47, 156ème). Je prends la poudre d'escampette dans la première descente, doublant une vingtaine de coureurs dont quelques féminines. Je passe Planpraz puis la Flégère sans m'arrêter (2h35, 124ème).

On rejoint un sentier en balcon jusque la Tête aux vents. Ce sentier, je le connais bien, je l'ai fait il y a 10 mois dans l'autre sens sur l'UTMB. Eh ben autant vous dire qu'il a beau être montant dans ce sens, il me paraît bien plus facile qu'il y a 10 mois après 29h de course! Nous sommes pile en face du Mont Blanc. La vue est extraordinaire, avec juste quelques petits nuages en collerette autour de ce massif majestueux. Impérial!

On continue à remonter l'UTMB jusqu'au col des Montets. Je continue ma progression. J'arrive au Buet (3h51, 110ème) où je retrouve Manu, le manager du team qui va me faire l'assistance sur la course (un grand grand grand merci à lui!). J'attrape quelques barres, remplis mes bidons puis repars. Je n'ai pas eu la présence d'esprit de lui laisser les quelques affaires chaudes en trop que je baladerai pour rien jusque Vallorcine, 4h plus tard.

Je repars à l'assaut du deuxième sommet du jour à travers le val de tré les eaux. Cette montée, je l'avais déjà faite en juillet dernier lors de ma semaine choc dans la région. Je sais que ça va être long, très long! Et le pire c'est qu'après ça, ce n'est pas fini! Je prends donc mon mal en patiente et monte tranquillement. Je rejoins Jean-Phi qui n'est pas bien. Je le double, essaie de l'encourager pour qu'il tienne le coup mais il n'est vraiment pas au mieux (il abandonnera malheureusement à Vallorcine, n'ayant pas résisté à l'appel du jaccuzi en famille ;)). Cette montée est dure, il y a beaucoup de rochers à enjamber mais qu'est ce que c'est sauvage, qu'est ce que c'est beau! J'arrive au col des corbeaux (6h00, 94ème), encore enneigé. Le contraste entre la neige blanche, le ciel bleu azur et les montagnes majestueuses me laisse baba.

On longe le lac vert, trace vert éméraude au milieu de la neige blanche. Le festival des yeux continue! Je passe le col de la terrasse, deuxième sommet du jour, d'où on bascule sur la descente vers le lac d'Emosson. Les premières centaines de mètres de D- se font dans la neige. Je skie avec mes NB, manquant souvent de tomber mais m'amusant comme une gamine!

Emelie Forsberg, lauréate du jour, toute en élégance dans le descente. Je passerai en ce point près d1h plus tard... (Photo: http://www.droz-photo.com/)

Arrivée au lac d'Emosson (6h40, 82ème), je remplis mes bidons puis repars sur un chemin en balcon des moins roulants. Il faut souvent mettre les mains, c'est crevant et on n'avance pas. Un peu déprimant pour tous, même si aujourd'hui avec la vue qu'on a sous les yeux on peut difficilement se plaindre! Enfin arrive le chalet de Loriaz, puis la descente vers Vallorcine. J'ai en ligne de mire une féminine, Li Dong (Chine) que je rejoins. A ce moment évidemment je ne le sais pas, mais on jouera à cache cache ensemble sur les 40 prochains km!

Lorsque j'aperçois les premiers bâtiments de Vallorcine, je me dis à tort que le ravito est juste là. Que nenni, pour une raison qui m'échappe l'orga a décidé de nous faire faire une boucle des plus inintéressantes avant de rejoindre le ravito. Je pense qu'à ce moment beaucoup commencent à fatiguer et cette boucle inutile est un coup au moral. Enfin voilà ravito où je retrouve Manu (7h59, 70ème). Bidons, barres, gels, je fais le plein. J'ai cette fois la présence d'esprit de laisser les affaires que j'avais pris pour la nuit (sauf la frontale! merci au gentil spectateur que me l'a fait remarqué).

Je repars en direction de l'aiguillette de Posette. Li Dong repart avec moi, mais elle semble un peu moins à l'aise sur cette partie raide et perd petit à petit quelques centaines de mètres. Malheureusement pour moi, à mi-montée on rejoint un chemin forestier bien large bien plat comme je ne les aime pas. Je sais qu'il faudrait courir mais à ce moment là je n'en ai pas la force (en fait surtout pas l'envie: c'est maladif, je n'arrive pas à courir sur les chemins que je trouve monotones). Je suis la rubalise le long des virages. Arrivée en haut du 2ème, je m'aperçois que j'étais il y a quelques minutes juste 50m plus bas. Et Li Dong, voyant cela, coupe tout droit pour éviter les zigzag (comme d'autres avant elle sûrement). Sur le moment je suis énervée car il est clair qu'elle va gagner quelques minutes précieuses comme cela. Je cogite toute seule, c'est idiot car 1) ça ne sert à rien de perdre de l'énergie pour ça, 2) je ne le sais pas encore mais de toute façon ce n'est pas ces 1-2 minutes de gagner ici qui changeront quoique ce soit au classement final (spoiler: Li Dong arrivera 10' devant moi), 3) je n'aurais pas osé le faire sur une course mais franchement je la comprends: quelle est l'utilité de ces grands lacets?

J'arrive à l'Aiguillette des Posettes (8h57, 68ème). Et là je découvre, ou plutôt re-découvre, une vue in-cro-ya-ble à 360 degrés. C'est juste à couper le souffle. Le Mont-Blanc, toute la vallée, franchement c'est fou! La descente qui suit est plutôt technique, ce qui me va bien. Je double quelques coureurs et rejoins Argentière où je fais le plein de boisson. Je sais que ce qui va suivre n'est pas ma tasse de thé: 8-9 km presque plat où il va falloir relancer. Je cogite peut-être un peu trop là dessus car je rate une bifurc (peut-être mal indiquée) et me retrouve plus bas dans Argentière. Mince flûte p*****!!! Un VTTite qui passait par là me prend sous son aile et c'est sous sa direction que je coupe à travers la forêt pour rejoindre le chemin, enjambant souches et troncs d'arbes, lui avec le vélo sur le dos. Gentil VTTiste, si tu passes par là, un grand GRAND merci!

Pile lorsque je déboule sur le chemin, je tombe sur Li Dong. J'avais fait un petit trou mais j'ai tout perdu en quelques secondes d'inattention. Un gros coup au moral pas de quoi m'achever. Le suspense reste entier pour la 10ème place F (bon ok, à part nous deux -et encore- tout le monde s'en fout) Sur les km qui suivent, roulant, elle est sûrement plus à l'aise et je force un peu pour la suivre. C'est peut-être d'ailleurs mon erreur. Toujours est-il qu'on arrive ensemble aux Bois (11h05, 64ème) où j'attrape une barre de Manu en passant et repars illico. Li Dong me rejoins quelques minutes plus tard. Je fais le début de la montée devant mais en fait je m'aperçois vite que je commence à ne plus rien avoir dans les jambes. Argh la fin risque d'être longue! Lorsque le chemin devient plus plat, Li Dong reprend une petite foulée que je ne peux suivre. Elle se retourne plusieurs fois pour m'encourager à la suivre (merci à elle, c'était vraiment sympa comme geste) mais je ne suis vraiment pas bien et je décide de ralentir pour m'alimenter et assurer la fin du parcours.

J'arrive bon an mal an à Montenvers (12h28, 64ème) où la vue sur la mer de glace est grandiose. Franchement sur ce parcours on en prend vraiment plein les yeux! C'est presque trop! Je continue sur un chemin en balcon. J'ai repris un peu du poil de la bête, essaie de relancer quand je peux (c'est à dire pas souvent). Je ne m'arrête pas au ravito du plan de l'aiguille (13h31, 64ème), je veux en finir au plus vite! "Vite" est un grand mot car en fait la dernière descente est interminable. Ca tourne, tourne et retourne. Chamonix est juste en bas pourtant j'ai l'impression qu'on ne s'en approche jamais. Enfin voilà les première ruelles et la dernière ligne droite. Je vois Manu derrière l'arche avec l'appareil photo. Juste pour le fun, je sprint jusqu'à l'arrivée (14h20, 59ème). J'ai la grosse banane: heureuse d'être allée au bout avec une course régulière, heureuse de m'en être mise plein les yeux. Heureuse de voir Manu heureux pour moi. Bref heureuse!

Les joies de l'arrivée

Au final je finis 10ème F, 59ème scratch sur 1200 au départ et 570 à l'arrivée (10%). Je suis loin, très loin des meilleures filles (1h40!!!) mais à mon modeste niveau j'ai fait une bonne course. Et encore plus important j'ai pris beaucoup de plaisir. Alors certes, le parcours est usant, peut-être trop. C'est plus du "skyhiking" que du "skyrunning" mais franchement niveau paysage j'ai jamais vu mieux. On en prend plein les yeux durant 80km. Le plaisir des yeux, l'enfer des mollets!

Comme toujours, un grand merci à tous les bénévoles, à Manu pour l'assistance de choc et à tout le team pour ces très bons moments partagés ensemble.

dimanche 25 mai 2014

Délégation TTT au trail de l'Oisans

Le trail de l'Oisans, je n'avais a priori pas prévu de le faire. Mais en entendant Mayou vendre la course et son ambiance, la présence de plusieurs TTTeux, je ne résiste pas. C'est donc parti dimanche pour un covoiturage matinal avec Mayou. Lui est sur le 50km, de mon côté ce sera le 36km. Voilà ce qui m'attend... enfin c'est ce qu'on croit tous!



Car sur la liste de départ, JM, traceur du trail de l'Oisans et membre émérite du TTT, nous apprend que nous ne passerons finalement pas au lac fourchu qui devait être le point culminant de la course. Mince alors, je me faisais une joie de passer là haut. Du coup je n'ai pas trop compris ce que nous allions faire mais on verra bien.

Le départ est donc donné. Nous sommes très peu sur la ligne de départ, une cinquantaine. Ca commence par un faux plat descendant puis une quinzaine de km roulants dans la vallée. Je prends un rythme tranquille, je veux garder de l'énergie pour la grande montée. J'en profite pour regarder les sommets de cette vallée que je ne connais pas, non sans me dire que quand même je préfèrerais la quitter cette vallèe et aller les voir de plus près ces sommets!



Somme toute, cette partie roulante passe assez vite et me voilà au pied de la grosse difficulté du jour, 1000m de D+ sur 5km. Je m'attache à prendre un rythme régulier, je monte plutôt bien, maintenant il faut tenir les 1000m+ comme ça. Un concurrent du 50km me rejoint, il restera dans mes pas sur toute la montée. Je garde mon rythme, double plusieurs concurrents. Monter j'aime ça!

En plein effort dans la montée (photo: http://oisimages.com/)

Alors qu'on arrive juste en dessous du refuge du taillefer, un bénévole me dit que pour le 36km, c'est à gauche en redescendant. Je quitte donc mon coureur du 50km qui lui continue vers le plateau et le lac fourchu situés juste au dessus. j'avoue qu'à ce moment je suis très frustrée. Monter 1000m+ pour s'arrêter à quelques mètres du plateau et de sa vue magnifique, quel dommage quand même! J'apprendrai plus tard que l'orga n'a pas eu l'autorisation d'y faire passer le 36km, malgré tous leurs efforts auprès des autorités. Quel dommage!

Je suis à sec de boisson. C'est de ma faute, j'ai zappé le dernier ravito, mal renseignée il faut dire par une bénévole. Note pour plus tard: ne jamais écouter les bénévoles! ;) Donc à sec, je remplis une de mes deux flasques dans la première rivière sur la descente, puis la deuxième juste avant la remontée finale. Mauvaise idée! Je suis assez bas, l'eau doit être souillée, ce qui me vaudra 5 jours très difficiles d'un point de vue gastrique. Je n'ai jamais autant vu ma salle de bain!

Dernière remontée jusqu'à l'arrivée. Ce n'est pas très raide, j'arrive à courir la plupart du temps. Certes pas vite, mais j'avance quand même. Une dernière petite difficulté concoctée par JM juste pour le fun et je franchis l'arrivée en 4h35, 1ère féminine, 10ème scratch/47 (21%). C'est mon deuxième top10 scratch d'affilée après l'ultra Ardéchois. Bon certes, avec 47 arrivants au total, c'est déjà plus facile!

Marie du TTT m'accueille, malheureusement blessée, puis Ismail, Philippe, Mayou arrive juste un peu plus tard (6ème du 50km, bravo le team Bouloud!). On passe une aprem sympa entre le ravito mémorable (vive les produits locaux!), le repas d'après-course et les nombreuses courses enfants, tout heureux de s'adonner eux aussi à la course.

Départ à donf d'une des nombreuses courses enfants (photo: Marie)

Au final un excellent dimanche sur un trail qui mériterait largement d'être plus connu de part son ambiance familiale en toute décontraction. Un petit bémol peut-être pour le parcours du 36km qui pourrait être revu l'an prochain si nous n'avons pas l'autorisation de monter au lac fourchu (ce que je ne souhaite pas!). Encore un grand merci à JM, aux organisateurs et aux bénévoles, c'est grâce à vous que l'on peut vivre ça!

samedi 3 mai 2014

L'ardéchois: enfin le retour aux choses sérieuses :)

Premier ultra de cette année 2014, voici l'ultra Ardéchois, 98km pour 4800m+. Voilà ce qui m'attend:


Vous avez peur? Eh ben moi aussi!!

Samedi 3 mai, 2h moins le quart avant jésus christ, le réveil sonne. 2h moins le quart du mat' je précise. On est des traileurs quand même! Je me lève en essayant de faire le moins de bruit possible pour ne pas réveiller mes dormeurs-traileurs: Yann, Murielle, Régis, Frapadinguepascal et Cyril évidemment. Je prend le petit dej sur la machine à laver à la lueur d'une bougie. Rien d'anormal jusque là!!

Je pars un peu à la bourre et arrive in extremis sur la ligne de départ. C'est une habitude qui me colle à la peau! Tellement à l'arrach que j'ai oublié de prendre mon coupe vent. Mais c'est pas comme si le vent allait souffler sur les 98 prochains km hum... Un petit tour du village pour de rire au milieu des fumigènes puis top départ.

On attaque direct par 10km de montée pour se mettre dans l'ambiance. Je pars à un rythme correct. Je vois tout de suite que j'ai de bonnes jambes, c'est plutôt de bonne augure. Je me demande juste si je ne pars pas un peu vite quand même. C'est mon premier ultra de la saison (tu m'étonnes on est en mai!) et je n'ai pas encore tous mes repères.

Il fait nuit noir. Normal il est 3h du mat... Une petite bruine nous accompagne, un peu de brouillard aussi pour nous donner du courage. Bref pas grand chose à voir en dehors des poils aux jambes (musclées) des mâles devant moi (quoique je m'aperçois que pas mal sont épilés, y a plus de saison ma p'tite dame!). Je ne sais pas si c'est ça qui détourne mon attention ou si le balisage est light mais vers le km15 je rate une bifurc à gauche. Quelques minutes plus tard je vois des frontales remonter vers moi, c'est Aurélien suivi d'une petite dizaine de coureurs. Tous se sont trompés comme moi. On remonte le chemin en ramassant au passage d'autres moutons égarés. On doit bien être une vingtaine dans l'affaire. On retrouve enfin la dernière rubalise et l'épingle à gauche. Je comprends qu'on l'ait raté: à cet endroit comme d'autres sur cette partie de nuit, le balisage me semble un peu trop léger (pas assez de balises fluos, pas assez de signes au sol). Je repars derrière Aurélien, je suis la tête dans ses grosses semelles-to-fly pour cette partie technique qui me plait. On double quelques concurrents qui eux ne s'étaient pas trompés, dont une féminine, Manikala Rai (qui finira 2ème de la course). Aurélien, vous vous en doutez me lâche dès que ça redevient roulant mais abandonnera quelques km plus tard pour moral dégonflé suite à son jardinage (il repartira en fait sur le 57km quelques heures plus tard pour finir 4ème!).

Arrive le 1er ravito (km22, St-Jean-Roure), je ne m'arrête pas. Eh oh il y a 3 ravito solides sur 98km, je ne vais quand même pas m'arrêter partout!! La 2ème bosse passe bien, je cours presque tout le temps. Deuxième "sommet" du jour (km26). On est en fait au même point que 15km plus tôt, aux pieds d'éoliennes que cette fois je vois (le jour s'est levé). Dans la descente qui suit, je rattrape un concurrent que j'ai déjà croisé plusieurs fois depuis le départ. Je me souviens de lui, c'est pas courant, il porte une peluche oui-oui à son sac et des longs batons en bois. Je ne le sais pas encore mais ce traileur encore inconnu de moi sera mon compagnon d'échappée sur les 70 prochains km!

Deuxième ravito (km40, Labatie d'Andaure). Je m'arrête juste le temps de remplir à moitié mes bidons. Mon traileur inconnu me rattrape quelques instants plus tard. 3ème bosse qui se termine droit dans la pente à travers les genêts jusqu'aux ruines du château de Rochebloine (km44) d'où la vue à 360 degrés est magnifique. Je prends bien 2 secondes et demi pour regarder le paysage. Nous les traileurs on profite de la nature!!

4ème bosse dont je ne me rappelle plus bien à part que ça montait! Il me semble que c'est dans cette montée que mon bel inconnu voit pour la 1ère fois son fan club. Du coup j'en profite pour apprendre son petit nom: Dominique. Quelques km de descente plus loin, voilà un point d'eau que j'accueille avec plaisir puisque je suis à sec. Je repars avec "Domi". 5ème bosse bien raidasse puis, dans la descente qui suit, le 2nd ravito (km62, Rochepaule). Je remplis intégralement les bidons (j'étais encore à sec), mange trois fois rien puis repars. Domi me rattrape. Je me dis que c'est la 1ère fois que je cours aussi longtemps avec quelqu'un, et ce n'est pas fini!

6ème bosse et dernière grosse bosse jusqu'au lac de Devesset (km72) où Domi retrouve son fan club. Je commence à puiser un peu et Domi est obligé de lever le pied pour que je puisse rester dans ses baskets. Je lui répète "vas-y pars ne m'attends pas" mais c'est qu'il est têtu le bougre, il a l'air bien décidé à finir avec moi! Que voulez-vous, je suis faible avec les hommes (surtout s'ils sont musclés), je fais mon max pour rester dans ses baskets. On entame le tour du lac par les tourbes (chaussettes mouillées garanties... sauf pour Domi nu pied dans ses runnings!). Un concurrent nous double à mi-lac. Domi n'entend pas se laisser faire. A partir de là ce sera une guerre des nerfs sur 10 prochains km pour refaire notre retard sur le méchant traileur qui a osé nous doubler. Je force pour ne pas ralentir Domi qui a l'air autant décidé à le rattraper qu'à finir avec moi. Il me dit "il est cramé ça va le faire", je pense tout bas "je suis cramée ça va pas le faire". Pourtant on le rattrape ce méchant traileur au dernier point d'eau (km83, St Jeure D'Andaure). On repart tous les trois ensemble. J'ai envie d'allumer le calumet isostar de la paix et qu'on finisse ensemble mais les hommes sont décidés: ce sera la bagarre! Du coup je tente le coup dans la descente un peu technique qui suit. Je lache les quelques forces qu'il me reste et passe devant "mes" hommes. Le méchant traileur perd quelques mètres, qu'il reprendra aussi sec sur le prochain plat. Là mon peu de motiv se dégonfle: plus la force, plus le courage de continuer la bagarre. On laisse partir le méchant traileur et on finit les 10km suivants tant bien que mal sur nos deux pieds. Domi m'attend presque à chaque pas. Je suis fatiguée, les jambes gorgées d'acide lactique, ça me parait interminable (on perdra 6' sur Teddy Roseau, le fameux méchant traileur).

Enfin voilà les rues de Désaignes. On arrive sous les applaudissements des nombreux supporters. Ca fait chaud au coeur croyez moi.

Avec Domi dans les derniers mètres. Admirez ma foulée aérienne! :)

Domi, en grand gentleman, me laisse franchir la ligne d'arrivée la première. Verdict: 13h09, 1ère féminine et 8ème scratch/150 (5%). C'est mon premier top10 homme, croyez-moi ça donne le sourire.




J'apprends en même temps que Régis a gagné avec Augustin le 36km quelques heures plus tôt. Une belle moisson isostar!

Les iso-stars du jour (Régis est à gauche, en bleu je précise!!)

Avec Régis dans les rues de Désaignes
Merci à Cyril, Yann, Murielle, Régis pour ce week-end très sympa, à toutes les personnes qui m'ont encouragée sur le parcours, à Loulou Chantre dont c'était le bouquet final. Et surtout un grand merci à Dominique Fabregues, mon lièvre de rêve. Ce top10, c'est grâce à lui!

dimanche 13 avril 2014

La Drôme version TTT

Nouvelle étape dans le sud, 3 semaines après le Ventoux, pour le trail Drôme à Buis. C'est aussi le 1er rassemblement club du TTT que je viens de rejoindre. JMG, notre chasseur-traileur, nous a dégotté un gîte isolé d'où la vue est de toute beauté. François notre prez nous apporte les Tshirt et visières aux couleurs du club, l'occasion d'une petite séance shooting du club le plus fluo de France!

Le TTT en chair et en couleurs. Cherchez Charlie (un indice, il est en noir).

Le lendemain, voilà ce qui nous attend... enfin en théorie!


Je sais que ce sera une course rapide où il faudra partir vite (toute proportion gardée, c'est le diesel qu'on parle!). Une fois n'est pas coutume, je m'échauffe. Bonne nouvelle: les jambes n'ont pas l'air si mal malgré les gros entrainements de ces 8 derniers jours. Mauvaise nouvelle: le petit dej ne passe pas bien. C'est un problème que je pensais avoir plus ou moins résolu, apparemment il reste encore du boulot. Enfin bref, on verra bien, ça ne devrait de toute façon pas m'empêcher de finir.

Je me place sur la ligne de départ, juste à côté de Mayou et juste derrière la ligne élite réservée aux plus rapides. Ben quoi, toute le monde ne s'appelle pas Michaël Peyrin!! ;)

Les élites et le reste du monde :)

Hop, c'est parti. Ca part vite et comme je le craignais mon estomac fait des siennes. J'ai envie de vomir et la monotonie des 5 premiers km -du bitume, du bitume, du bitume- ne fait rien pour arranger les choses. Je digère au fur et à mesure que les km passent et finalement passée la première heure je n'y penserai plus. De manière générale, on prend sur cette première boucle quelques single sympa avec une belle vue dégagée, mais il faut bien dire que la plupart du temps c'est soit des gros chemins, soit de la route. Moi qui avais entendu dire beaucoup de bien de cette course, je suis déçue.

Voilà le 1er ravito, je ne m'arrête pas. Peu après, je m'égare avec un groupe d'une dizaine de coureur. On revient en arrière, on voit à gauche de la rubalise et on rejoint ainsi le parcours. La montée continue sur quelques km, puis c'est la descente sur Buis. Juste avec d'y arriver, une féminine qui courrait avec moi me dit qu'elle va arrêter car elle ne prend pas de plaisir et parce qu'on a coupé. Parce que quoi??? Attend, quand est-ce qu'on a coupé? Là elle me dit que quand on s'est perdu on a coupé une boucle. Je suis baba, je n'ai rien vu rien compris. Ce n'est pas mon genre de couper, au contraire je suis plutôt du genre à me rajouter des km, cf Ventoux 2013! Je commence à cogiter, est-ce que je dois m'arrêter, combien on a coupé etc etc. Voilà Buis, qu'est ce que je fais? Finalement je décide de continuer sans même m'arrêter au ravito de peur de changer d'avis.

On continue donc sur notre lancée avec plusieurs km de bitume. Décidément les organisateurs nous ont gâtés, ça c'est du trail! Je prends tellement mon pied sur la route (hum hum) qu'avec quelques coureurs on décide d'en rajouter une couche: en fait on rate une bifurc à 90 degré vers un single. On met quelques minutes à s'en rendre compte, demi-tour, on voit la rubalise, c'est reparti. Un single pour commencer, puis de nouveau une grosse piste monotone jusqu'au 3ème ravito. Voilà la montée finale, raide et sur un beau single où je retrouve des sensations de trail. 32km depuis le départ, il était temps... J'arrive au sommet, reste juste à descendre. Une descente technique comme je les aime, surtout sur le début. Je double du monde, rejoins Mick, notre élite du TTT :) On est dans Buis, j'entend le micro. Mick et moi on lache les chevaux pour les derniers mètres... sauf que ce n'est pas du tout les derniers mètres!!! L'orga nous a fait une surprise: 2km de rab sur le bitume, juste pour le fun! Ce n'était pas sur la trace du parcours. On s'éloigne de plus en plus du micro, à un moment je pense même que ce n'est pas possible, on a du se tromper... mais non, même pas! Je craque un peu, Mick aussi, mais enfin on voit la dernière ligne droite. On passe la ligne main dans la main... enfin Mick en grand galant s'arrange quand même pour me dépasser d'un cheveu! ;)

Passée la ligne, je vais voir les organisateurs pour leur dire que j'ai apparemment zappé une partie sur la 1ère boucle, à eux de voir s'ils veulent me classer. Ils me répondent qu'en fait on est pleins comme ça, même devant, et qu'ils gardent les classements. Je suis mitigée: d'un côté je suis contente d'être classée, d'un autre côté je n'aime pas me dire que je ne suis peut-être pas à ma place. Au final, mon temps "officiel", c'est 4h25, 9ème F, 71ème/362 (20%), mais je ne peux m'empêcher de penser que c'est peut-être plus que ça. Enfin ça ne m'empêche pas de dormir non plus... ni d'avoir le sourire!

Elle est pas belle la vie en isostar? :)


Les isostar girls et les fluos boys. Un énorme bravo à Elisa B. qui gagne le 25 km, manche du TTN, la classe!!
Merci à tout le TTT pour le week-end, Mayou, Mick, Aurélie, Marie, Kathlyne, Isma, Robin, Cyril, François, JPG, Ricardo, j'en oublie pleins d'autres. C'était un excellent week-end!


dimanche 16 mars 2014

Le Ventoux: l'histoire continue!

Le Ventoux et moi c'est une longue série d'échec: j'y suis déjà venue à 3 reprises et pourtant je n'ai jamais réussi à en atteindre le sommet. La première fois devait être il y a 10 ans, déjà pour le trail du Ventoux. C'était presque une autre vie: à l'époque on devait être une centaine de coureur au départ et le 40km me paraissait surhumain. Je m'étais contentée du 20km qui était déjà toute une aventure pour moi! L'année suivante je suis de retour mais en spectatrice avec deux côtes cassées suite à une chute dans une rivière en hors piste (fallait pas essayer de suivre le grand frère). L'an dernier 3ème tentative mais pour cause de mauvais temps le parcours ne peut rallier le sommet. Argh! Cette année je suis bien décidée à vaincre la fatalité!!! Pourtant quelques semaines avant le départ, je tremble: il y a de la neige à partir de 1000m, on parle déjà d'un parcours de repli, adieu le sommet. Mais 2 semaines de beau temps auront raison d'une grosse partie de l'enneigement et les organisateurs nous annoncent que nous passeront au sommet... enfin presque en fait (spoiler)!

Le parcours de cette année est donc légèrement modifié par rapport au parcours "habituel" (mais y-a-til vraiment un parcours habituel au Ventoux?). Certains parlent de 49km et 2900+ mais cette trace gps donne 46km 2300+.

 

Comme l'an dernier, retour dans la bastidon Kogler avec la dream team de Bélézy: Lauriane, Pierre, Mayou, Cédric, Cyril et moi. Samedi soir, chef Cédric nous concocte une pasta-gatosport party mémorable. Il faudra décidément le réinviter! On passe une bonne soirée très sympa. Même le Mayou a le sourire malgré la défaite du XV de France, c'est pour dire!

La dream team de Bélézy tout sourire avant la bagarre! 

Dimanche matin, on rejoint ensemble Bédoin en trottinant pour s'échauffer. Une fois n'est pas coutume, je me place relativement loin de la première ligne pour le départ. L'an dernier, prise par l'élan des plus rapides, je m'étais asphyxiée à partir trop vite (au moins 12km/h sur le plat, pour dire! ;)). Cette année je préfère partir mollo pour assurer. Surtout que le moral n'est pas au beau fixe quant à ma forme: depuis quelques semaines je me sens tout raplapla, sans énergie, toujours fatiguée. J'ai entamé un cure de magnésium et de sommeil depuis quelques jours. J'ai l'impression que ça va mieux mais je sais pertinemment que de toute façon ce ne sera pas la forme de ma vie. Bref, je me dis qu'il vaut mieux assurer.

Je pars donc à mi-peloton mais rapidement je me rends compte que ce n'était finalement pas une si bonne idée que ça. D'abord mes jambes n'ont pas l'air de mal tourner (au moins 10km/h sur le plat, pour dire! ;)). Ensuite je suis rapidement bloquée par des bouchons dès que le chemin rétrécit ou qu'une difficulté se dresse. J'enrage un peu de ne pouvoir suivre mon rythme naturel mais je prends mon mal en patience. Zen, restons zen. Je serai comme cela sur un faux rythme jusqu'à la bifurc du K14, peu après le 1er ravito, où les coureurs du 20km nous quittent. Ensuite c'est un peu moins dense et on rejoint de toute façon rapidement une route enneigée où l'on peut facilement doubler. Je ne trotte pas vite mais bon an mal an je remonte quelques coureurs (dont quelques féminines). Le vent commence à souffler, le froid se ressent, je remonte les manchettes. J'aperçois Cyril au loin et le rattrape. Je me dis "chouette, on va pouvoir faire un bout ensemble" mais j'aurais dû retenir la leçon du Salève: dès qu'il me voit dans ses pas, il accélère et je ne peux le suivre. Il me dira plus tard qu'il n'a pas fait exprès de me larguer, qu'il pensait au contraire que ça allait me tirer. Ouais tu parles Charles!!!!

Avec le sommet en ligne de mire (à ce moment j'y crois encore...). Photo piquée ici.

A l'approche du sommet, le vent souffle de plus en plus. Les rafales sont hallucinantes. Je suis baladée de droite à gauche. Mon poids plume ne fait pas vraiment le poids (c'est le cas de la dire!) face au déchainement du vent. C'est une lutte de tous les instants. J'arrive enfin sur la crête (K19) dans une bourrasque effroyable. Et là oh malheur, qu'est ce que je vois!!! On ne passera pas au sommet, on est juste 10m au dessous!! Pour le sommet c'est ENCORE raté!!

On continue sur les crêtes sud. Le vent est toujours hallucinant. Certaines bourrasques doivent atteindre les 100km/h. J'essaie de profiter de la vue qui pour le coup est de toute beauté mais avec ce vent, impossible de relâcher mon attention de mes pieds (qui sont eux moins de toute beauté). Je regarde les autres coureurs, la photo vaudrait le coup: on court tous penchés à 45 degrés. Pour aller droit, facile, il suffit de faire comme si on tournait à 90 degrés! C'est rigolo cette histoire mais c'est épuisant. Je rêvais avant le départ qu'on ne nous shunte pas les crêtes (comme un moment envisagé), je rêve maintenant de la route en contrebas, bien plate, bien droite, bien chiante... mais bien à l'abris de ce $!#$*# de vent!

On quitte (enfin!) les crêtes et la neige au K23, juste avant le ravito du chalet Reynard. Je vois Cyril juste devant moi qui s'arrête. Qu'à cela ne tienne, j'en profite pour le doubler sans m'arrêter. Il a voulu la guerre, il l'aura! :) On continue à descendre pendant quelques km puis suivent 10km de montagnes russes qui vont s'avérer interminables pour mes jambes de grenouille en ce début de saison. Ca monte, ça tourne, ça monte, ça remonte, ça tourne, ça remonte. Mais p***** quand est-ce qu'on descend??? Il fait de plus en plus chaud (choc thermique assuré: plus de 20 degré d'écart avec le Ventoux où j'étais 1h plus tôt!). Je souffre, inutile de le préciser! Mais le parcours est vraiment sympa, jamais monotone, je tiens. Je passe le 3ème ravito, m'arrête à peine. Je veux juste en finir! Je rattrape presque une féminine (je ne la reconnais pas mais c'est Mélanie Rousset avec qui je me suis perdue l'an dernier presque au même endroit!). Elle n'est pas loin mais je n'arrive pas à la rejoindre. Je commence à avoir les jambes sacrément dures. Au dernier ravito, K36, c'est une autre féminine (Christine Grosjean) qui me double. Elle en a vraiment gardé sous la pédale car son rythme est impressionnant, belle gestion de course!

Arrive enfin la combe de Maraval, c'est la descente infernale! C'est raide et caillouteux mais magnifique, des grottes, des canyons, des rochers. Je double quelques coureurs mais pourtant je vois bien que j'ai perdu en descente. Il faut dire que je n'ai fait aucune descente un peu technique depuis 5 mois, date de ma dernière compet dans les causses. C'est bien beau de faire une pause hivernale mais ça fait mal aux cuisses!

Les derniers km sont plus plats, malgré quelques coups de cul. Il faut relancer et je n'y arrive plus. Crevée la gonzesse. Deux coureurs me doublent, peu importe. Je franchis la ligne après 6h19, 10ème F, 124/588 (21%) au scratch. Mayou et Cédric sont déjà là évidemment. Pierre aussi mais lui a triché, il a fait le petit parcours! ;) Laurianne arrive une dizaine de minutes plus tard (bravo, super course!), suivi de Cyril qui aura eu un gros coup de chaud sur la fin.

Le podium de la dream team de Bélézy... en partant de la fin!
Cette 10ème place femme pourrait me décevoir pourtant je rentre du Ventoux avec la banane. D'abord j'ai passé un week-end très sympa en compagnie de potos non moins sympa. Ensuite ce trail, je l'ai adoré. Comme trail de début de saison, c'est le plus intéressant que j'ai fait, et de loin! Enfin cette 10ème place n'a aucun goût amer: le plateau était extrêmement relevé et soyons réaliste, j'aurais peut-être pu grappiller 1-2 places dans un meilleur jour mais guère plus. Je suis à ma place. Les trails de 40-50km, ce n'est pas là où je me sens le mieux, c'est encore un peu court! Ce trail aura confirmé ce que je pressentais déjà: je ne suis pas une coureuse de début de saison. J'ai du mal à gérer l'hiver où je skie plus que je ne cours, comme beaucoup sûrement, mais à la différence près que moi je le gère moins bien!

Bon mais avec tout ça, je ne suis toujours pas vraiment montée au sommet du Ventoux!!! Je crois bien qu'il va falloir que je revienne...

dimanche 16 février 2014

Boue et neige au Gelon

Deux semaines après le wintertrail de Chartreuse, direction un autre massif grenoblois pour mon deuxième trail blanc de l'année: le Belledonne Gelon trail. Au programme 28km et 1100m D+.


Dimanche, le réveil sonne à 6h30 et j'ai du mal à ouvrir les yeux. Je regarde par la fenêtre et immédiatement le peu de motiv que j'avais retombe comme un flan: on est parti pour manger de la brume et de la neige... Comme au wintertrail en fait. Les mauvaises langues diront que je suis le chat noir du trail! (ne les écoutez pas)

Petit dej rapide puis on décolle à 7h30. Il neige et on a sous-estimé le trajet. On arrive sur place à 8h45 pour un départ à 9h. C'est chaud! Retrait des dossards, changement de tenue, je dois battre le record du monde de préparation. L'avantage c'est qu'au moins je n'ai pas le temps de cogiter sur ce que je mets. 8h59'50" j'arrive sur la ligne de départ. Ouf se soulagement. C'est alors que je me surprends à penser que je n'ai pas regardé le parcours. Je n'ai aucune idée de ce qui m'attend. Tant pis trop tard, il va falloir gérer.

Le parcours commence par 500m de route facile puis on attaque une côte qui donne tout de suite le ton: aujourd'hui, ne pas trop compter sur ses appuis. Le sentier est boueux, très boueux. Je glisse, je mets le pied entier dans des marres de boue. Je vous présente Mimi cracra fait du trail.

Je me perds un peu, retrouve le chemin et une féminine, Laure Pion, avec qui je ferai le yoyo sur presque toute la course. La première ascension est digne d'un sketch de Chaplin: un passage de sanglier tellement glissant qu'ils ont du installer non pas une mais trois cordes pour qu'on s'en sorte! Laure devant moi peine à se hisser, je suis à peine plus à l'aise. Ah les gonzesses rien dans les biscottos! :)

La boue continue ainsi sur 10km puis la neige prend le relai. Pas beaucoup moins glissant cette histoire. Je m'épuise à courir sans appui mais il faut dire aussi que je n'ai pas la technique. Laure semble plus à l'aise que moi dans la neige surtout en montée. Elle me prend 1-2' sur l'ascension du Champ Laurent. Je n'essaie pas de la suivre, j'ai déjà les poumons, les cuisses, les mollets, en bref tout le corps qui brule. Vive la reprise! :) Je profite de cette baisse de régime pour lever la tête et admirer les arbres croulant sous la neige. C'est beau l'hiver.

Je commence à sacrément fatiguer dans la neige quand enfin un bénévole m'annonce au point culminant. Et qui dit point culminant dit descente. Pas mécontente la belette! Je fais une bonne descente, double plusieurs concurrents. Je retrouve Laure au ravito des Granges. Pas question de m'arrêter (de toute façon j'ai de quoi tenir 2 jours dans mon sac!) et je repars avec Laure. Il doit nous rester 4-5 km et je me dis qu'on va peut-être finir ensemble? Finalement elle pioche un peu dans cette dernière portion et je me retrouve seule devant.

Quelques km plus tard, j'aperçois l'arche... et les marmites de vin chaud qui me tendent les bras juste derrière! ;) Toute à mes pensées embrumées, je ne réagis pas quand quelqu'un déboule pour me doubler sur la ligne d'arrivée. C'est mon ami Benoit Payet, tout sourire de son coup. Ah si j'avais su j'aurais couru! ;) Je perds donc une place au scratch mais reste première féminine (3h13, 47ème scratch/106, 44%). Cette victoire, c'est bon pour le moral mais le niveau féminin n'était peut-être pas très relevé. La prochaine course, le trail du Ventoux, sera d'un tout autre gabarit!

dimanche 2 février 2014

Raidlight wintertrail ou les joies de la reprise

3 mois tout juste après ma dernière compet (à lire ici), me revoilà les running aux pieds sur la ligne de départ. Je suis presque étonnée d'être dans la neige sans les skis de fond. Il faut dire que l'hiver habituellement je mets les running au placard pour m'adonner aux joies de la glisse. Mon dernier trail blanc doit remonter à 10 ans, une autre vie.
Cet hiver je n'ai pas plus couru, voire moins, que les autres années mais j'ai décidé de placer deux trails blancs à ma préparation: le Raidlight wintertrail aujourd'hui et le Belledonne Gelon trail deux semaines plus tard. Deux petits trails qui s'annoncent sympa et où l'objectif sera de redonner un coup dans la machine sans chercher la perf pour la simple raison que je n'ai pas les jambes pour ça! :)

Dimanche 2 février, 9h. Me voilà de retour à St Pierre en compagnie de Cyril et Farouk qui décidemment se plait en Chartreuse! Il a neigé toute la nuit, les sapins sont pleins de neige, le wintertrail va bien porter son nom! Au programme, un parcours légèrement raccourci à 26km +1200m:


Je suis en première ligne à papoter avec Cécile Lefebvre et Rachet Bontaz quand soudain le départ est donné. Cécile part comme une fusée. A peine le temps de lever la tête et elle est déjà loin. Une mobylette cette fille! D'ailleurs elle gagnera le 10km en un temps plus que canon (58').

Merci à Christian Lefevre pour la photo. Patience, je ne suis pas encore passée! ;)

De mon côté c'est plutôt la version scooter chinois qui toussote au départ. Je sens tout de suite que je n'ai pas les jambes. Je me fais doubler et redoubler sur les premiers km de route. A un moment je me demande même s'il reste des coureurs derrière moi. Enfin l'honneur est sauf, Farouk ne m'a pas encore doublé! ;) Dès que l'on attaque la montée ça bouchonne et je reprends mon souffle. Pourtant dès que ça recourt j'ai l'impression de m'asphyxier. Non pas que je sois malade, juste trop peu de course dans les jambes depuis 3 mois! Mais pas de panique, objectif gé-rer.

A la Brévardière (km5) les parcours du 10 et du 25km se séparent et je vois tout le monde tourner sur le 25km. Je crois qu'en fait tous ceux du 10km sont déjà passés. Cécile est peut-être même pas loin d'être arrivée! ;) Je double Caro Chaverot qui souffre d'une bronchite et décide à raison d'abandonner (bon rétablissement la miss!). Peu après, ce qui devait être 4km de balcon plat facile s'avère être 4km de grosse galère. On court dans la neige fraîche, tout juste tassée par les pas des coureurs passés avant (certes ils sont nombreux). Les chevilles se tordent, je n'ai aucun appui. Je glisse à chaque pas, m'équilibre en moulinant avec les bras. Pourtant devant moi je vois Martine Volay, droite comme un I, bien sur ses appuis, courir à grandes enjambées. Bon d'accord, elle a des grandes jambes la gazelle mais il y a aussi la technique.

Au premier ravito (km13), à St Hughes, je retrouve Cyril avec qui je "courrai" (notez les guillemets) tout le reste de la course. Je n'ai pas grand souvenir de ce qui suit, à part de la neige, de la neige et pas beaucoup de vue à cause du brouillard. J'ai pris un rythme de croisière, certes pas rapide, mais au moins j'ai trouvé mon rythme sans forcer. Arrive la Diat (km24). Il reste 2 km que je connais par coeur. Je finis en 3h09, 57ème scratch/174 (33%). Cyril a un peu craqué après la Diat un peu, il finira qq minutes derrière.

Après la course j'ai plaisir à discuter avec Alice Pelat (qui finit 5ème F) avec qui on a fait le yoyo pendant une partie de la course.

Avec Alice Pelat et sa petite famille (photo Christian L.)

Puis je retrouve Martine V. (qui finit 3ème F) et Christian L. (qui finit 1er supporter!) devant un bonne tartiflette. C'est ça aussi le trail, des moments de convivialité et de rencontres. Et des bonnes bouffes!!

Au final, je suis loin d'avoir fait la perf de ma vie, néanmoins je rentre avec la grosse banane. Quel plaisir de reprendre le trail. La compet, l'après course, l'ambiance, tout ça me manquait. Bon ben maintenant yapluka retourner à l'entrainement! :)