dimanche 26 juin 2016

Grand Duc de Chartreuse 2016 - dossard number 1!

Retour à la compet après l'échec de la Maxi-Race. Initialement, ce Grand Duc j'avais prévu de la faire en dedans. Mais vu la tournure qu'ont pris les choses, j'ai besoin d'une bonne course pour me rassurer et je suis donc remontée pour faire un bon chrono. Surtout que, première pour moi, j'ai le dossard number 1. Il va falloir assurer ce rang!

Le menu du jour, c'est 80km, 5500+ dans le massif de la Chartreuse, au départ de St Hilaire.


Après une bonne nuit chez Isa et Martin, me voilà d'attaque samedi matin à 5h sur la ligne de départ. On a bien du faire 43m avant d'attaquer le premier sentier. Et à partir de là c'est pas dur: vous voyez la pente? eh ben c'est tout droit! Au moins le ton est donné, et c'est pas pour me déplaire! Je pars à un rythme correct autour de la 40-50ème place. Les jambes ont l'air ok, la montée passe plutôt bien. On enchaine les singles avec le pas de roche plane, Bellefont, la dent de Crolles. Jusqu'ici tout va bien, et même très bien! Le jour se lève, la vue est magnifique!

Au lever du soleil. Magnifique! (photo: Eric Meson)

1er ravito au col du coq, 1ère banane, 2ème ravito à St Hughes, 2ème banane! J'ai le plaisir d'y croiser Romain, la graine de sésame bio du TTT qui fait l'assistance de Mayou et que je croiserai à chaque ravito.

Le tour de manège continue avec la remontée sur les flancs de Chamechaude par un sentier sympa que je découvre pour l'occasion, puis redescente sur le Sappey pour un 3ème ravito et... une 3ème banane! J'appelle Isa qui me fera l'assistance à St Hil dans 15km: "euh écoute je suis en avance, en décale le RDV d'une demi heure".

Au ravito du Sappey (photo: Romain Coste)

Remontée vers le col de la Faîta avant d'attaquer une série de bosses sur les crêtes. Après 30km et 2800+, ça fait mal aux jambes mais on aime ça. Eh on est là pour souffrir non? :) Nouveau ravito au col du coq, nouvelle banane! Dans la descente qui suit je double papi Marc. Pour cause de douleur au mollet il fait toutes les descentes en marchant. Il fallait au moins ça pour que je le double, et encore j'ai mis 40km! Un peu plus tard je rejoins Mayou on arrive ensemble au ravito. Assistance express avec Isa qui gère sa 1ère expérience d'assistance comme une cheffe. Merci collègue!

Je repars sur un sentier que je connais bien et apprécie, les montagnes russes du plateau des petites roches. Je reçois un SMS de mon frangin (je vous épargne les 10 précédents mais disons qu'il est toujours au moins aussi excited que moi quand je cours!): "bravo petite soeur tu es 15ème au scratch! gogogo. Cyril vient d'arriver au Sappey". Cyril, il est sur le moyen Duc et ce SMS, c'est carrément pas un bonne nouvelle. Enfin si, la 15ème place, c'est cool mais par contre je commence à me dire que pour l'assistance que Cyril est censé me faire à mon retour à St Hil dans 15km, ça commence à sentir le roussi bien comme il faut!

Arrivée au Tournoud, c'est la plongée infernale dans la vallée de Crolles. 700m D- tout droit dans la pente à travers les cailloux, mes quadris s'en souviendront! Au ravito, je suis contente de voir Romain et la bouteille d'eau qui l'accompagne. Il est midi et en bas dans la vallée, ça commence à taper bien comme il faut. Nouvelle banane, évidemment, et je repars pour la montée infernale, celle où on se dit "p*** mais qu'est ce que je fous là!!". C'est sacrément raide et en plein cagnard mais finalement il suffit de lever les pieds et d'avancer!

Le long du funi (photo: Stéphane Mougin)

Je rejoins le funi et je n'ai toujours pas de nouvelles de Cyril malgré mes différents appels... ça ne sent pas bon cette histoire. J'appelle Isa, elle aussi lui a laissé des messages mais pas de news. Martin décide de me rejoindre pour m'assister, merci à lui. Malheureusement il n'a pas grand chose à me proposer pour la simple raison que le ravito est dans la voiture et que c'est Cyril qui a les clés! Enfin je peux quand même changer les flasks, boire de la reload, et récupérer une barre auprès de Romain-mon-sauveur-du-jour. Il n'y aura pas de festin sur cette dernière boucle mais en gérant bien ça devrait passer.

Je repars donc toujours sans news de Cyril. Pour la petite histoire, Steph le retrouvera 20' plus tard, allongé sur la pelouse au soleil les doigts de pied en éventail, prêt pour la sieste. C'est elle qui lui apprend que je suis déjà passée. "Ah bon?" Pas plus stressé qu'un poux, alors que moi je m'inquiétais qu'il s'inquiète de me rater! Côté course, la traversée du plateau continue jusqu'au col de Marcieu. Une succession de bosses que je connais puisque c'est une partie que j'ai reconnue il y a quelques semaines.

Elle est pas belle la vie en courant? (photo: Stéphane Majolet)

Arrivée au col, j'ai la surprise de retrouver Cyril. Steph l'a convaincu de me rejoindre s'il ne voulait pas dormir sur le canap pendant une semaine! Et elle n'avait pas tort! :) Je continue mon petit bonhomme de chemin avec la partie la moins sympa du parcours, un peu de route d'abord puis une grosse piste forestière bien large, bien droite, bien monotone comme je ne l'aime pas. C'est un peu dommage de finir comme ça mais il faudra surtout retenir les beaux singles des 75 premiers kms! J'ai le plus grand mal à courir, non pas par fatigue mais parce que ce genre de chemin me casse le moral. Et puis je suis seule à l'horizon, personne pour me motiver. Je suis contente de voir enfin arriver les téléskis de St Hil, ça sent la fin! Une dernière petite descente puis je franchis l'arche d'arrivée. C'est bon ça!

Contente à l'arrivée! (photo: Cyril Pérot)

Happy de ma course en général, bien gérée aussi bien au niveau de l'effort que de l'alimentation. Satisfaite aussi du chrono: 11h13 de course, 1ère femme, 5/125 au scratch (4%). Maintenant il falloir bien gérer la récup et les 3 prochaines semaines jusqu'au prochain ultra...

Merci aux organisateurs pour l'invitation et pour ce si joli parcours, merci aux nombreux bénévoles, à celles et ceux qui m'ont encouragé sur les sentiers, un spécial merci à mes ravitailleurs de gré ou de force: Isa, Martin, Romain, Steph. Vous avez géré comme des pros. Faites gaffe, je risque de vous réquisitionner de nouveau! Merci aussi à Cyril pour être Cyril, jamais stressé, toujours cool, jamais joignable... C'est quand même pas un bout de barre qui va le faire changer! :)

Enfin et comme toujours, merci à mes partenaires qui me soutiennent: isostar, Raidlight, trailstore, NaïtupPolar, BVsport, Stations de trail.

Prochain épisode, au pays du chocolat pour l'Eiger Ultra Trail, deuxième manche pour moi de l'UTWT.

samedi 28 mai 2016

Maxi-Race 2016 - Ma Gastro-Race

Retour à Annecy pour la Maxi-Race pour la 2ème année consécutive (cf 2015). Ce n'est pas dans mon habitude de refaire les mêmes courses mais il se trouve que cette année, la course est qualificative pour les mondiaux d'octobre 2016 au Portugal et j'ai envie de tenter le coup. Pour cela il faut terminer dans les 2 premières françaises. Ce n'est pas une mince affaire vu le plateau engagé mais c'est un parcours qui, je pense, ne me convient pas trop mal. Et puis qui ne tente rien n'a rien!

Le parcours est identique ou presque à celui de l'an dernier, environ 85km pour 5400+.



Depuis Madère, la prépa Maxi-Race s'est bien passée. J'ai même eu le temps de faire un reco du parcours, ce qui une première pour moi. Il faut dire que le challenge me motive et j'ai envie de bien faire. Toute la prépa s'est bien passée, mise à part une petite inflammation du TFL mais qui a disparue en 3j de repos (souvent le meilleur remède). Je me sens en forme, plutôt affutée, reposée. Tous les voyants sont au vert, la machine est prête au combat!

Malheureusement un grain de sable va tout faire dérailler...

Veille de la course, j'ai déjà les premiers symptômes mais je ne m'en inquiète pas: le ventre ballonné et une perte d'appétit. Je me dis que c'est psychosomatique à l'approche de la course. Samedi au réveil à 2h du mat', après une bonne nuit dans la Naitup, j'ai une curieuse envie de vomir et ça empire après le petit dej. Je me dis qu'il suffit de digérer, que ça va passer. C'est après un court échauffement que je commence un peu à m'inquiéter: c'est que maintenant j'ai TRES envie de vomir. Sur les 20' précédents le départ, je suis obligée d'aller me soulager par 4 fois aux toilettes et, sans rentrer dans les détails, je commence à comprendre que quelque chose ne va pas.

Départ "de feu"! Photo: organisation

Le départ est donné dans une ambiance de feu! (c'est le mot) Sur les 1ères minutes de course, j'arrive à courir sans douleur. Peut-être que finalement ce n'était rien. Mais peu après, rebelotte: l'envie de vomir reprend de plus belle et le ventre me tiraille. Je profite des 1ers arbres de la forêt du Semnoz pour laisser ma petite touche perso à cette belle nature. A partir de là, je n'arriverai plus à courir à plus de 8km/h, sous peine de sanction immédiate: nouvelle touche artistique dans la fôret. Ce qui arrivera par 5 fois sur les 2 premières heures de courses. Je n'arrive ni à manger, ni à boire: mêmes causes, mêmes effets.

Après une montée aussi interminable que nauséeuse, j'arrive en haut du Semnoz avec plus de 20' de retard sur mon plan de marche. Je sais que la course à la qualif est terminée pour moi mais je déteste abandonner et je pense encore pouvoir relier l'arrivée. Peu importe le chrono, je suis là, je finis! Intérieurement, j'espère pouvoir me refaire dans la descente qui suit et qui est normalement mon point fort. J'avale donc un smecta et c'est reparti.

En fait je ne mets pas longtemps à comprendre que non, je ne vais pas me refaire une santé dans la descente. C'est même carrément un calvaire. J'inaugure le vomi et - notez la touche artistique- tout en courant en plus! J'avais déjà dormi en courant sur la diag', voilà que maintenant je vomis! Je repars en marchant, j'ai les oreilles qui bourdonnent et la tête qui tourne. Il faut dire que depuis le départ je n'ai rien pu boire ni manger. Ca ne va pas du tout. Des wagons entiers de coureurs me doublent. C'en est trop: j'ai beau avoir toute la volonté du monde, il faut se rendre à l'évidence, je n'arrivera pas à la finir cette course. Je n'ai fait que 25km, il en reste 60!

J'abandonne à St Eustache. Dans la tête, c'est dur.

Il parait qu'on apprend de ses erreurs mais justement dans cette histoire, quelle a été mon erreur? J'ai attrapé une gastro probablement jeudi (merci les collègues du boulot, fallait pas!). Je suis d'habitude très peu sujette à ce problème, ma dernière gastro doit remonter à plusieurs années. Quelles étaient mes chances de développer une gastro pile le matin de la course aux qualif? Pour une fille qui bosse dans les probas, je trouve ça cocasse!

Bien sûr je suis déçue. J'aurais voulu pouvoir jouer ma chance. Cette course était un "one shot" et je suis passée à côté. Maintenant c'est la vie et c'est le sport! Je me laisse quelques jours pour laisser passer la tempête (dans mon bide comme dans ma tête), et je repars vers de nouveaux objectifs. Et comme le dit si bien le tshirt "abandonneur" offert par l'orga, "j'y étais, je n'ai pas fini, je reviendrai". Tout est dit: à l'année prochaine pour une revanche!

Fière d'être "abandonneur"! Photo: Cyril Pérot

samedi 23 avril 2016

MIUT 2016 - Magnifique casse-gambettes!

Voici mon 1er gros rendez-vous de la saison, le Madeira International Ultra Trail, MIUT pour les intimes, manche de l'Ultra Trail World Tour. Au programme 115km et 7000m+ à travers l'île de Madère que je découvre de long en large pour l'occasion!



Nous sommes environ 600 insomniaques sur la ligne de départ à Porto Moniz. A minuit pétante le top est donné et c'est tout de suite le coup de foudre: on n'a pas du faire plus de 20m de plat avant la première côte (350m+)! Valses dans les oreilles (comme toujours de nuit), je pars tranquillement car je sais que la balade va être longue. Je marche dans cette première côte, mais comme tout le monde en fait. Eh ben dis-donc, on n'a pas mis longtemps à comprendre qu'il allait être raide ce trail!

Armytek vissée sur la tête, c'est parti pour la nuit! Photo: No words production

Ca grimpe sec donc, avec un 1er KMV qui commence dès le km5, par contre c'est hyper roulant. Sur les premières 1h30 de course, le parcours n'emprunte presque aucun sentier de terre et personnellement j'ai quand même trouvé ça long... Je me réjouis d'apercevoir les premières mottes mais déchante vite: c'est de la boue plus que terre et ça n'arrange pas mes affaires cette histoire (remember les citadelles). Jamais contents ces traileurs!! (et encore moins ces traileuses)

Je retrouve Cyril et Mathieu à Fanal (km13, 1500m+, 2h02). Ils nous feront une assistance olympique à Mélastique Rousset et moi sur toute la course. Mais à vrai dire il est encore tôt et j'enchaine sans m'arrêter ni même leur parler. Je suis dans ma bulle, viendez pas m'embêter! Enfin si, je ralentis juste le temps d'essuyer mes lunettes sur le buff de Cyril. Il m'aura quand même servi de mouchoir! :)

Le 2ème KMV de la soirée débute à Chao de Ribeira (km18, 1500m+, 2h45): 5km super raides pour 1200m+. C'est sûr, je la sens bien passer dans les mollets celle-là! La nuit suit son cours: Rosario (km37, 2900+, 5h45), Estanquinhos (km28, 2900+, 4h40), Encumeada (km45, 3500+, 6h47). Je retrouve à chaque ravito mes golden boys et, même si je ne leur dit pas un mot, ça me fait toujours plaisir de les voir. A moins que ce ne soit les patates douces qu'ils apportent avec eux!

A Encumeada, je m'assois quelques instants pour la première fois de la nuit. Ce n'est pas bon signe: 45km et je suis (déjà) fatiguée. Il faut dire que jusqu'ici le terrain est difficile avec beaucoup d'escaliers souvent tellement raides qu'à vrai dire il serait peut-être plus correct d'appeler ça un escalier! Egalement de nombreux km sur sols pavés, des sortes de lauzes magnifiquement agencées mais qui tapent les cuisses. Ca représente un travail de titan mais la casse de fibres est garantie, et en ce début d'année je n'y suis pas habituée. Moins de 7h de course et j'en ai déjà pleins les pattes. Je ne m'étais pas préparée à ce que cette première partie soit si cassante. Encore 70km, il va falloir tenir!

Avec Cyril au ravito d'Encumeada. Photo: Mathieu "de Mélanie"

Je repars sans frontale sous une belle lumière de soleil levant. Je reste estomaquée devant le spectacle: on est au dessus d'une mer de nuages dans un décor somptueux. Ah, on a du en rater de belles choses pendant la nuit! Je n'ai peut-être pas les jambes, mais en tout cas j'ai le sourire! (intérieurement du moins, faudrait pas déconner non plus)

Arrivée à Curral das Freiras (km60, 4500+, 9h25), c'est parti pour la montée de l'enfer, 1200m+ super hyper mega vachement raides avec un max d'escaliers en pierre qui achèvent -si ce n'était déjà fait- mes mollets. Et pour ne rien arranger, sous un soleil de plomb! Bon, vous l'aurez compris, c'est dur mais par contre qu'est ce que c'est beau!! On surplombe un cirque grandiose avec des rochers qui se déchirent au dessus de nous. Franchement, je n'ai jamais fait un parcours aussi somptueux! J'en ai encore les doigts de pieds qui se hérissent à écrire ces quelques mots! Cela me permet de garder le sourire à défaut d'avoir les jambes (on ne peut pas tout avoir me direz-vous). Je me hisse (c'est le mot vu comme c'est raide!) tant bien que mal jusque Pico Ruivo (km70, 5900m+, 11h55).


Orange, sourire et gambettes fatiguées, un bon résumé de la situation. Photo: organisation

La traversée qui suit est aussi grandiose qu'ereintante. Heureusement que le plaisir des yeux est au rendez-vous parce que côté jambes on n'est pas loin de la crise de nerfs! 4 passages de tunnel et de nombreux pas fatigués plus loin, je suis à Pico de Arreeiro (km76, 6300+, 13h). Je retrouve Mél qui repart presque quand j'arrive. J'ai besoin de faire une petite pause et donc je ne la suis pas. Un actifood, quelques gorgées de boisson reload et c'est reparti.

Quelques pas avec Cyril sous un ciel féérique. Photo: Mathieu "de Mélanie"

Je rejoins Mél un peu plus tard. On continue ensemble notre chemin jusque Ribeiro Frio (km86, 6500+, 14h30), puis Poiso (km90, 7000+, 15h40) et Portela (km98, 7000+, 16h26). Cyril et Mathieu sont à chaque fois là pour nous servir, une team assistant vraiment en or! On repart de Portela avec Luca Papy, la pipelette du trail qui nous en fait une démonstration sur les km suivant. C'est qu'il en a des choses à raconter le waarçon! ;)

Ravito express à Larano (km103, 7000+, 17h21) puis on rejoint un nouveau passage grandiose surplombant l'océan. Depuis Pico de Arreeiro, le parcours était moyen et ce passage magnifique nous donne à tous les 3 un coup de boost. A Ribeira Seca (km110, 7000+, 18h25), on ne s'arrête pas. Je continue de mener la troupe mais Mél et Luca décrochent un peu. Je finis donc seule, à un rythme correct pour une fin de course. Non pas que j'aie retrouvé de bonnes jambes mais j'ai juste envie d'en finir! Je franchis la ligne en 18h56, 4ème femme, 53/534 scratch (10%).

Enfin arrivée! Photo: Mathieu "de Mélanie"

Cette course fut magnifique mais qu'est ce que j'ai souffert! Le km et dénivelé n'est pas loin d'une TDS mais j'ai trouvé ça beaucoup, mais alors BEAUCOUP BEAUCOUP plus dur! Certes, en ce mois d'avril, je suis moins en forme qu'en fin d'été mais tous ces passages sur bitume/sentier aménagés m'ont fracassé les jambes. Et que dire des ces xxx marches d'escalier! Je n'étais pas prête à ça. Je pense qu'Alain et moi sommes un peu passés à côté de la prépa. Il me manquait beaucoup de D- et de séances d'escalier pour espérer faire une perf. Bon, ceci dit, côté classement féminin je suis à ma place puisqu'Emilie est à 1h et encore elle n'était pas dans un bon jour. Mais j'ai toujours été une élève studieuse qui aime rendre une copie propre et ce n'est pas la cas aujourd'hui. Je propose donc mon redoublement: à l'année prochaine cher MIUT! :)

Merci aux organisateurs pour ce magnifique parcours qui m'a donné des frissons autant qu'il m'a cassé les jambes! Merci à mon grand frère pour les écarts et à Jenny de supporter les lubies Blanchet. Un grand merci à Cyril et Mathieu pour l'assistance, vous avez été au top les gars! Merci à Mél et Luca pour les km sympa parcourus ensemble, ainsi qu'à tous les autres concurrents qui ont partagé quelques pas avec moi. Même à ceux qui m'ont doublée; profitez-en, je suis dans un bon jour! :) Enfin, un grand merci à mes partenaires qui me soutiennent: isostar, Raidlight, trailstore, Polar, BVsport, Stations de trail.

Les trois fantastiques (ou pas). Photo: Mathieu "de Mélanie"

Prochain épisode: la maxi-race le 28 mai, à moins que...


dimanche 10 avril 2016

Le défi de l'Olympe 2016 - 6h de chauffe-mollet

Dernier dossard avant Madère, j'ai rendez-vous aujourd'hui avec l'olympe, enfin le défi de l'Olympe. Le principe est simple: effectuer le plus de montées entre Méribel et les Allues en 6h de temps, seuls les temps de montée comptant et la descente se faisant par le téléphérique de l'olympe. Lazy traileurs! Le parcours en question, c'est un petit 4km pour 540m D+. Attention, chauffe-mollet!


Méribel, 10h du mat', on est 150 hamsters sur la ligne de départ. 300m de bitume pour se mettre en jambe (ou pas) puis on rejoint le sentier qui nous mènera jusqu'aux Allues. Rapidement un bouchon se forme mais j'en suis finalement plutôt contente car il me permet de reprendre mon souffle et par la même occasion mes esprits: je ne suis pas partie spécialement vite et pourtant les jambes me brûlent. Bon, on a du faire 1'30 sur les 6h... Le calcul est rapide: il va falloir lever le pieds si je veux tenir! En fait, ce n'est pas une surprise puisque depuis quelques jours, j'ai un gros coup de mou. Pas assez dormi sûrement, et peut-être aussi une lassitude due à la multiplication des dossards ces derniers mois: 4ème dossards en 9 semaines, ça commence à faire. Aujourd'hui, en plus de ne pas avoir de super jambes, je n'ai pas la niaque. Pas grave, je préfère préserver mon moral pour Madère. Le but aujourd'hui sera donc d'enchainer les montées sans m'arrêter, de ne pas regarder le chrono. Objectif: avancer, gérer, faire du D+.

Foulée aérienne! Photo: organisation

La montée s'avère très sympa: sur un single la plupart du temps, alternance de parties où il faut relancer, petites descentes, petits coups de cul, escalier de la mort, petit pont de bois, sauté de cours d'eau (de plus en plus laborieux au fil des tours!). Il est ludique ce parcours, il me plait le coquin!

500m de D+ avalées comme je le peux jusqu'aux premières maisons des Allues, synonyme de retour au bitume: 400m de route jusqu'à l'arche finale (enfin pour ce premier tour). Ca monte en pente douce, c'est plus que courable mais aujourd'hui, même sur ce premier tour, c'est laborieux. Puisqu'il faut bien s'occuper, je me lance le défi de courir ces 400m sur chacune de mes montées. Oh c'est loin d'être un exploit mais avec les forces du jour, croyez-moi, ce sera un chalenge!

Si, si, je cours (zoomez, il y a bien quelques mm sous mes pieds!). Photo: organisation


Je ne m'arrête pas au ravito puisque je porte tout ce qu'il me faut sur le dos et enchaine avec la descente en oeufs. 8' de descente pour récupérer, se ravitailler et échanger quelques mots avec les autre traileurs. Ce qui d'ailleurs est le côté sympa de cette course! Et hop, retour à Méribel et c'est reparti pour un tour.  La philosophie du hamster!

Les tours se suivent faute de s'enchainer. Je gère comme je peux mais je ne m'ennuie pas: décidément il est bien sympa ce parcours. Il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir: tiens, il est marrant cet arbre, tiens, un cailloux en forme de coeur, tiens une souris morte (véridique!!). Sur le 6ème tour, j'aperçois une féminine un peu plus haut. Elle a l'air d'accuser le coup alors qu'elle m'avait doublé en toute légèreté sur la première montée. Ca me reboost: objectif la doubler et enchainer avec une 7ème montée. Donc action: doublement réglementaire, 6ème montée, 7ème montée et derniers mètres de bitume que je cours tant bien que mal. Chalenge réussi! (bon on va pas chipoter pour quelques mètres hein! ;))

Je finis donc 3ème femme, 41/152 (27%) avec 7 montées en 4h42. Je suis loin derrière Mélanie Rousset et Marie Dohin qui se seront livré une belle bataille à distance! Bravo les filles! Des sensations mitigées pour moi aujourd'hui mais soyons optimistes, il y aura des jours meilleurs!

Et maintenant un peu de repos et "affûtage" comme on dit d'ici le premier objectif de la saison: Madère et ses 120km 7000+.

dimanche 27 mars 2016

Trail des Citadelles 2016 - Une édition "à sec"

Je saisis l'occasion du week-end de Pâques pour aller voir si l'herbe est plus verte en dehors des Alpes... ou la boue plus brune devrais-je plutôt dire. Au programme du dimanche, le trail des citadelles, un petit 70km 3500+ en Ariège (merci Maria pour la trace!)



La veille au soir, alors que je prépare mon sac, panique à bord: impossible de mettre la main sur mes flasks. Je fais et défais mes affaires mais le miracle n'aura pas lieu: les coquines sont restées à Grenoble. Pas de poche à eau non plus, pas de petite bouteille, donc je me résous à emporter un bidon isostar de 600mL pour satisfaire le règlement. La seule poche qui peut l'accueillir est la poche arrière. J'essaie le chargement en pyjama-frontale dans une ruelle (n'ayons pas peur de la honte). L'essai est moyennement concluant, ça tape dans mon dos mais je n'ai pas le choix, on fera avec.

Le lendemain matin, il bruine sur la ligne de départ. Je sors le coupe-vent ultralight -et aussi ultra-fluo- de Raidlight que j'apprécie pour ces conditions où la pluie n'est pas trop forte. Bon, je nage dedans car il n'existe qu'en modèle homme mais je ne suis pas là pour un défilé de mode. D'ailleurs Maria non plus apparemment: je la retrouve abritée sous la tente de départ, couverte d'un sac poubelle, ça c'est du coupe-vent technique! J'arrive pour la dernière phrase du briefing et entend l'organisateur dire "cette année ce sera une course au sec". Ca tombe bien, je n'ai pas pris de chaussures à crampon pour la boue.

Tous aux abris sur la ligne de départ! Moi en orange fluo au premier plan et Maria juste derrière en sac poubelle! Photo: Yvan Arnaud

La départ est donné, on rejoint presque immédiatement les premiers sentiers. Et avec eux les premiers passages de boue. Qui a dit que le terrain serait sec déjà? En fait je ne mets pas longtemps à comprendre que tout le sentier n'est qu'une immense mare de boue. Avec mes Leadville aux pieds, je galère carrément. Je glisse et re-glisse. C'est un problème de chaussures mais probablement aussi un problème d'appui. Ca fait longtemps que j'ai remarqué que je ne sais pas courir dans la neige comme dans la boue. Maria aussi patine et nous nous retrouvons à courir euh pardon glisser une quinzaine de km ensemble. Je tombe une fois, deux fois, trois fois. J'ai de la boue partout.

Je perds Maria peu avant le premier ravitaillement vers le km15. Il y a beaucoup de monde sous la tente et comme je n'aime pas ça, je ne m'arrête pas. Un peu plus loin, nouvelle glissade la tête la première. Je me relève avec de la boue et plusieurs feuilles mortes dans la bouche. Vive le trail en Ariège! Le festival de la boue continue et je suis de plus en plus hallucinée: le terrain était complètement sec la veille au soir encore et ce n'est qu'une petite bruine qui tombe depuis la nuit. Je n'ai jamais vu autant de boue créée par aussi peu de pluie! La Chartreuse est battue à plat de couture!

Juju cra-cra en action au lever du jour. Photo: Yvan Arnaud

Je continue mes glissades (nouvelle chute) jusqu'au 2ème ravitaillement, km30. Je n'ai rien bu depuis le début de la course, il serait peut-être temps de m'y mettre: verre d'eau, de coca, de jus de pomme, bol de soupe, orange, banane, le tout en moins d'une minute et ça repart. Le trail, c'est du sport aussi pour l'estomac!

J'attaque à un bon rythme la montée vers la citadelle de Montségur. Il me semble que la quantité de boue diminue un peu. Peu avant d'aborder les derniers 200m+, on est rejoint par le 20km qui vient de partir. Alors que j'étais presque seule jusque là, me voici dans un flot d'une dizaine de coureurs qui sont moins rapides mais surtout dans un autre état d'esprit que moi: nous sommes sur un single à double sens puisque c'est un aller-retour. Impossible de doubler mais cela n'empêche pas certains de s'arrêter pour prendre des photos... Je boue (jeu de mot!) intérieurement. Ce bouchon, c'est le seul bémol que j'aurai sur la course. Les prochaines années, il serait peut-être bon de décaler les départs du 20 et 70km (si les organisateurs passent par là!). Je perds du coup quelques minutes sur la montée-descente mais surtout pas mal de plaisir.


Fin de la descente de Montségur, un peu d'air! Photo: Brunilde Girardet

Je m'inquiète un peu de savoir si le 20km va continuer longtemps avec nous mais je me rassure rapidement lorsque je vois bifurquer. les deux parcours. Seule sur le 70km, ah ça va mieux! J'arrive au 3è ravito, km44. Même protocole: eau, coca, jus de pomme, soupe, orange, banane et ça repart!

Petite bosse, portion de plat où je me surprends à bien courir et surtout à aimer ça (oui, moi, le plat!). J'attaque la 2ème citadelle du jour, Roquefixade. Je monte bien, franchement plus les km passent plus je me sens bien. Le temps s'est levé, j'ai quitté la veste, la boue se fait plus rare, la vie est belle. La vue aussi d'ailleurs: depuis les crêtes, c'est une tuerie avec Roquefixade en premier plan et les Pyrénées enneigées derrière. Enfin c'est pas pour autant que je ralentis pour admirer la vue, faudrait pas déconner quand même!

Roquefixade et les Pyrénées enneigées en arrière plan. la plus belle vue de la course! Photo: Brunilde Girardet

Descente, 4ème et dernier ravito (km58) où je trouve qu'il y a bien du monde (on a rejoint le parcours des 40km) et donc je ne m'arrête pas. J'attaque la dernière gâterie du jour avec Vivien, breton et fier de l'être, drapeau accroché au porte-ceinture. On monte à un bon rythme ensemble mais je le perds peu à peu sur le dernier mur. Pas grave, je préfère aller à mon rythme. Je prends du plaisir sur les crêtes qui suivent, rocailleuses comme je les aime. Je cours bien et tout coureur qui entre dans mon champ de vision se doit d'être doublé. Copyright Lucie Jamsin! :) Bon, c'est sûrement presque que des coureurs du 40km mais peu importe, ça me motive. Dernière descente raide où je me fais plaisir et dernière ligne droite. Je suis contente de cette fin de course, je finis fraiche et c'est plutôt de bon augure pour les prochains ultras! Je franchis la ligne après 8h43, 2ème femme, 44/289 scratch (15%).


Grand sourire pour la dernière ligne droite, spéciale dédicace pour Isma! :) Photo: Brunilde Girardet.

"Ce qu'il faut retenir" comme dirait Maria, c'est qu'il ne faut JAMAIS croire que le parcours des citadelles puisse être sec. Une goutte d'eau ici, c'est 1L de boue. L'Ariège est magique! :) Cette édition ne fut donc pas une édition "au sec"... mais "à sec" ! Sans flask, j'ai du boire 1L à tout casser sur la course. C'est peu, trop peu pour près de 9h d'effort. Néanmoins en contrepartie je me suis plus alimentée que d'habitude et finalement je n'ai pas vraiment eu de coup de mou (malgré un bon mal de crâne à l'arrivée!). J'avais programmé ma polar V800 pour qu'elle sonne toutes les heures ("profil sportif" avec option "tour automatique" toutes les heures). C'est un excellent moyen de se rappeler qu'il est temps de s'alimenter sans avoir à rester le nez collé au chrono. Au total, j'ai mangé 6 pastilles de dextrose + 7 barres isostar, toutes différentes pour varier les gouts et les textures et éviter l'écoeurement.

Pour finir, merci aux organisateurs pour cette édition très sympa des citadelles "au sec" comme ils disent. Qu'est ce que ça doit donner les éditions humides!!! Merci également aux bénévoles, supporters et photographes, amateurs ou non, Brunilde et Yvan en tête! Enfin et comme toujours, un grand merci à mes partenaires qui me soutiennent: isostar,  Raidlight,  trailstore,  Polar,  BVsport,  Stations de trail.

Le prochain épisode au Défi de l'olympe: 6h de D+ pour faire chauffer les mollets!

samedi 5 mars 2016

Ultra bout du cirque 2016 - le retour à l'ultra

Premier ultra d'une longue liste cette saison, l'ultra du bout du cirque m'attend ce week-end. Le menu est relativement léger, du moins pour un ultra: 102km pour 3900 m+. Néanmoins c'est la première fois que je m'aligne sur une si longue distance si tôt dans la saison. Je m'attend à un appetizer roboratif, j'espère juste éviter la crise de foie!




Samedi à 4h du mat' (merci le trail), nous sommes pile 100 sur la ligne de départ à Bez. Un vent froid souffle et je m'inquiète un peu de ma tenue: je pensais que les Cévennes étaient dans le sud, breaking news, c'est en fait en Arctique! Je sors donc mon coupe-vent ultralight de Raidlight, ça va déjà beaucoup mieux. Je suis toujours bluffée qu'une chose si légère puisse être si chaude! Le départ est donné, on ne fait pas plus de quelques dizaines de mètres de plat avant d'entamer la première montée vers les causses. J'alterne course et marche. Je suis étonnée par mon état de non-fraicheur: les mollets me tirent dès le départ, je ne suis pas loin de l'état que je pensais n'avoir que 100km plus loin. J'essaie de me rassurer en me disant que ce sont juste mes muscles qui sont tétanisés par le froid ... l'espoir fait vivre.

400m de D+ en 3km et nous voilà donc sur les causses. Suit un 10aine de km de plat où il faut courir. Evidemment ce n'est pas mon fort. Valses dans les oreilles et coureurs aux fesses m'aident à garder un rythme correct. J'atteins même à un bref moment une pointe à 11km/h, c'est pour dire!

Une courte descente nous mène dans le cirque de Vissec. On passe la resurgence de la Vis (km14) où, malgré la musique, j'entend nettement l'eau bouillonner. Je connais cet endroit, j'y étais avec mon frère++ il y a 2 ans. Je sais à quel point c'est impressionnant, dommage, aujourd'hui on y passe de nuit. Le single qui suit le long des gorges de la Vis est sauvage de chez sauvage, il faut presque mettre les mains pour écarter les buis. J'en serai quitte pour de belles écorchures sur les cuisses, menfin pas de grave, on est des traileurs quand même!

Suivent quelques km bien raides pour ressortir du crique et rejoindre les causses. Je me retourne pour admirer la vue mais je regrette d'être allée si vite (foutue pointe de vitesse à 11 km/h!). C'est tout juste la pénombre et je n'en devine que les contours.

A Blandas (km26) se trouve le 1er ravito. J'ai encore largement de quoi me nourrir dans mon sac. Quelques bouts de banane et je repars. Les 10 prochains km sont plus ou moins plat avec quelques bosses pour faire passer l'addition. Je cours - à mon rythme certes, mais je cours. Manque de vigilance ou sur-vitesse (!), je ne vois même pas le ravito à Montdardier (km35), heureusement, je n'en ai pas besoin. 400m D- de descente bien raide, ah ça c'est plus mon truc! Puis apparait le Vigan (km50) où je retrouve Cyril mon plus fidèle assistant et Myriam derrière l'objectif. On m'annonce 16ème au scratch.

Ravito du Vigan avec Cyril aux petits soins (photo: Myriam Campigna)

Changement de sac suite à un problème technique, alimentation express: boisson reload, actifood, energy shot; le tout en même temps c'est encore meilleur! Je repars pour 2km de plat. Surprise alors que je traverse le pont: Myriam et Cyril m'attendent pour les derniers encouragements d'ici l'arrivée. Le geste me fait plaisir, je passe avec une large sourire!

Grand sourire et petite foulée au sortir du Vigan (photo: Myriam Campigna)

A partir de là, le profil comme les paysages changent complètement. Cette course, c'est 2 trails pour le prix d'1! Jusque l'arrivée nous n'auront presque plus de plat mais une succession de bosses courtes mais raides. C'est usant et je sais qu'il faudra gérer. Mais ça, c'est sûrement ce que je sais le mieux faire.

Dans la montée vers la Rouviérette, je rejoins un coureur suisse qui décide de devenir mon lièvre. Et c'est un sacré numéro: il commence par un "ah ça fait plaisir de voir une féminine qui a des formes." Euh, je ne sais pas comment il faut le prendre... Bon d'accord j'ai peut-être un peu forcé sur la croziflette cet hiver! Jusqu'au ravito, il ne cesse de m'encourager avec des "allez ma belle, vas-y poulette". J'ai envie d'exploser de rire! A un moment il me dit "c'est super ma jolie, bon, tu n'arriveras pas à rattraper d'autres gars devant mais c'est déjà super ce que tu as fait". On est au km50 et je sais que beaucoup de choses peuvent encore se passer alors je souris intérieurement. D'ailleurs on arrive au ravito de la Rouviérette (km55) et je vois un gars repartir tout juste. Je fais un arrêt express (banane pour changer) et repars seule. Je double rapidement le coureur en question et souris en repensant aux paroles de mon chevalier suisse. Fallait pas sous-estimer la force tranquille des gambettes!

Une nouvelle bosse, je double encore quelques coureurs. Je me sens vraiment pas mal depuis un certain temps! Au ravito d'Aulas (km72), je suis autour de la 10ème place au scratch. Je galère un peu pour remplir mes flasks (powertabs citron). Ah je n'ai plus l'habitude de devoir faire ça toute seule! Je repars (avec une banane of course). Un coureur, Dominique, me suit. Je me souvient de lui sur la ligne de départ: c'est rare pour un gars, il est tout de rose vêtu: tshirt, short, buff, chaussettes. Je n'ai pas vérifié son caleçon! Il me dit qu'il joue la 1ère place V2. Il souffre du genou et veut profiter de mon aspiration. On fait un sacré bout de chemin ensemble. On papote et ça nous motive, on avance plutôt bien. On double quelques gars au train, nous voilà 7-8 au scratch.

Dans la descente vers Bez, j'ai subitement des crampes d'estomac. J'ai fait l'erreur de ne pas me couvrir assez tôt alors que le temps s'est gâté et comme souvent chez moi je le paie cash. Je dis à Dominique de passer et fonce dans les buissons. Ils s'en souviennent encore... Mince, j'ai oublié les smecta! J'arrive au dernier ravito, à Bez (km88), juste après Dominique et on repart ensemble.

Il ne reste plus qu'une bosse. La montée se passe bien mais dans la descente, rebelotte: crampes d'estomac, buissons. Je repars en marchant car j'ai encore mal au bide, puis j'arrive tant bien que mal à recourir. Il vont être longs ces derniers km! Dominique n'est que quelques dizaines de mètres plus loin mais je n'arriverai jamais à le rejoindre. Quelques km de plat en digestif puis voilà l'arche. 12h35, 1ère femme, 8ème/73 scratch (11%). Je suis contente d'en avoir fini, les deux dernières heures ont été longues!

Le sourire à l'arrivée (et les toilettes pas loin). Photo: organisation

Pour la petite histoire, je finis en 12h35 alors que je m'étais fait un plan de course en... 12h35! Je n'ai jamais été à plus de 5' de mes temps de passage. Une régularité qui fait plaisir!

Pour résumer, c'est un bel ultra qui gagnerait à être plus connu. J'espère que petit ultra deviendra grand (mais pas trop)! Tous mes remerciements vont aux organisateurs et bénévoles pour leur dévouement et leur simplicité. Un spécial merci à Denis et Myriam qui nous ont accueillis Cyril et moi comme des rois. En espérant pouvoir vous rendre l'appareil prochainement dans nos montagnes! Un grand merci à mes partenaires qui me soutiennent: isostar, RaidlighttrailstorePolar, BVsport, Stations de trail.

Le prochain épisode aux trail des citadelles 70km le 27 mars.

dimanche 14 février 2016

Gruissan Phoebus Trail 2016 - la rentrée des gambettes

Plus de quatre mois se sont écoulés depuis mon dernier dossard aux 100 miles Sud de France et bizarrement cela ne m'a pas vraiment manqué. A vrai dire, j'aurais même pu facilement repousser la reprise mais ce week-end est l'occasion d'un rassemblement isostar à Gruissan alors autant en profiter pour remettre les premières épingles de 2016 sur le Gruissan Phoebus Trail. Comme toujours en hiver, je ne suis pas très en forme pourtant je me sens plutôt mieux que les années précédentes à la même époque. Je me décide donc pour le "long" du week-end, 50km pour 1200m+.



Vu le ratio D+/km je m'attend à devoir courir, ce qui n'est évidemment pas à l'avantage pour la marcheuse que je suis! Mais c'est justement un très bonne occasion pour me pousser un peu dans ma zone d'inconfort. L'objectif du jour n'est donc absolument pas de jouer les premiers plans, j'en serais tout simplement incapable, mais plutôt de me donner sans m'exploser. Un savant mélange "d'y aller" sans "trop y aller".

Je suis donc très relaxe pour ce premier départ et à vrai dire c'est agréable d'être cool comme ça! Le top est donné. Saison 2016, c'est parti! Je me fais beaucoup doubler sur les premières dizaines de minutes mais pas de problème, je m'y attendais. Ce à quoi je m'attendais moins par contre, c'est que très rapidement on rejoint des singles à travers la garrigue que je trouve très sympas. Sans m'être renseignée plus que ça, je m'attendais à m'ennuyer sur ce type de course "roulante" mais en fait le parcours est tout en relance, petits virages et gros cailloux et franchement c'est sympa! Côté paysages, il n'y a pas de points très marquants, à part quelques jolies vues sur la mer, mais le reste est principalement dans la garrigue. Pourtant je ne m'ennuie pas.

Grand ciel bleu et vue sur la mer (Photo: Jérôme Santa)
Je gère ma course comme je le souhaitais. Je double pas mal sur la fin de course, signe que j'en ai encore sous la pédale, et c'était l'objectif donc tout va bien! Je rejoins une féminine à 100m de l'arrivée et on décide de finir ensemble, c'est plus sympa comme ça! Je franchis la ligne après 5h25, 9ème femme ex-aequo,  88/367 scratch (24%).

Sincèrement je me suis bien amusée sur cette course, qui l'eut cru? Je trouve le parcours vraiment sympa pour un trail de février. La date est vraiment bien trouvée, encore plus quand ça tombe un jour de grand ciel bleu comme cette année, et presque sans vent en plus! L'organisation est top, familiale et pourtant très pro. Le nombre de bénévoles sur le parcours est juste impressionnant. Il y en a un à chaque changement de direction ou presque! Sans parler du cassoulet d'arrivée qui vaut rien que pour ça le détour!! :) Bref, un trail de début d'année que je recommande chaudement!

En passant, je voulais féliciter les membres du team qui ont porté bien haut le jaune et noir, contrairement à moi en fait! Lucie d'abord qui remporte de bien belle manière le 50km, Manu et Elisa qui finissent 1er duo mixte et Alex et Geoff qui gagnent main dans la main le 25km. Elle s'annonce bien cette nouvelle saison des abeilles!

Les isogirl 2016!

Quant à moi, je vous donne RDV dans 3 semaines à l'ultra du bout du cirque. 1er ultra d'une longue liste!